Voix nouvelle : Florent Toniello

publié le 11 septembre 2017 , par Claude Vercey dans Accueil> Repérage

 
 

Recommander cette page


Foutu poète improductif titre le manuscrit inédit que Florent Toniello m’envoie depuis le Luxembourg où il s’attache malgré tout à ne pas l’être, improductif je veux dire : il s’emploie actuellement à la correction, relecture et traduction des journaux du grand-duché, selon les informations de son site, - et ce, après avoir été manager dans les technologies de l’information pour une grande entreprise transnationale, précision qui est loin d’être anecdotique puisque cette activité et le milieu où elle se déroule me semblent avoir inspiré les poèmes qu’il me propose.

Notons que s’il paraît aujourd’hui bien implanté au Luxembourg, où il a inscrit son nom en 2015 au palmarès du Prix littéraire national, - avec Flo(ts), aux éditions Phi, - et au point d’accomplir pour Comme en poésie [1] un tour d’horizon de la poésie francophone actuelle au Luxembourg, ce natif de Lyon aurait pu quelques années plus tôt m’écrire de Bruxelles, voire d’Australie.

Voix nouvelle  : toute relative en vérité. Si Florent Toniello n’a pas (encore ?) publié dans Décharge, on l’a cependant croisé en des lieux tout à fait recommandables tels Traction-Brabant (où le chef d’orchestre amateur qu’il est disserte sur une symphonie de Bruckner, en plus d’y publier des poèmes) [2]. - et Comme en poésie, comme déjà signalé, sur le site Realpoetik du tandem Damon/ Sapin avec Du capitalisme en poésie, titre de poème qui fait dresser l’oreille [3] et en quelques autres : Revue-Méninge, Festival Permanent de poésie, Arpa, sans compter les deux livres publiés chez Phi.

A présent, un poème inédit, représentatif de la production du dit : Foutu poète improductif :

Ici à Cascais
les amoureux s’embrassent sur le bas-côté
devant la mer, sans jamais
sortir de leur voiture. J’ai encore
les doigts sales d’avoir touché
tant de claviers — ce sont des nids
à microbes, pourrai-je un jour
déclarer la septicémie comme
maladie professionnelle ?

Je commande un plat de morue
que je mangerai seul. On m’apporte
un délicieux fromage mi-vache mi-brebis
en guise d’amuse-bouche. Ils ne font que ça,
s’embrasser dans leur voiture,
devant la mer. Ont-ils eux aussi
les doigts sales, lui du cambouis
de son garage, elle de la poussière
des étagères de la médiathèque municipale ?

Je me lève pour aller savonner
les restes de ma journée avant
d’entamer le fromage. Lorsque je reviens,
la voiture est vide ; sur la plage en contrebas
les grains de sable pénétreront leurs plis
quand ils seront nus & enlacés. Il me semble
qu’un voleur rôde déjà autour du véhicule.
J’avale ma première bouchée.


Repères  : Pour en savoir plus, consulter le site de Florent Toniello : http://accrocstich.es/

Voix nouvelles : Précédemment, sur le site, ont été repérés les voix de Léon Bralda, Gaëlle Boulle, Elsa Hieramente, Marc Guimo, Véronique Elfakir, Antoine Maine.

Et dans la revue Décharge, ce même travail de découverte est mené dans la rubrique le Choix de Décharge. A noter que Décharge 175 est arrivé chez les abonnés.


[1- Comme en poésie n° 68, de décembre 2016. Le n° 71 vient de paraître, à la nouvelle adresse : 730 av. Brémontier - 40150 Hossegor

[2Traction-Brabant n° 72 – de Juin 2017. Le n° 75 vient de paraître.

[3- Realpoétik n° 13 de novembre 2016

 

 Un message, un commentaire ?


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 

Twitter Facebook

< Article plus ancien

Spécial Michel Merlen sur la Route inconnue

Article plus récent >

La Nouvelle Revue Moderne a 15 ans