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juillet c'est...
GARE MARITIME 2008 :
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La revue de la Maison de
la poésie de Nantes existe depuis 1994, avec d’abord des parutions un
peu irrégulières : numéros et
hors-séries. Elle acquiert sa forme actuelle en 2002, et adopte
alors une périodicité annuelle. Ce qui la dispense de toute numérotation,
puisque c’est le millésime qui la distingue depuis lors. Le sommaire
est simple à concevoir : il reprend tous les invités de la saison.
Chacun se retrouve sur trois pages : avec une présentation faite en
général par un des membres de l’équipe de rédaction de la Maison de
la poésie : Jean-Pascal Dubost (le rédac’chef), Bernard Bretonnière
ou Jean-Damien Chéné, etc…, avec une photo prise pendant les lectures
sur la première, des textes pour les deux suivantes. Comme les auteurs
invités bénéficient chacun d’une certaine réputation, la lecture ne
peut être qu’enrichissante. Ce qui fait l’originalité de
l’entreprise et consolide l’ensemble, c’est l’ajout d’un CD
(depuis 2003) où l’on peut écouter en outre chacun des poètes au
sommaire. Cette dimension s’avère indispensable, étonnante et
savoureuse. |
La
superposition des approches permet de mieux cerner les intervenants. D’abord
l’audition de textes de langue étrangère, chinois, américain, irakien,
portugais… se révèle étrange et magique pour les uns ou beau comme une leçon
à l’accent parfait pour l’anglais (que je comprends un peu plus)par Steve
Dalachinsky. Sinon la lecture comme un sketch pour Dominique Quelen, ou la
récitation scandée qui suit le découpage syllabique pour Edith Azam, sans
parler des accompagnements musicaux pour d’autres encore. On entend des voix
graves, voilées, éraillées, énergiques, essoufflées… chacune apporte son
timbre personnel, cette empreinte vocale, comme un style qui coiffe le style écrit.
Certains lisent honnêtement, quand des Sylvie Nève proposent, depuis
longtemps, des performances. Au bout de deux écoutes, on repère qui est qui ;
on est encore fasciné par beaucoup, ou davantage irrité par d’autres. Cette
face vocale confère à cette revue une originalité unique que nul ne peut lui
disputer. Le sommaire est prolixe et profus : avec des Biga, Loivier,
Sautou, Jouet, Bouquet, Quélen, Euzen, Ancet, AL Hamdani, pour n’en citer que
quelques-uns sur la trentaine de participants, on saisit mieux la volonté
d’embrasser les différents axes lourds de la poésie contemporaine dans toute
son envergure. Ajoutons deux invitées spéciales : Florence Trocmé et son
site Poezibao, devenu essentiel sur le net, ainsi que Françoise Favretto
(Atelier de l’Agneau), une vieille connaissance, depuis la fameuse revue belge
« 25 » qu’elle anima avec Robert Varlez.
Gare
maritime est une revue complète, pour s’en mettre plein les yeux et les
oreilles.
15 €. 2, rue des Carmes – 44000 Nantes
www.maisondelapoesie-nantes.com

juin, c'est...
LE MENSUEL LITTÉRAIRE ET POÉTIQUE n° 359 :
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C’est un monument, que dis-je une institution. ..Plusieurs
décennies que ce mensuel (ne paraissant pas en août), donc onze fois
l’an !, publie son cahier format A4 sur un papier à la texture particulière,
à la fois léger et opaque, et couleur blanc virant au gris pâle,
reconnaissable de suite. Un mensuel à mi-chemin du journal et du
magazine. Son originalité s’affirme dans son positionnement entre la
critique littéraire et son implantation théâtrale, l’intitulé du
lieu en plein Bruxelles résumant bien l’interconnexion spécifique avec...
« le Théâtre-poème ». C’est donc à la fois une revue culturelle et un programme
de spectacle et d’entretiens, fourmillant d’informations et de
renseignements, et couvrant une bonne part de la création poétique belge
et française, ce qui n’est pas rien, et d’où son rayonnement dans
toute la francophonie. On reste sonné par le tirage de plus de 12.000
exemplaires, ce qui fait rêver tous les revuistes de base!
Pour citer une anecdote
personnelle et montrer l’ancienneté de l’enseigne, il me souvient
d’être allé au Théâtre-poème dans les années 75 (j’ai du
mal à être plus précis) pour une exposition autour de la fabrication du
livre et surtout contre l’édition à compte d’auteur avec mes
amis du Crayon Noir. Ce lien restant activé depuis lors au-delà
des années. |
Autour de
Monique Dorsel qui est l’âme par excellence de l’ensemble, à la fois
directrice du Mensuel et responsable de la programmation théâtrale, se greffe
un certain nombre de critiques (et poètes bien entendu) parmi lesquels Gaspard
Hons en premier lieu, mais aussi Alain Hélissen, Jean Chatard, Gérard Paris ou
Jeanpyer Poels… On y rencense aussi bien le dernier livre de Philippe
Jaccottet chez Gallimard qu’un récent Polder. On y trouve enfin pas
mal de photos des intervenants et acteurs théâtraux, la plupart avec des
sourires avenants, ce qu est pour le moins sympathique
Membre :
15 € (Belgique) et 20 (France, à cause de l’envoi postal plus onéreux) :
chèque à l’ordre de Monique Dorsel : 30, rue d'Ecosse – 1060
Bruxelles (Belgique).
www.theatrepoeme.be

mai c'est...
