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par jacmo

Ce fut le nom d’une revue, il y a bien des années… C’est devenu l’appellation d’une rubrique où je parle des revues suivant des aspects saillants à ma convenance, d'une manière aléatoire et selon une curiosité papillonnante et brouillonne. Elle sera accueillie dans la revue papier, - quand il y restera suffisamment de place - ou ci-même, quand elle sera pleine à craquer  

8.02.2012

LE COIN DE TABLE n° 49 :

Avec un article bienvenu sur Boris Vian - dont j’ai été un fervent lecteur - de Jacques Charpentreau : l’art de la provocation poétique. L’auteur rappelle que Boris Vian a été connu par deux scandales : J’irai cracher sur vos tombes (roman noir, signé Vernon Sullivan) et Le Déserteur, chanson écrite au début de la guerre d’Algérie en 1954. Ses œuvres les plus importantes : l’Écume des jours et l’Automne à Pékin n’ont eu aucun succès. Il publia son premier recueil de poèmes : Cantilènes en gelée chez Rougerie en 49, et son livre le plus important en poésie : Je voudrais pas crever parut de façon posthume chez Pauvert en 62. Comme souvent il fut reconnu à sa juste valeur bien après sa mort, en 59.

24 €. 4 n° : 70 €. 16, rue Monsieur le Prince – 75006 Paris.

FRICHES n° 109 :

  L’invité de l’hiver de Friches, c’est Jean-Paul Klée qui fait une véritable percée depuis cet été avec Bonheurs d’Olivier Larizza aux Vanneaux (dont notre numéro « Hors Série 2011 » avait repris plusieurs poèmes magnifiques) et aussi avec la place accordée sur le site de Poezibao, poèmes et long entretien avec Jean-Pascal Dubost, auquel j’ai déjà renvoyé ici même (voir Vrac du 28.09.2011). L’invitation de la revue Friches confirme cette tendance. Jean-Paul Klée rappelle à propos que Décharge l’a publié toute l’année 2004, quatre fois de suite, en feuilleton, et que c’est à ce moment que Cécile Odartchenko l’a repéré. Dans un entretien avec Guillaume Bourdon, il reprend les épisodes saillants de sa vie, il y a véritablement un côté saga dans cette riche existence du bientôt septuagénaire, et s’arrête un moment sur la question de la célébrité, ce qui tout de même laisse un peu pantois dans le petit microcosme poétique ambiant.

  12 €. 3 n° : 25 €. Le Gravier de Glandon – 87500 Saint-Yrieix.

CASSANDRE HORSCHAMP n° 88 :

  C’est une revue-magazine de très belle tenue avec pour slogan : « allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ». Ce n° est centré sur le thème « pour une révolution poïélitique » où l’on voit que poétique et politique se mêlent. Et le grand témoin n’est autre que Serge Pey, poète allumé s’il en est, poète qui déménage. Nul ne sait mieux que lui brasser les idées et réunir au sein d’une pratique ses analyses de mœurs de tribus qu’il a fréquentées et de civilisations qu’il a étudiées. Son discours toujours un peu barré emmène sur des pistes insoupçonnées où il y a toujours quelque chose à quérir. Ainsi peut-on retenir sa définition propre de la poésie : rite de séparation de la langue avec le langage. Et cette dépendance : La difficulté pour un poète, c’est de trouver son rythme,  non sa rime. De même constate-t-il une crise de la transmission où l’on oublie carrément les poètes français historiques importants. Enfin il ne faut pas confondre modernité et inconnu, affirme-t-il, modernité n’étant que factice et voisine de communication. Serge Pey est souvent catalogué comme un performer, auquel il préfère le terme : poète d’action, qui sait organiser des manifestations de rue comme à Toulouse dernièrement contre l’expulsion des Roms. En prolongation de l’oralité en poésie, entretien avec deux poètes du slam : Yo et Madatao, qui travaillent davantage sur l’instant et le partage immédiat.

Plein d’autres choses, sur le théâtre et autres pratiques artistiques, dans une dimension militante. Très riche. Beaucoup d'enthousiame.

      en kiosque 9 €. 16, rue Girardon – 75018 Paris.

      cassandre@horschamp.org   www.horschamp.org

6.02.2012

L’ARBRE À PAROLES n° 154 :

  Le thème de la livraison est aride mais stimulant : Écrire après l’horreur. On pense ici à Auschwitz. C’est Alain Dantinne qui a réuni réflexions et poèmes émanant souvent de « pointures » lorsqu’elles ont bien voulu se pencher sur la question. C’est Christian Hubin qui ouvre à la fois obscur et confus, puis Marcel Moreau qui renvoie à son œuvre. Eric Clémens se situe d’abord : je refusais le nom même de poésie, synonymes pour nous de vanité, de dérision, d’imposture…Pierre Dhainaut note bien que renoncer [à écrire ou à lire des poèmes], ce serait la pire des abdications. Lucien Noullez écrit à son tour : …comme une grande bouffée d’air, la poésie vient remplacer ce mal de vivre. André Doms commence par cette phrase : La poésie est le seul jeu qui m’intéresse. Zéno Bianu lance ce son côté : La poésie, au sens le plus chaviré, reste et demeure notre combustible. Christophe Mahy constate assez justement : Le silence est toujours là, il ne dépend ni de nous, ni de personne. De même, la poésie est toujours là en nous. Et plus loin : C’est la crispation de l’esprit sur l’idée d’écrire qui tue la poésie. Yves Bonnefoy déniche enfin ce paradoxe : Comment ne pas crier ? Mais comment, dans beaucoup de cris, ne pas percevoir ce narcissisme ? Et il parle de « trouver une raison d’être » pour échapper à la désespérance. Dans la seconde partie, plus poétique, j’ai surtout retenu le journal de Véronique Daine qui d’abord tente par notes de faire le tour de la question de départ, puis se retrouve soudain rattrapé par la mort accidentelle de sa sœur et ses pages prennent soudain une intensité et une force étonnantes. Ainsi que la prise de position en poésie de Bruno Doucey.

  7,50 €. 4 n° : 25 €. ASBL Identités : BP 12 – 4540 Amay (Belgique)

30.01.2012

LE MAGAZINE LITTERAIRE n° 516 :

  Le Magazine Littéraire consacre à la poésie, non pas un numéro complet comme elle l’a fait de temps à autre, mais un article, ce qui est mieux que rien. Surtitre à la une : À quoi bon, des poètes en France ? Titre de « l’enquête » : La poésie, une passion française. Alain-Jacques Lacot est le pigiste, auteur de ce dossier de cinq pages, avec trois « focus » consacrés à l’éditeur Bruno Doucey, au responsable du Printemps des poètes : Jean-Pierre Siméon et à l’animatrice du festival de Sète : Maïthé Vallès-Bled. Beaucoup de choses sont abordées, et pour le néophyte le tour de la question est rondement mené. Comme toute investigation de ce style, rien n’est vraiment creusé, et les lacunes sont légion. Le journaliste constate principalement le passage de l’imprimé au net, et l’éclatement de la production. L’ensemble est honnête quoique réducteur. Au final aucun nom de poète ne ressort, et nulle tendance lourde de la poésie actuelle n’est mise à jour.  

