Les poèmes sportifs :

Le ping-pong d’Arnoldo Feuer

publié le 10 janvier 2024 , par Claude Vercey dans Accueil> Repérage

 
 

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Fil discret mais qui de longue date court à travers mes chroniques, sur le site ou dans Décharge  : celui du sport. Sujet rarement évoqué en poésie : raison supplémentaire pour que je m’arrête sur ce Ping-pong, surpris en cours du livre d’Arnoldo Feuer (sur des peintures de Sylvie Durbec, de la collection des 2Rives, des éditions Les lieux dits) : Dans ma cabane à pattes de poule, où je me dispose à vous faire entrer dans un prochain Itinéraire de Délestage.

J’ai connu les stades avant de connaître les bibliothèques, cela suffirait sans doute à expliquer mon attention pour cette littérature. Mais je ne néglige pas le plaisir du contre-pied, ce genre d’évocation agaçant une bonne partie de la gent poétique. Et puis, dans une année olympique - jeux dans l’histoire desquels la poésie eut sa petite part, faut-il le rappeler ? Je me suis attardé jadis sur le sujet -, n’est-il pas légitime d’y participer à notre manière ?

Je crois n’avoir évoqué la thématique depuis Le ring du poète, de Ramiro Oviedo (I.D n° 979). Il n’est donc pas question que je passe sous silence ce ping-pong - sport par ailleurs éminemment politique, soit dit en passant - à l’occasion duquel Arnoldo Feuer nous entraîne en Sibérie :

Ping pong

Souviens-toi de ta dernière partie de ping-pong avec un officier du FSB qui avait laissé son artillerie portative dans la cuisine. Tu l’avais battu à plates coutures, c’était du temps où tu avais de l’entraînement.

Tes voisins chinois sont des champions. Celui qu’on appelle Sasha – ce n’est pas son nom – même bouffi et luisant de graisse en remontre à tous. Il n’est pas mécontent d’avoir un nouveau partenaire et tu as trouvé l’instructeur qu’il te faut.

Cet effet vicieux quand il sert de droite à gauche te déroute un bon moment. Il cache son geste mais tu apprends à anticiper et réussis un premier retour où il ne t’attendait pas. Il grimace, sourit, apprécie, le vieil élève lui plaît.

Un bon prof. Vous jouez presque chaque soir. Nï hao ! Les petites balles légères vont de plus en plus vite et vous riez de bon cœur aux beaux coups de chacun. A la fin du séjour tu gagneras même une partie.


Repères  : Arnoldo Feuer  : Dans ma cabane à pattes de poule. Illustrations : Sylvie Durbec. Coll. 2Rives. Éditions Les lieux dits ( Zone d’Art - 2 rue du Rhin Napoléon - 67000 Strasbourg). 152 p. 20€.

 

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