TRACTION-BRABANT n° 23 :
Si je ne me trompe pas, la revue de Patrice Maltaverne va fêter à la prochaine livraison, ses quatre années d'existence. Elle est en effet bimestrielle, et le 24 ème à venir en verra l'anniversaire. La revue Traction-Brabant n'a pas changé de forme depuis sa création, un papier transparent faisant office de couverture. Elle a simplement épaissi avec le temps. Elle garde ses allures de fanzine, avec sa mise en page et ses crobards éparpillés. Elle a petit à petit constitué sa liste d'auteurs qui reviennent régulièrement, un peu comme dans une sorte de feuilleton perpétuel. Ainsi peut-on lire des poètes qu'on ne trouve pas forcément ailleurs mais qui trouvent là gîte et couvert : Béatrice Gaudy, Marc Bonetto, Régis Belloeil, Patrick Joquel, Fadila Baha, Michel Talon, Jean-Marc Thévenin
ou Ludovic Kaspar... Liste établie en comparant deux numéros, sans doute constituerait-on une autre série en en jumelant d'autres. Chaque auteur
jouit au minimum d'une page, ce qui n'est pas toujours le cas dans de
qu'il est convenu d'appeler revues-catalogues. L'abondance et la diversité donnent une image un peu brouillonne de ce qui s'écrit aujourd'hui, d'autant qu'on trouve aussi bien des poèmes limite déstructurés que des reliquats de sonnets rimés qui
résonnent un peu bizarre dans cet équipage. Les pages centrales sont consacrées aux critiques littéraires ou musicales. Patrice Maltaverne, le grand ordonnateur, ouvre et ferme la revue. Ici, initialement, par une sorte de fable moderne sur les jardins, et là ("incipits finissants" oxymorique) par un texte final souvent entre réflexion et science-fiction.
Traction-Brabant est un repère nécessaire pour les auteurs débutants ou déjà confirmés, son retour périodique assure un lien indispensable pour ceux qui souhaitent se situer dans un paysage où ils pourront mutuellement se reconnaître. Ainsi la machine creuse-t-elle inflexiblement son sillon.
5 exemplaires : 10 €.
Patrice Maltaverne : Résidence Le Blason, 3è étage, 4 Place Valladier - 57000 Metz.
www.traction-brabant.blogspot.com

avril c'est...
POÉSIE 1 n° 51
:
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La revue germano-pratine, après un passage à vide,
repart en ayant changé d’éditeur et renouvelé son équipe. Un rappel
dans un entretien entre Bertrand Lefort et Jean Orizet, « l’historique »
de la revue : Poésie 1 a été créée en 69 par les frères
Breton et Jean Orizet. Il s’agissait de mettre la poésie à la portée
de tous avec un petit format et un petit prix (1 comme 1 franc). C’était la publicité
qui finançait la majorité des frais, ce qui avait le don de m’exaspérer
et de me mettre carrément en colère. Ajoutons qu’à l’époque, les
éditions Saint-Germain-des-Prés animées par le même trio, étaient
l’un des tenants les plus impliqués dans l’édition à compte
d’auteur qui fonctionnait à plein régime (avec les éditions Pierre
Jean Oswald, Millas Martin et quelques autres). Dans le genre de réclame
qui me faisait m’étrangler, il y avait ce slogan pour une banque :
« Poète , vous avez une surface commerciale… »
Apoplexie garantie ! Le pari a cependant réussi puisque les chiffres
de vente ont été considérables. Sans doute fallait-il vendre un peu son
âme pour un tel résultat et certes faire lire Rimbaud, Mallarmé ou
Cocteau… La revue par la suite a été éditée par le Cherche-Midi,
puis passe aujourd’hui à Editorial-Poésie-1 où je retrouve comme
rédacteur en chef mon condisciple d’hypokhâgne : Jean-Marc Debenedetti,
lequel m’avait mis le pied à l’étrier, en me présentant aux membres
de la revue de Nanterre Soror, en 1972, dont une scission formera
l’équipe de base et de choc de ma première aventure revuïstique :
Le Crayon noir. Ce petit préalable pour dire que ce n° 51 vaut
pour un nouveau départ de cette revue quarantenaire. |
Format agréable et bonne tenue du volume. Une enquête
basique : « Pourquoi la poésie ? Pourquoi des poètes ? »
Ça peut remettre les pendules à l’heure. Beaucoup de personnalités y répondent
et pas seulement des poètes, mais aussi des scientifiques, philosophes… ou
hommes politiques, ainsi Alain Juppé ou Dominique de Villepin, Jacques Barrot
ou Pierre Mazeaud. C’est au final une question difficile, assez rebattue, mais
la plupart s’en sortent avec honnêteté et sérieux. J’ai sorti du lot :
Julien Derome, Gérard A. Jaeger et Dominique de Villepin, déjà cité. Ensuite
dans une partie florilège, on remonte sur le même sujet le cours du temps à
travers des extraits connus de Boileau à Denis Roche, de Hugo à Senghor, en
passant par Rilke ou Pavese. Suivent « les inédits de Poésie 1 »,
avec quatre nouveaux auteurs, certains même en vers baudelairiens. Viennent
enfin les chroniques avec deux hommages au peintre Philippe Collage d'abord qui
avait participé entre autres à la revue de J-Marc Debenedetti : Ellébore,
et ensuite au poète bulgare, Nikolaï Kantchev, déjà salué dans Décharge,
par Denitza Bantcheva. Enfin les critiques fouillées de recueils par Michel
Baglin et celles linéaires des revues par Jean Orizet.