–en kiosque.

le 28.01.2012

RÉSONANCE GÉNÉRALE n° 4 :

  4° n° pour cette revue semestrielle, qui clôt donc sa deuxième année. Très belle facture puisque fabriquée par l’Atelier du Grand Tétras. Un thème qui rassemble les deux parties de la livraison : Commencements en terrains vagues. Commencements… comme l’illustre parfaitement Jacques Ancet, auteur toujours original et étonnant, qui ravit à chaque lecture, il donne l’impression ici de renaître de l’extérieur : « je rentre dans mes gestes, dans les images de mes yeux », présent aussi au titre de traducteur de Manuel Alvarez Ortega (« Genèse »)… en terrains vagues, comme le titre Yann Miralles, dans des motifs soignés et cinématographiques : chacun sa décollation / sa tête qui verse et que suivre / avec les mots / et dans eux. Entre les deux termes, Françoise Delorme et ses quintils d’hexasyllabes, Amandine Marembert, qui raconte de mieux en mieux, en strophes poétiques, à propos d’un enfant proche, j’ai peur du moment / où ses dents vont tomber / trouant un peu plus sa parole ravalée. Sans oublier le comité de rédaction qui ne se met pas à la une par pudeur : Serge Martin, Laurent Mouret et Philippe Païni. RG s’impose d’ores et déjà comme une revue superbe et exigeante.                                         

12 €. (2 n° : 20 €). Au-dessus du Village – 25210 Mont de Laval.

le 10.01.2012

NOUVEAUX DELITS n° 42 :

La revue de Cathy Garcia sort quasiment un spécial « après Fukushima » puisqu’elle reprend en partie un recueil de haïkus du cercle Seegan dirigé par Laurent Mabesoone qui vit au Japon depuis une vingtaine d’années à Nagano. Deux choses à noter, d’une part cela montre évidemment le retentissement considérable de la catastrophe dans l’écriture vivante du pays, et d’autre part les haïkus, qu’on aurait pu croire dévolus à une poésie parfois un peu naïve ou lénifiante, sont presque réversibles et aptes de la même manière concise et fine à capter des réalités opposées et dramatiques : Un trèfle à quatre feuilles ! / La quatrième feuille, c’est un peu / de césium en plus. (Kayo Takahashi)

4 n°: 25 €. Association Nouveaux délits : Létou – 46330 Saint-Cirq-Lapopie.

  le 6.01.2012

CONTRE-ALLÉES 29-30 :

  La solide revue de nos amis Amandine Marembert et Romain Fustier donne son n° annuel juste pour les étrennes. Toute une hiérarchie de poètes invités au sommaire, en tête desquels : Ariane Dreyfus (Seul en plein champ / Le pommier lance son geste compliqué),  puis Ludovic Degroote, Franck Cottet, Patricia Cottron-Daubigné, Christian Garaud, Corinne Le Lepvrier, entre autres…La revue innove encore puisqu’elle met en place une nouvelle rubrique avec une question posée à quatre poètes sur l’écriture, et Antoine Emaz de répondre avec sa lucidité habituelle : Il y a donc quelque chose de mystérieux dans ce qui fait que l’émotion bascule en langue. Son texte mêlé à ceux de Patricia Cottron-Daubigné, Etienne Paulin et Jasmine Viguier éclaire l’interrogation de départ et enrichit encore la livraison.

10 €. 16, rue Mizault – 03100 Montluçon.

 le 16.12.2011

CARRÉ n° 1 :

  Nouvelle revue, c’est pas tous les quatre matins, par les temps qui courent qu’arrive au jour un n° 1 de revue ! Carré, donc. Format 17x17, c’est bien ça. Entend décliner les couleurs, et pour commencer : le noir. C’est une publication au large spectre, plus littéraire que poétique, puisque la poésie y est mineure. Elle n’hésite pas à présenter auprès d’auteurs locaux et bien vivants des grands noms, ainsi Baudelaire et Xavier Forneret, ou côté nouvelles qui a la part belle dans la publication : Edgar Poe (« Le chat noir ») jouxtant des textes de Marie-Claude Contrault, Alain Kewes, Alain Moret ou Jean-Paul Rousseau. En outre, la revue convoque aussi la cuisine (dont l’œnologie !), la photo, et toutes sortes de genres littéraires de traverse comme les aphorismes, les considérations, les origines étymologiques… Le chocolat, le polar, la nuit se donnent rendez-vous dans le même espace. Revue intéressante, est-il indiqué à la une. Prototype de la figure chromatique. Rouge sera la couleur du prochain Carré !

Ce n° : 15 €. Abonnement : 3 n° : 40 €. 36, rue Michelet – 89000 Auxerre.

le 14.12.2011

GROS TEXTES n° 4 :

  On retiendra surtout que c’est le dernier n° de cette nouvelle série. Gros textes -arts et résistances- s’achève donc. On a un peu l’impression que c’est Roger Lahu qui saborde par un article au vitriol la publication. Et qu’Yves Artufel préfère jeter l’éponge. On peut d’ailleurs ne pas être tout à fait d’accord avec la conception de Lahu, même s’il frappe au burin dans la charnière un peu faible qui reliait poésie –arts- d’un côté et son aspect plus politique –résistances- de l’autre. Ç’aurait pu faire l’argument d’un n° spécial. Mais Roger Lahu était l’une des trois têtes pensantes de la revue précédente : Liqueur 44, avec Yves Artufel et Jean-Christophe Belleveaux,  qui s’entretient pour sa part avec Slaheddine Haddad sur la révolution tunisienne (en juin dernier). Qu’on se rassure, Yves Artufel fête les 20 ans de ses éditions et n’a pas dit son dernier mot.

10 €. Fontfourane – 05380 Châteauroux-les-Alpes.

le 10.12.2011

COMME EN POÉSIE n° 48 :

Suite à la disparition de Michel Héroult, Jean-Pierre Lesieur republie l’historique de la revue Le Puits de l’ermite (1965-1979) par Jean Chatard. Ce fut ma première approche de revue. Visite d’un membre de l’équipe (je ne sais plus lequel) chez moi à Drancy. Rencontre de Jean Chatard, le rédacteur en chef, chez lui à La Courneuve. Première critique de mon premier recueil par Jean-Pierre Lesieur ! Cette revue reste pour moi parée de plein d’attraits, elle fut véritablement initiatrice… Si l’on y ajoute la présence de feu Robert Momeux, ainsi que celle de Jean-Claude Roulet dans la revue suivante de Jean Chatard : Soleil des loups (imprimée par Michel Héroult) que j’ai pu interviewer, l’un et l’autre habitant dans l’Yonne…. Tout cela résonne en moi profondément. La rupture avec la première revue et le passage à la seconde pour Jean Chatard fut le non-aboutissement d’un dossier Norge. On imagine aujourd’hui comme il serait attendu et convoité.

4 n° : 12 €. 2149 avenue du Tour du lac – 40150 Hossegor.

le 7.12.2011

L’AUTOBUS n° 5 :  

La revue de Fabrice Marzuolo sort très régulièrement, en gros à la limite du bimestriel et du trimestriel, y a pas de nom. Chaque fois un thème, que les intervenants suivent à fond, ou sur la tranche, même sur le fil, voire pas du tout. Enfin, bref, ça n’a guère d’importance. Le thème quand même ? : le ring. Et l’on prend un  uppercut  d’entrée de jeu avec Colette Gaillard puis directo derrière une droite de Marc Bonetto. Après on est groggy pour lire le numéro. Faut dire qu’on n’a pas eu le temps de se mettre en garde. Isabelle Grosse nous la boxe à l’anglaise, en jouant sur le mot : bague. Défilent ensuite Jany Pineau, Guillaume Decourt (tiens un Polder !), Murièle Laborde Modely, Marie Evkine qui ressort de son gant un extrait de son « Dessert de lune » de 2006 !, Marlène Tissot qui résume la livraison : « Itinéraire d’un coup de poing dans le gueule »… On est au sol. KO. Le compte est bon. Mais on ne jette pas l’éponge, on attend déjà le prochain n°. Le thème, hein ? : feu naître

Fabrice Marzuolo : 28 rue Georges Pompidou – 78380 Combs la Ville.

le 2.12.2011

LE COIN DE TABLE n° 48 :

On peut juger aussi juger une revue au regard des revues qui sont recensées dans sa partie critique . Ainsi sont notulées : L’Agora, L’Albatros, L’Amitié Charles Péguy, Art et Poésie de Touraine, Le Bulletin des Lettres, Les Cahiers de la rue Ventura, Le Carnet et les instants, Le Cerf-volant, L’Etrave, Inédit, Le Journal des Poètes, Le Manoir des Poètes, Po&sie (« revue phare du jargonautisme »), Poésie directe, Poésie sur Seine, Soif des mots, Trilles et Décharge (uniquement pour le dossier Marie Huot dans le n° 151)… A comparer avec la chronique des revues de Christian Degoutte dans Verso où l’on ne retrouve aucun titre de la série précédente (avec une vingtaine d’autres publications dûment répertoriées)… à part Décharge ! Décharge ferait-elle consensus ?...

