A propos du polder n° 177 (et de Léon Bralda)

« Un bien beau polder » (Philippe Leuckx)

publié le 10 mai 2019 , par Claude Vercey dans Accueil> Repérage

 
 

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Dans le Journal des poètes, du premier semestre 2019, Philippe Leuckx regroupe dans un Panorama de la poésie quelques livres et recueils sous le signe des tombeaux, hommages, mort, au-delà, renaissance. S’il termine sa chronique par un salut appuyé, et mérité, à la réédition (augmentée) des Radis bleus de Pierre Autin-Grenier aux Carnets du Dessert de Lune, il l’ouvre en attirant l’attention sur le polder 177 : A l’insu de nos lèvres, de Léon Bralda.

Couverture : Les curieux, de Lionel Balard

Reproduisons son appréciation :

Léon Bralda (alias Lionel Balard), dans un bien beau Polder (le 177), entrouvre à l’insu de nos lèvres l’univers du cimetière, métaphore des enfances exhumées et sauvées. Des décors « abîmés », le poète fait surgir des visages, celui de son père maçon-fossoyeur, et cette « voix qui prend dans le ciment des rues  ». Tant « d’ombres bienveillantes » nourrissent cette poésie en prose, qui hisse ce qui remonte du sol de ta jeunesse, puisque l’enfance mue tout au fond de la gorge.

Depuis cette publication, je suis devenu plus attentif aux multiples activités de Léon Bralda : ainsi, il n’y a pas si longtemps, (le 22 avril dernier), je vous entraînais, lecteur, sur Les Passerelles, découvrir les cinq Cahiers nouveaux publiés par les bons soins du poète, faisant en l’occurrence fonction de revuiste, ce qu’il assume depuis 2008, du moins si on ne considère que le moment où il se met au service d’autres poètes et artistes, car il a commencé, comme cela arrive souvent, par mettre en avant ses propres productions, et cela dès 1993. Et de fait, n’a jamais cessé sauf que les appellations différencient aujourd’hui les publications, les Cahiers des Passerelles s’ouvrent exclusivement aux autres, comme je l’ai déjà décrit, alors que des Cahiers de l’entour, selon la même formule esthétique où les pages de poèmes sont confrontés à des illustrations en noir et blanc, proposent la poésie de Leon Bralda : proses de Le Fruit noir ( Mine graphite de Brigitte Batteux), et de Et le ciel, au-dessus (Encres de Thomas Pechadre), vers d’Un autre, demeurant (Encres d’Odile Fix), pour ne retenir que les dernières plaquettes reçues.

Voici venu
le temps du chanvre
et de l’œillet,
des ventres et des os
mêlés d’herbe et de terre,

des bouches liquéfiées
sous des torrents
de boue.

Voici le temps venu
pour le grand silencieux,
figé le long des routes,
en ces pierres tendues
comme des bras
de mère
et qui portent le fils et toute
l’humanité.

Regarde !
Il a fait signe …

On dirait que le vent s’évertue à semer
un peu de son histoire,

qu’il chuchote du vide
aux pages de la nuit.


Repères  : Léon Bralda : A l’insu de nos lèvres. Couverture de Lionel Balard. Préface de Chantal Dupuy-Dunier. Polder n° 177, à l’adresse du siège de la revue Décharge (4 rue de la Boucherie – 89240 Egleny). On s’abonne à la collection (4 livres, un an) pour 20€ (45€ pour l’abonnement groupé avec la revue). Tout renseignement : ici.

Les deux premiers polders de l’année 2019 viennent de sortir. Lire : Printemps 2019 des Polders : Julien Boutreux & Marie-Laure Le Berre, en Repérage du 6 mai.

Cahiers de l’Entour : 5 euros la plaquette. ( 3 rue des foisses. 63170 Aubière). Lire ici : œuvres de Lionel Balard, plasticien.

 

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