A noter surtout l’événement scandaleux du moment : l’expulsion (effectuée) de la Maison de Poésie de ses locaux et de ses 30.000 volumes mis en caisse et en sommeil. Un peu comme un symbole des égards pris par la politique culturelle envers la poésie.

4 n° : 70 €. SPF : 16, rue Monsieur le Prince – 75006 Paris.

le 28.11.2011

7 À DIRE n° 47 et 48 :

  Cette revue correspond aux éditions « Sac à mots ». Ce sont les deux moyens mis en œuvre par « l’association pour la promotion de l’expression, poétique contemporaine » qui coiffe les publications. C’est un bimestriel dont la pagination de 24 pages courent tout au long de l’année. 7, comme le nombre de personnes du comité de rédaction avec son rédacteur en chef : Jean-Marie Gilory. A chaque sommaire, une douzaine de pages de poèmes, autant d’auteurs. Avec de petits focus sur des poètes importants, en rapport direct avec la région et la ville de Nantes en particulier : comme Robert Desnos, Paul Fort ou Michel-François Lavaur. La revue clôt tranquillement sa dixième année. 

5 n° : 20 €. La Sauvagerais -La Rotte des Bois – 44810 La Chevallerais.

  le 14.11.2011

REVUES REVUES n° 3 :

 Sous ce titre doublé se cache le Bulletin de la Bibliothèque de revues poétiques et littéraires de la Cave Littéraire de Villefontaine, la Poéthèque (pendant d’ARPO et son Conservatoire des Revues de Poésie à Carmaux). La Poéthèque, ce sont 35 000 revues recouvrant 2 300 titres différents. Respect ! Donc ce troisième bulletin, après la périodicité des revues, puis leur longévité, s’attaque à la numérotation. Ça paraît formel, mais s’avère très passionnant, pour quiconque s’intéresse à ce monde particulier. On apprend pas mal de choses grâce à l’étude minutieuse de mon homonyme Jean-Paul Morin, sur ce qui bouge à côté du titre contraint. Ainsi la revue Les Temps modernes a abandonné  les chiffres romains lorsque ça ne rentrait plus dans le dos carré !, ou bien Gare maritime, à Nantes, pratique le numéro-année, sans parler de celles qui pratiquent la numérotation à l’envers, comme Liqueur 44 qui a commencé au 83 (ça permet de savoir à l’avance quand ça devrait finir), sauf qu’elle s’est arrêtée assez rapidement en cours de route… Beaucoup d’illustrations de une…

14, Place du 11 Novembre 1918 – 38090 Villefontaine   www.lacavelitteraire.com

le 4.11.2011

PAGES INSULAIRES n° 21 :

  Entretien de Jean-Michel Bongiraud avec Jean-Claude Martin. D’un côté en tant que président de la Maison de la poésie de Poitiers dont il est à la fois le président mais « aussi à tous les autres postes ». Il déplore surtout de n’avoir pas un lieu dédié. Et poète de l’autre : Pourquoi publier encore ? Manque de courage d’affronter le suicide, sans doute. On remarquera ce fort penchant pessimiste chez l’auteur de « Ciels de miel et d’ortie », qui vient de sortir dans sa troisième mouture chez Tarabuste. Jean-Claude Martin excelle dans le poème en prose, auquel il a conféré définitivement sa marque, ou sa manière. Lui  pour qui  « seule compte la littérature » s’en prend aux profs de fac et autres universitaires qui «  préfèrent le poétique à la poésie ». Ensuite, il ne se plaint pas de son parcours éditorial, que plus d’un lui envierait certainement. Enfin il livre une clé plus secrète et plus inattendue sur lui-même avec sa prédilection pour Pascal et son jansénisme : « Toute ma vie j’ai cherché la grâce, ou à tout le moins, le moment de grâce (qui pouvait être un petit poème « réussi »).

  5 €. 3, Impasse du Poirier – 39700 Rochefort-sur-Nenon.

  LES HOMMES SANS EPAULES n ° 32 : 

  Un dossier consacré à Loïc Herry par Christophe Dauphin qui le découvre pour sa part, avoue-t-il, courant 2009, en tant que poète normand, alors qu’il est en train de composer « Riverains des falaises ». Ensemble toujours bien documenté comme à son habitude où la vie de l’auteur est reconstituée minutieusement, et la sienne fut courte puisqu’il disparaît en 1995, à l’âge de 37 ans. Dauphin insiste bien sur le fait qu’aucun éditeur (à part Møtus en 91), n’a cru bon d’éditer Loïc Herry de son vivant. C’est faire peu de cas des revues qui l’ont publié de leur côté, et l’importance qu’a pu accorder Loïc à ces signes encourageants et salvateurs comme le rappelait sa mère Nelly Herry lors d’un récent dossier dans le n° 144 de Décharge. J’ajoute des consœurs disparues comme La Foire à bras de Jean-Jacques Reboux , Le Guide céleste de Jean-Pascal Dubost ou encore Mensuel 25 (Robert Varlez et Françoise Favretto) qui l’ont fait paraître aussi dès les années 1984. Par ailleurs un obscur César Birène, qui ne fait pas même partie du Comité de rédaction des HSE , un pseudo peut-être, taille dans sa chronique des revues Décharge (n° 148) en en parlant du bout des lèvres, un rien boudeuses ou dédaigneuses. A signaler enfin un dossier consacré à Christophe Dauphin lui-même, directeur de la publication. Tant qu’à faire, dixit César Birène…

17 €. 8, rue Charles Moiroud – 95440 Ecouen.

le 3.10.2011

MICROBE n° 65, 66 et 67 :

Eric Dejaeger m’envoie trois n° d’un coup. Ça faisait un moment que je ne l’avais reçue. Etant donné qu’elle est bimestrielle, et que je l’ai connue à ses débuts… une petite dizaine d’années a dû s’écouler. Elle est donc bien régulière et réglée. Format A6, au minimum 16 pages intérieures (15 auteurs, 2 illustrations) + les 4 de couv’ (Une, l’ours, Eric Dejaeger et la der’ critique). La maquette est de même rodée, au détail près. Presqu’aucun auteur ne double sur ces trois livraisons lues à la file. Comme chaque page offre un poème ou un texte, la police de caractère varie beaucoup. C’est ouvert, décontracté, désinvolte, parfois limite facile, parfois un poil mauvais. C’est en tout cas, une chance pour les auteurs d’avoir cette possibilité de publier. Je dis ça sans dédain. Je crois que le parti-pris est de ne pas se prendre la tête, ni de « se la jouer ». Sa longévité montre qu’elle a trouvé depuis longtemps un lectorat fidèle, et qu’elle mérite un coup de chapeau !

Belgique : 10 n° : 12 €.  Europe : 10 n° : 17 €. Voir avec Eric Dejaeger : ericdejaeger@yahooo.fr

Le 28.09.2011

POEZIBAO du 24 au 28 septembre 2011 :

  Il s’agit d’un entretien avec Jean-Paul Klée. Jean-Pascal Dubost, qui a signé la postface de son dernier recueil aux Vanneaux : « Bonheurs d’Olivier Larizza », lui pose des questions pointues qui permettent au lecteur d’envisager l’envergure du bonhomme. Il suffit d’y aller voir sur le site de Florence Trocmé. Simplement quelques citations pour mieux donner envie de découvrir pour qui le connaît peu. J’écris pour (me) découvrir & (me) surprendre… /Rien n’a jamais compté pour moi que le style (& aussi le plaisir sexuel)… /… je n’attribue à mes poëmes aucune « visée » , sauf celle de me faire grande joie & celle aussi de sauver de l’oubli (de la mort) tel & tel INSTANT ou merveilleux ou désespéré ou … inutile !.../ Il n’y a de poësie que lyrique… Il ne peut y avoir poësie qu’à partir de l’émotion... Il revient sur pas mal d’événements de sa vie, montre bien à son avis la différence entre poésie et roman, et n’hésite pas à critiquer des poètes intouchables comme Yves Bonnefoy…. Un vrai régal.

Rappel : dans son récent numéro hors série, Décharge a publié de lui huit poèmes magnifiques.

http://poezibao.typepad.com/

le 23.09.2011

TÉLÉRAMA n° 3219 :

Qu’on ne se trompe pas, il ne s’agit pas pour moi de faire la promotion de Télérama ! Télérama parle de la poésie une fois tous les deux ans, voire en année bissextile… Mais ici, le thème principal, accrocheur, du magazine est consacré au « plagiat », en référence dans l’actualité à l’affaire Joseph Macé-Scaron. Une universitaire dans un entretien rappelle pertinemment qu’étymologiquement, plagiat signifiait vol d’enfant et qu’aussi bien le plagié dans son juste droit que le plagiaire dans le déni se sentent volés dans leur intimité la plus secrète. Comme exemple phare, le témoignage de Thierry Mattéi qui s’est fait plagier son manuscrit « Je serais voltigeur » par Patrice Delbourg  dans le recueil « L’ampleur du désastre », qui obtint en outre le Prix Apollinaire 1996. Thierry Mattéi a eu le cran, alors qu’il avait affaire à un critique et journaliste réputé, d’aller jusqu’au bout puisque Patrice Delbourg a été condamné l’année suivante pour avoir contrefait ses poèmes. Il me souvient avoir envoyé une lettre aux revues de poésie le 31 mars 1979 avec Le Crayon noir dans le même sens, mettant en regard le texte original, concernant un recueil de réflexions sur la poésie et les emprunts déjà du même Patrice Delbourg. Cette méthode de "la mise en parallèle" avait été reprise dans la foulée en quatrième de couverture par la revue du Nord de Jean Dauby : Froissart avec d’autres plagiés et... toujours le même plagiaire. 

1979, 1996, 2011… ça ne change guère !

- en kiosque.

le 21.09.2011

INTERVENTIONS A HAUTE VOIX  n° 48 :

  Autour du thème porteur : Souvenance / Mémoire / Oubli, 59 poètes sont rassemblés, ce qui ouvre une fenêtre large comme une baie vitrée pour pas mal d’auteurs en quête de publication. Quant à la partie lectures, bien représentée dans cette revue, elle occupe environ un petit quart de l’ensemble. Eliane Biedermann, qui a conçu la partie thématique, critique (entre autres) Gérard Paris, Marie-Josée Christien et Georges Cathalo (tous trois critiques aussi à IHV) et ce dernier critique Eliane Biedermann (entre autres). Quant à Gérard Faucheux, il s’octroie chichement quatre pages sur les revues, avec des caractères serrés comme des sardines, ce qui donne un nombre hallucinant de signes à la ligne et à la page. Au bout de sa chronique, on est chaque fois bon pour changer de lunettes.

Abonnement : 27 €. 47, rue de la Bataille de Stalingrad – 92370 Chaville.

le 13.09.2011

VERSO n° 146 :

Pour clore ci-dessous mes notes concernant Verso du 2.06 et 7.03, ces phrases finales en petits caractères à la préface d'Alain Wexler : Pas de thème imposé. Ce dernier découle d'une analyse des textes rassemblés pour une saison.Je pense qu'on peut se contenter de cette formule qui semble assez proche de la réalité, et plus juste surtout en regard des textes très divers qui suivent l'apparence du thème fédérateur.

Le Genetay – 69480 Lucenay. Le n° : 5,50 €. Abonnement : 4 n° : 20 €.

le 6.09.2011

L'AUTOBUS n° 4 :

Spécial "Revuiste"... Autant dire que je l'ai dévoré d'un coup. Gloup ! Fabrice Marzuolo, l'animateur, caractérise bien leur rôle : ...sans les revuistes, les poètes existeraient encore moins. Cathy Garcia (Nouveaux délits) note que pour elle : l'important dans la poésie, c'est le lecteur. Patrice Maltaverne (Traction Brabant) stigmatise le concept ainsi : la poésie actuelle reflète bel et bien la société des gens qui n'écrivent pas, avec en plus, quelques révoltes avortées, et beaucoup d'artistocratie de plume ! Tout est dit ! Jean-Pierre Lesieur (Comme en poésie) tire son propre bilan : je n'ai jamais rencontré les poètes ou les éditeurs à un haut niveau du panier ou du pavé... je suis un petit poète revuiste qui a vécu dans son coin. Il conclut ainsi par deux affirmations : les critiques ne servent à rien et le problème de la poésie, c'est la diffusion. Eric Dejaeger se contente d'une promotion pour sa revue Microbe. Claude Vercey profite pour faire le point sur la collection Polder dont il est responsable depuis 2009. Texte indispensable pour tout candidat à la publication. Moi-même je fais état d'un incident qui m'est arrivé, il y a peu. Enfin mon homonyme Jean-Paul Morin, en tant que responsable de la Cave Littéraire, apporte un point de vue plus général qui donne de l'air aux propos : La naissance d'une nouvelle revue devient un événement qu'il faut saluer avec empressement. Egalement dans la même optique : L'éditiorial apporte, le plus souvent, un nouveau souffle. Il montre bien l'importance de ces conservatoires et des bases de données en résultant.

2 €. 287, rue Georges Pompidou - 77380 Combs la Ville.

le 3.09.2011

PAGES INSULAIRES n°20 :

Dans l'éditorial de son vingtème numéro, Jean-Michel Bongiraud fait une sorte de comparaison entre actualité historique et poésie. Si l'on est bien d'accord avec lui dans le premier paragraphe, on ne saisit pas bien l'intérêt du second, des insinuations, des vérités généralisantes, une mise en cause du lecteur qui n'y peut mais... Tout cela semble confus... Jean-Michel, ne t'emporte pas comme ça, tu vas te faire du mal !

6 n° : 20 €. 3, impasse du Poirier - 39700 Rochefort/Nenon.

le 2.08.2011

L’ARBRE À PAROLES n° 150 :

  La revue belge l’Arbre à paroles a sans doute trouvé une solution aux problèmes postaux qui se posent certainement dans les mêmes termes coûteux outre-Quiévrin, à savoir l’expédition dans un même pli de deux n° de la revue, le 151 consacré à Georges Thinès et le 150 à Eric Brogniet. « « Poète de haute exigence », est-il spécifié pour le second, et beaucoup d’articles pertinents lui sont consacrés, si j’excepte l’un d’eux qui tient de la thèse universitaire indigeste. La moitié des contributions d’ailleurs sont reprises de la revue disparue Autre Sud. Ces deux vers signés Béatrice Libert : Un homme qui se meut, mord et meurt Je suis l’homme-cri, l’homme cristal. Le titre choisi par Christophe Van Rossom : « l’angoisse et la ferveur ». Cette définition de Christian Hubin : le lyrisme décapant : révolte et pitié, douleur et attente, qu’Eric Brogniet reprendra telle que dans son entretien. Jean Orizet dans une préface de 2001 parlait de « réel supérieur, cette synthèse entre mythe et réalité. » Henri Meschonnic  note bien « le sens du cosmique » avec ces vers : Combien de jours encore / pour discerner la cendre du sable et parle d’invention d’un mythe personnel avec ces autres : l’homme s’accomplit / éternel marieur d’oiseaux / et de migrations. Pierre Dhainaut parle de « discours troué », enfin Dominique Sorrente repère trois consciences dans sa poésie : » les décombres, le creusement et une forme d’abandon qui s’en remet ». La dernière étant moins évidente que les deux autres. Il conclut par le « pari d’une rare exploration intérieure ». Enfin ce vers cueilli dans un inédit d’Eric Brogniet donné à la suite : L’apparition est l’antidote de l’apparent.

4 n° : 25 €. Maison de la poésie d’Amay : BP 12 – 4540 Amay (Belgique). Le n° simple : 7,5 €.

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Le 22.06.2011

N 4728 n° 20 :

Ça bouge dans les lignes 1.  Paul Badin arrête de piloter N 4728. Pour deux raisons principales : à 68 ans, il commence à fatiguer de s’occuper quasiment à plein temps de tout ce que nécessite l’animation bénévole d’une revue telle que N 4728, depuis 2001.  Aussi bien le travail rédactionnel plus enthousiasmant que la gestion des abonnements et des expéditions, tâche nettement plus ingrate. Entre autres occupations dédiées à la poésie sur Angers. Dix ans et vingt numéros ! Ensuite il revendique à juste titre son côté poète, phagocyté par le versant revuiste, gros mangeur de temps et dévoreur d’image. Donc, en résumé et en clair, la revue va changer de tête. A suivre.

Abonnement : 2 n°/an : 25 €. Christian Vogels : 23, Port du Grand Large – 49130 Les Ponts de Cé.

POESIE PREMIERE n° 50 :

Ça bouge dans les lignes 2. Emmanuel Hiriart qui a dirigé P/P depuis 25 n° (après Robert Dadillon) laisse la place à un triumvirat (de femmes) qui s’occupera chacune son tour, en ce qui concerne la sélection des poèmes, d’une des trois livraisons de l’année : Jacqueline Persini Panorias (juin), Martine Morillon-Carreau (octobre) et Ludmilla Podkosova  (février). On ne sait trop comment ça peut fonctionner. Mais cette configuration est suffisamment inédite pour suivre cela de près. En outre, on retrouve tout le comité de rédaction sur le fronton pour la bonne raison que pour ce ° 50, en forme d’anniversaire, il a été fait appel à l'ensemble des collaborateurs de la revue.

Abonnement : 3 n° : 29 €. Emmanuel Hiriart : Maison Allegera – Lot. Ibai Ondoa – 64220 Ispoure.

le 3.06.2011

TRACTION-BRABANT n° 40 :

  Déjà le quarantième numéro de la revue de Patrice Maltaverne. Avec sa pagination débridée, sa fausse couverture transparente et sexy, ses illustrations foutraques et son sommaire bourré à bloc. Avec des noms qu’on trouve souvent dans le milieu revuistique ambiant et  plutôt de bonne qualité. Pan, d’un seul coup deux textes d’auteurs étrangers : Bertold Brecht et l’Argentin Joaquim O. Giannuzzi. Au milieu de deux récents Polders : Olivier Aulry et Pierre Anselmet, d'auteurs qu’on retrouve dans l’Autobus (ou l’inverse, suivant le principe de l’ancienneté) : Guillaume Decourt (avec des textes semblables) et Basile Rouchin. Ou encore Jean Gédeon, Sébastien Ayreault, Marc Bonetto, Alain Lacouchie,  Salvatore Sanfilippo, Christophe Levis, Jean-Baptiste Pedini  pour d’autres qui ont fréquenté Décharge aussi à un moment donné. Je ne suis même pas exhaustif pour le coup. J’ajoute Charles Pennequin quand même… Voilà pour la revue inclassable et pleine de santé sise à Metz et qui n’a pas dit son dernier mot.

Résidence Le Blason 3° étage 4 Place Valadier – 57000 Metz. 5 ex : 10 €.

le 02.06.2011

VERSO 145 :

  Alain Wexler me répond peut-être, en bas de sa préface, en guise d’éditorial de sa revue, par un « avertissement » (voir Vrac de mars). Aurai-je droit à un blâme à présent, si je persiste ? Une chose est sûre et dite : le thème n’est pas soumis aux lecteurs, et « les textes sont placés par affinité élective de sorte qu’ils s’enchainent naturellement ». Voilà qui est clair et honnête. Il est ajouté que chaque auteur l’a traité, - donc le thème en question. Et je me demande toujours comment on peut traiter un thème auquel on n’a pas été soumis… Sans doute un mystère qui dépasse tout un chacun, comme il est conclu. Thème de ce n° : la chair du verbe. Ma foi, pourquoi pas ? Beaucoup de noms nouveaux au sommaire. La plupart décevants, voire consternants pour quelques-uns. On rebondit sur les vieux loups de mer : Merlot qui retrouve son humour en parodiant Claude Seyve, Michel L’Hostis (Pourquoi cet œil qui me scrute dans chaque tableau même quand il n’y a pas de portrait ?), Alain Guillard (Dans l’éboulis de son visage). Un tendance lourde qui tourne à la gageure : passer aux poèmes en prose, sans poésie à l’intérieur.

  Le Genetay – 69480 Lucenay. Le n° : 5,50 €. Abonnement : 4 n° : 20 €.

L’AUTOBUS n° 3 :

  Fabrice Marzuolo tient bon. Après l’envoi de sa revue en début d’année. Déjà le n° 3. « La déveine poétique » avec le schéma d’un cœur et sa tuyauterie en rouge et bleu comme un emblème. En creusant ce sillon qu’il labourait jusqu’à présent de son côté (voir plus avant ce que j’en disais à propos du n° 1, en février), il tend à donner l’aspect d’un mouvement collectif à cette insolence amère qui le personnifie. Ne résume-t-il pas le travail artisanal du revuiste ainsi : De bric et de broc, papier, colle, déprimante… Et les auteurs conviés d’aller au final dans le même sens : Marie Ambrody et son « corbillard /De douleur » : Je ponds des œufs sans jaune, Guillaume Decourt, déjà remarqué par Claude Vercey sans son ID 302, en passe de publier dans cinq-six revues cette année, Basile Rouchin, Thierry Roquet, un quasi permanent de la revue avec Jany Pineau : Décider que les mots ne passeront pas / Par la case sentiments / Barricader le cœur… Enfin Mariana Naydova, d’origine bulgare, qui donne un extrait d’une pièce de théâtre, facile à lire pour les myopes ayant égaré leur paire de lunettes.

Prochaine livraison, un thème qui me parle : Revuiste.

28, rue Georges pompidou – 77380 Combs la Ville.

fabrice.marzuolo@wanadoo.fr

le 6.04.2011

LE COIN DE TABLE n° 46 :

Jacques Charpentreau donne une bonne chronique sur « Michel Houellebecq, poète contemporain ». On aurait pu penser que c’est le genre de poète qui ne passe pas, aux yeux du directeur de publication de la revue Le Coin de table, alors que l’analyse est extrêmement fine et juste. Est-ce dû au fait que Houellebecq écrit la plupart du temps en vers simili classiques, à la limite de l’indigence, ajoute cependant Charpentreau ? Houellebecq se place aux antipodes du lyrisme en choisissant des lieux urbains les plus ordinaires et les plus banals, et des personnages de la même teneur. Il y a de la compassion, quelque part, malgré la froideur à la limite du cynisme. Mais aucun bon sentiment, c’est certain. Houellebecq ne cherche pas à faire rêver, bien au contraire, il décrit, déplie, impitoyablement la réalité. Le côté misérabiliste de sa poésie vient certainement de sa vision profondément pessimiste. Sa lucidité décape jusqu’à l’os.

Rappelons que la Maison de Poésie doit quitter ses locaux. 30.000 ouvrages à la rue ! Le scandale est patent. (Voir l’I.D. 315. de Claude Vercey et la pétition à signer).

25 €. le n°. Abonnement : 4 n° : 65 €. 11 bis, rue Ballu – 75009 Paris.

le 22.03.2011

MULTIPLES n° 78 :

La revue d’Henri Heurtebise a dépassé les 40 ans. C’est prodigieux ! Elle passe à présent de numéros-découvertes en numéros-anthologies. Les premiers donnent des inédits, les seconds reprennent ce que HH considère comme le meilleur de la production actuelle. Ce qui est encore plus étonnant, c’est qu’il est toujours plein d’ardeur et d’idées, preuve en est : l’inauguration d’une nouvelle rubrique : « les couvertures de », et à quelle revue donc consacre-t-il cette première ? … à Décharge ! avec toutes les unes, du n° 124 au n° 148, 24 donc où sont repris surtitres, invités de marque et griffe de l'idée bleue, et, en outre, la reproduction illustrée du 143 (dessin de Raymond Beyeler). Ajoutons que la revue a fait appel à un nouvel imprimeur, (nouveau papier, nouveau logo…), ce qui donne un petit coup de jeunesse à tout ça. La revue Multiples porte bien son nom.

3 n° : 18 €. 9, chemin de Lançon – 31410 Longages.

le 15.03.2011

COMME EN POÉSIE n° 45 :

La revue de Jean-Pierre Lesieur ressort d’un vieux n° du Puits de l’ermite le témoignage frappant de Roger Laly qui a vécu semblable déportation avec les mêmes horreurs et les mêmes souffrances que celle de Robert Desnos entre le 27 avril 1944 où ils quittent Compiègne et sa mort en juin 1945, en Tchécoslovaquie libérée par les Soviétiques, en passant par les camps d’Auschwitz, Buchenwald et Flossenburg... Mis à part que ces récits donnent toujours froid dans le dos, on imagine bien grâce à ce survivant quels ont été les moments ultimes et terribles de la dernière année de vie de l’auteur de Corps et biens. Le témoignage prend tout son sens lorsque Roger Laly rapporte une réaction de révolte héroïque de Robert Desnos, qui aurait pu entraîner sa mise à mort immédiate de la part des nazis. Une photo est donnée en illustration où l’on voit dans un groupe exténué le poète un mois avant sa disparition. L’entretien est signé Jean Chatard.

3 €. 4 n° : 12 €. 2149 Avenue du Tour du lac – 40150 Hossegor.

le 13.03.2011

Ici é là n° 14 :

La revue de Jacques Fournier, toujours un événement ! (Je ne vais pas encore lui consacrer ma prochaine revue-du-mois, - ça va bien, elle truste quasiment la place…) J’ai été interpellé par l’intervention plastique de Dan Bouchery, plus connue (au moins quant à moi) pour ses poèmes. Elle illustre la livraison par des photos de calvaires au bas desquels sont rajoutées chaque fois cinq chaussures abimées et dépareillées (shoes art). Le côté religieux aurait eu tendance à m’irriter a priori. Mais l’assemblage de la représentation de ces Christ aux pieds nus avec l’offrande des souliers au rebut dans des photos différemment cadrées où les poses convenues et les couleurs passées se marient au paysage de l’Ouest en arrière est étonnant. On a toutes les gammes de matériaux des crucifix : bois, pierre, plâtre, avec l’égalité des pieds blancs cloués et tous les types de chaussures en humbles présents comme pour revêtir les extrémités blessées vers un nouveau chemin à parcourir. L’association du martyr, de la passion et de la simple charité est émouvante jusque dans son apparence irrationnelle, propre au trouble artistique. Trois poèmes au diapason de Dan Bouchery complètent la démonstration très bien analysée par Jacqueline Held.

  10 €. La Maison de la Poésie, 10, Place Pierre Bérégovoy – 78280 Guyancourt.

le 7.03.2011

VERSO n° 144 :

On commence par un erratum : sur la couverture est indiqué mars 2010 ! Quelquefois, c’est ce qui se voit comme le nez au milieu de la figure qui passe au travers. Je suis bien capable d’erreur de la sorte. En revanche le texte introductif d’Alain Wexler, appelé pompeusement pour une revue « préface » me laisse davantage dubitatif. J’ai beau lire et relire cette page liminaire qui envoie le thème du numéro, je reste perplexe, voire abasourdi. On commence par un hendécasyllabe de belle tenue : Se voir dans la proie, c’est rendre l’âme un peu… Lancé comme un paradoxe, est-il ajouté. Et à partir de là, les assertions s’enchaînent à grande vitesse, un peu sur le principe du bout-de-ficelle/selle-de-cheval. On reste un peu dans la rhétorique avec question oratoire et réponse sur mesure, emploi d’un « ils » accusateur, dont on ne sait pas bien ce que ce pronom personnel recouvre, des arguments historiques cul par-dessus tête : l’Europe avant 14-18, une interpellation finale du lecteur qui n’en peut mais, enfin trois exemples au total tirés des textes de la trentaine d’auteurs à suivre qui constituent la livraison justifiant si l’on veut (« plus ou moins ») le thème retenu : Contre, qu’on admettra globalement, par abandon pur et simple de n’y rien comprendre.

20 €/an : 4 n° . Alain Wexler Le Genetay – 69480 Lucenay.

le 1.3.2011

DANS LA LUNE n° 21 & 22 :

La revue de Valérie Rouzeau  propose au bout de sept ans un n° double, qui sera peut-être le dernier, si j’ai bien compris. En tout cas, Valérie donne un texte final : Sur Terre, qui est de fait la réponse à une question que Bruno Berchoud lui posait pour un dossier la concernant à paraître dans un prochain numéro de Décharge. Vous me suivez ? c’est un peu à l’envers. Mais faudra remettre tout ça dans l’ordre quand toutes les pièces seront publiées. Donc Valérie livre sa position sur l’école et la poésie, non pas en tant que poète donnant son avis en l’air, mais bel et bien en tant que participante active à des ateliers d’écriture avec toute sortes de niveaux, de la primaire au lycée. Sa façon d’aborder la poésie avec les enfants est constituée de cette malice et de cette intelligence sur le sens, les sonorités et l’approche du lexique que l’on retrouve évidemment dans sa propre écriture. Un texte important pour ceux qui la suivent de près.

Maison de la Poésie – 8 rue Kléber – 51430 Tinqueux.

le 23.2.2011

INTERVENTIONS À HAUTE VOIX n° 47 :

On connaît le principe de fonctionnement de cette revue. Un thème avec un responsable qui s’occupe de collecter les textes. Ce qui permet de multiplier les participants à une ou deux pages chacun. Environ 35 auteurs donc autour de L’infini, sous la houlette de Guy Chaty qui donne le meilleur texte de l’ensemble, en reprise sur la quatrième de couverture, entaché d’une coquille à l’intérieur. Dans cette cascade de pages, certaines paraissent insipides. La plupart reprennent le mot-thème pour bien coller au prétexte. Danielle Allain-Guesdon achève ainsi : l’horizon    jamais atteint, ce qui est une chute bien vue. Jean-Louis Bernard donne trois textes qui auraient pu figurer dans d’autres thèmes aussi bien (la lampe, le vent, le livre). Ce sont des propositions. Louis Bertholom se met sous le haut patronage de Lautréamont ; là, il n’y a rien à dire. Alain Lacouchie pose peut-être la bonne question liminaire : Pour en finir avec l’infini. Patrice Maltaverne pénètre le thème à sa manière : Si l’infini avait la forme d’un ballon / je pourrais avancer à l’intérieur / Sans me faire mal…Enfin Jeanine Salesse est la seule à utiliser le symbole \infty (ce 8 qui se repose, que j’ai eu bien du mal à trouver moi-même sur mon clavier) et elle ajoute : Cernée   je m’encagnarde sur le 0 …pour sans forcer sortir du lot.

IVH a les défauts de ses qualités. Depuis trente ans, son esprit d’ouverture ratisse large, mettant le pied à l’étrier pour moult, et la poésie en profite certainement.

12 €. MJC de la Vallée – Maison pour tous – 47, rue de Stalingrad  - 92370 Chaville.

Abonnement : 2 n° + 2 recueils : 27 €.

le 22.2.2011

À L’INDEX n° 19 :

À l’index avec ce n° 19 fête ses dix ans et pose la question fondamentale et permanente : Qu’est-ce qu’écrire aujourd’hui ? Une bonne vingtaine de personnalités vont y répondre plus ou moins directement. Avant d’aller plus avant, j’ajoute que c’est Alain Kewes qui m’a donné le n° et qu’il en tient chronique dans le tout prochain Décharge à sortir. Donc je ne vais pas marcher sur ses plates-bandes. Mais je vais suivre l’ordre alphabétique proposé. Françoise Ascal répond par : tenter de déchiffrer sa part d’inconnu, un peu comme Denise Desautels :  décaper l’intimité. Michel Baglin donne un extrait de son livre d’initiation : « Chemins d’encre » (publié aux éditions Rhubarbe). Joël Bastard, souvent en résidences (le hublot découpe une rondelle de tarmacadam), traverse le paysage. Je chipe (et cite) ces deux vers d’André Duprat : Le poète survit d’une métaphore / Un silencieux dans la bouche. Antoine Emaz écrit à sa manière, nette, rigoureuse, pertinente (4 notes et 13 remarques attenantes) : …l’écriture […]  une forme d’artisanat dont la matière première serait la langue… Ecrire nait de la désorientation… Ne pas confondre écriture et cure. Ecrire stabilise, dépose, ne résout rien… Le poème est essentiellement vecteur, non pas message… Un poème ne fait pas œuvre. Ne pas simplifier. Lire tout. En conclusion : mieux vaut tenter, risquer, se planter que de se taire. Riche et complet. Jean-Paul Gourévitch évoque un « combat contre la fatigue ».. Alain Kewes parle d’autre chose, mais c’est bien quand même. Béatrice Libert qui « a mal au monde » : Ecrire pour sentir les gouttes du temps glisser dans mes veines, pour ralentir mon pas et sonder l’absolu. Roland Nadaus ajoute : J’ai écrit pour hurler. J’ai écrit pour me taire. Ghislain Ripault transforme la question initiale en : Qu’est-ce que publier aujourd’hui ? Jean-Max Tixier, dans une sorte de testament poétique : Pourquoi j’écris ? Je ne me pose pas la question… Le vertige de la page vierge relève de l’imposture. ..Je me méfie beaucoup de qui prend la plume pour délivrer un message (en écho à Antoine Emaz). Et il termine ainsi : Je renais chaque jour à l’écriture et l’écriture renaît en moi. Que rien ne me trouble désormais qui n’en soit tributaire. La page en face, en passerelle, Jean-Pierre Védrines commence ainsi : Ecrire, c’est voyager avec la mort. Claude Vercey aurait pu confier sa page à la revue de Jean-Michel Bongiraud chroniquée en avance pour la revue-du-mois de mars : Pages insulaires puisqu’il débute par : Ça sent le mouton. Il donne une sorte de fable moderne dont il est friand : …la poésie […] est aujourd’hui confinée à la sphère privée, voire familiale…

2 n° : 20 €. Jean-Claude Tardif : 11, rue du Stade – 76133 Epouville.

le 19.2.2011

L’AUTOBUS n° 1 :

Une nouvelle revue. Papier. Ce n’est pas forcément courant ces temps-ci. Et c’est quelqu’un qu’on suit et qu’on défend depuis un bail qui s’est mis aux commandes : Fabrice Marzuolo. C’est plutôt pas mal, avec quelques scories quand même, sinon à quoi ça servirait que je me décarcasse à tenir cette rubrique ? Marzuolo, c’est la provocation à l’état pur, les mots à l’emporte-pièce, un côté scato et le langage-gifle aller-retour plutôt que l’autre joue tendue. Le thème du numéro donne le ton : 2011 année Céline. Fabrice entre dans la polémique : Auteur gigantesque d’un côté, antisémite notoire de l’autre. Est-ce que l’un peut cacher l’autre ? Est-ce que l’autre doit exclure l’un ? Les deux faces font partie du même personnage complexe. A chacun de se positionner entre le littéraire et l’éthique. Le nouveau revuiste s’engouffre à fond contre l’attitude culturelle officielle. Il y a une réelle filiation chez Marzuolo dans la façon de traiter le style que n’aurait pas renié un Céline, certainement.  L’esclandre tonné, FM invite quelques auteurs de la bande qu’on groupera dans la mouvance des primo-auteurs. Ainsi Morgan Riet qui en notes liminaires indique le contexte des quatre poèmes qu’il livre. Je lui reprocherai identiquement la même chose que dans une critique récente : de bonnes choses, trop délayées cependant. Marlène Tissot dans un registre urbain/beurk. Jany Pineau dont j’aime bien les jeux de mots : Elle a pris sa mine de rien (titre de l’ensemble), ou bien pour l’œil : je me vôtre. Thierry Roquet pour suivre (voir le Choix du n° 148) qui analyse finement l’ennui existentiel. Enfin Eric Dejaeger, déjà bien réputé, dans un scénario assez moyen. Prochain n° : Lâcher l’est. On peut composter son billet.

6 € pour 3 n°, c’est pas ruineux. Mais envoyer un chèque par mail, c’est pas facile non plus !

fabrice.marzuolo@wanadoo.fr

le 17.2.2011 

L’ARBRE A PAROLES n° 147 :

Le n° est consacré à André Schmitz né en Ardenne en 1929 et vivant en Lorraine. Un certain nombre de textes lui sont d’abord dédiés, signés Paul Mathieu, André Doms Véronique Daine ou Pierre Schroven. On en conserva l’idée d’une certaine violence qui loge dans son écriture, de subversion et de dénonciation. Egalement un appui fréquent, référencé aux écritures bibliques, façon de les revisiter à rebrousse-poil et d’apporter une spiritualité moins mystique et plus humaniste peut-être où l’humour colore la relative gravité. La mourante fait un nœud à son mouchoir. Pour se rappeler qu’elle a deux ou trois choses à demander à Dieu quand elle le verra... Après une anthologie trop courte, un inédit est offert : « Trieste ».

L’oiseau dont les ailes son trouées

Ne parvient plus à voler.

Il nous faudrait l’aimer davantage

Et aimer fendre le ventre du vent.

Les témoignages apportées dans la « conspiration amicale » montre bien l’importance que revêt ce poète pour nombre d’auteurs. André Schmitz, à découvrir.

7,5 €. Maison de la Poésie d’Amay. BP 12 – 4540 Amay (Belgique)

le 16.2.2011

LES HOMMES SANS EPAULES n° 29/30 :

C’est un numéro spécial consacré entièrement à Henri Rode (1917-2004). Christophe Dauphin le préface deux fois. La première en reprise pour un recueil de 94 : Pandémonium. La seconde beaucoup plus étoffée pour l’œuvre entière (dont une partie reste inédite). Ce qu’on peut retenir sur cette forte étude : L’importance de la ville d’Avignon où le poète vit le jour, une œuvre d’abord romanesque avec des personnages très inspirés par sa famille proche, puis de résistance durant la seconde guerre mondiale, sous la tutelle de Marcel Jouhandeau avant de trouver toute sa puissance dans la poésie, et la rencontre entre autres assez pittoresque d’Aragon, racontée deux fois, avec des extraits toujours passionnants tirés de son Journal impubliable. Il se spécialise dans les chroniques cinématographiques et se rapproche du groupe HSE qui lance en 53 un « Appel aux riverains » et l’on voit toute la filiation que ce mot a pu avoir pour Christophe Dauphin. Celui-ci dresse une parenté pour Henri Rode entre Lautréamont hier et Cioran aujourd’hui. C’est en 80 que le poète publie son œuvre majeure : Mortsexe qui est donnée à la suite de cette analyse fine et complète.(Dessins de Lionel Lathuille).

 

Je crois que j’aime le sexe parce qu’avec la mort il est l’extrême.

 

…Oublier que l’orgasme est le meilleur du vivre.

 

Toutes les formes sont déclinées : du poème à l’aphorisme, du récit à l’article, Henri Rode brillait de tous ses feux quel que soit l’enjeu littéraire. Un poète important à découvrir grâce à ce fort volume de 300 pages.

25 €. Librairie-Galerie Racine 23, rue Racine 75006 Paris.

le 10.2.2001

N4728 n° 19 :

  Mémoire vive, c’est la vitrine, la partie riche de la revue angevine. Avec une bonne demi-douzaine d’auteurs. Présentation par l’un des membres de l’équipe, Albane Gellé, Antoine Emaz, Jacky Essirard… Photo impeccable de Michel Durigneux. Et deux-trois longues (14 x 29) pages de textes. On est initié. On voit. On a le temps de se faire une idée. Quelquefois ça suffit, souvent on en redemanderait. Surtout Patricia Cottron-Daubigné que je redécouvre à chaque fois. Je l’ai publiée en 96 en Polder. Et son écriture exigeante impressionne. Le titre de l’extrait donne la température : Croquis-démolition, des ouvriers et la fermeture de leur usine. Il est rare de mêler travail et poésie. C’est ce que réussit Patricia, à travers des ateliers d’écriture, où elle porte la souffrance des ouvriers jusque dans ses mots le mépris est soudé au corps du travail entre le reportage au cœur du temps et la parole effilée qui incise le réel. et les usines qui ferment partout

12 €.  Paul Badin, 6 Quai du Port-Boulet – 49080 Bouchemaine.

Gros textes n° 3 :

La nouvelle formule de la revue d’Yves Artufel, Arts et Résistances, donne son plein avec un 100 pages grand format. Plein de choses à grappiller. Je m’en tiendrai à quelques faits saillants, comme la rubrique m’y autorise. D’abord un dossier hommage à Nathalie Potain (1966-2009). -Alain Kewes dans Décharge n° 145 (A l’oeil nu) avait rendu compte aussitôt de l’importance de l’événement- . Des témoignages : Anne Poiré, Christian Degoutte, Jean-Pierre Cannet et Corine Pourtau… Et surtout les extraits de sa correspondance à son amie Marie-Hélène Bahain. Nathalie Potain ardente à vivre pour reprendre l’expression de Christian Degoutte. Deuxième chose : un mini dossier consacré au poète Sanford Fraser, suivi d’un entretien avec son traducteur, grand connaisseur de la poésie américaine contemporaine : Christian Garaud. Enfin Jean-Christophe Belleveaux donne un poème ferroviaire important entre Tunisie et Chine : Désobéir. Lequel est en train de prendre une nouvelle envergure. A suivre…

9 €. Fontfourane – 05380 Châteauroux les Alpes.

Le coin de table n° 45 :

Jacques Charpentreau croit deviner les prémices d’un retour au vers plus classique avec l’abandon du vers libre, en tant que facilité. Il en profite pour fustiger tous les adeptes de la médiocrité, écrit-il et parle même de pandémie !, au regard de l’internationalisation de cette pratique. Tout en conservant une déférence envers sa grande culture (voir son considérable Dictionnaire de la poésie française), il me semble difficile d’être d’accord avec son opinion, d’un simple point de vue historique. Le vers a progressé de la façon qu’on sait, tous ceux qui prétendent écrire de la poésie peuvent user à leur guise des formes passées de la prosodie, mais une marche rétrograde ne se conçoit pas. Qui n’a pas envie d’écrire en vers bien balancés, ou un sonnet bien rond ? La versification révolue fait partie du bagage de tout un chacun, de là à vouloir que cela redevienne le matériau actuel… L’animateur du Coin de table semble percevoir comme rédhibitoire cette façon d’écrire, et moi, à l’autre bout, j’aurais tendance à penser exactement l’inverse. Cependant, je ne suis certainement pas plus obtus là-dessus et symétriquement que Jacques Charpentreau, mais je ne crois nullement à un renouveau de la contrainte. Il a fallu du temps pour se libérer de ce carcan-là, il n’est pas question de s’y soumettre encore. Et que l’on déplore les mauvais poètes d’aujourd’hui n’empêche en rien les mauvais rimailleurs d’hier et d’aujourd’hui.

Au moment d’ajouter adresse et tarifs, je constate le prix exorbitant au n° comme à l’abonnement, je ne sais si les poètes doivent encore faire un effort pour retrouver des lecteurs, comme il est dit en conclusion de l’éditorial, en tout cas, là ça reste dissuasif d’en avoir.

25 €. ce n°. Abonnement : 4 n° : 65 €. 11 bis, rue Ballu – 75009 Paris.

Friches n° 106 :

La revue Friches donne à lire et découvrir, pourquoi pas, Alexandre Voisard. L’année 2010 correspondant à son quatre-vingtième anniversaire a été l’occasion de le célébrer. C’est Danièle Corre qui conduit le dossier avec une présentation fouillée, suivent des inédits, enfin un entretien où l’on devine un homme moins fatigué par l’âge que par la préoccupation de son travail : l’écriture, que ce soient poèmes ou notes sur la poésie. « Quand on me demande ce que ce poème veut dire, je réponds qu’il ne veut pas dire, il dit. » On sent moins de détachement que de certitude d’une œuvre déjà accomplie mais qui n’est pas encore achevée. Alexandre Voisard a connu une carrière théâtrale et politique avant de verser dans l’écriture. Il conclut l’entretien ainsi : « j’ai douté parfois de ce que je faisais, je n’ai jamais douté de ce que j’avais à faire ». C’est l’image de plénitude, d’assurance qui se dégage de ce portrait. Il est né dans le Jura suisse, et n’est pas recensé comme un écrivain français, alors que la langue qu’il utilise de superbe façon ne peut qu’en être honoré.  Seul petit regret. Son œuvre est colossale.

La poésie est clarté

Seuls les mots sont troublants.

12 €. Le Gravier de Glandon – 87500 Saint-Yrieix