Pour clore, le magazine de Poésie 1 n’est pas mal
placé pour reprendre le flambeau abandonné, semble-t-il, par Aujourd’hui
Poème. D’une façon plus large, cette renaissance montre bien qu’en
2008 et en plein sarkozysme la poésie n’est pas morte.
Ce n° : 4,50 €. 4 n° : 17 €. 93, rue Damrémont
– 75018 Paris.

mars c'est...
RÉTROVISEUR n° 109 :
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Cette chronique ne serait pas ce qu’elle est sans
que vienne le tour de Rétroviseur. Mes cousins du Ch’Nord !
– c’est tendance, ces jours-ci – avec lesquels nous régatons dans
le revuïsme depuis un bon paquet d’années. Rétro avec ses
joies et ses épreuves, la dernière en date étant la disparition de son
éditorialiste : Bernard Desmaretz, à qui la revue vient de
consacrer un numéro-hommage. La revue va fêter ses vingt-cinq ans
d’existence en octobre 2009. J’y ai tenu rubrique, j’ai même reçu
deux « rétroviseurs d’or » attribués lors du dixième
anniversaire de la revue, - Louis Dubost et le dé bleu un troisième.
Bref, on possède ensemble une vieille histoire commune. Et je n’oublie
pas que c’est Hervé Lesage qui m’a enseigné mes premiers rudiments
d’informatique, alors que cette nouveauté paraissait opaque et compliquée
comme un autre monde totalement hermétique…
Récemment la revue, lors de chicanes de la poste
versant davantage dans la rentabilité et le système, a refusé de se
plier aux contraintes exigées, (assez ridicules en ce qui concerne les
petites publications comme les nôtres), et n’a plus pu se conformer au
rythme de publication que demande la Commission Paritaire, grâce à quoi
on bénéficie de tarifs postaux préférentiels. En clair, Rétro a
changé de périodicité, quittant le trimestriel pour le quadrimestriel.
Tous ces changements ont eu un coût financier, on en revient toujours au
même !, et la revue s’est vu obliger de demander des subventions
au Conseil Général ainsi qu’à la DRAC Nord/Pas-de-Calais, accordées
fort heureusement. Donc Rétroviseur voit les choses plus
sereinement pour l’heure.
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Rétro est maquetté tel un magazine, comme indiqué
dans son sous-titre, avec un format A4 et des rubriques réparties semblablement
à chaque livraison. Un édito, attribué une fois encore à Bernard Desmaretz,
en attendant que quelqu’un d’autre de l’équipe reprenne le poste, conjugué
à un « Grain de sel » d’Hervé Lesage qui demeure infailliblement
la cheville ouvrière de la publication depuis les débuts avec Pierre Vaast.
Ensuite dans une sorte de faux éditorial, on peut lire un autre membre du
« Comité » : Paul Roland, qui serait un peu l’étoile
montante, si l’on parlait d’un parti. Le dossier qui suit, est soit consacré
à un auteur, un éditeur, un mouvement, soit, comme c’est le cas ici,
l’occasion de donner à lire un certain nombre de poètes, une dizaine en
l’occurrence. Parmi lesquels on peut citer Véronique Joyaux, Saïd Mohamed et
Line Szöllösi… Après les souvenirs personnels de Gérard Le Gouic sur
Guillevic et la célébration nationale pour son centenaire,
Marie-Josée Christien rend un nouvel hommage à Jean-François Roger,
comme elle l’avait fait récemment dans Décharge n° 135. « L’étrier »
donne des textes d’un auteur peu connu : Laure Payen-Mulliez et « Voix
d’ici » ceux d’un auteur de la région, à savoir Joël Aubert.
Dimitri Wazemsky est le dessinateur
du n° et semble déjà posséder une certaine réputation, tout à fait justifiée ;
peut-être le dessin de couv’ est-il un des plus quelconques de l’ensemble
proposé ? Après les « Brèves » de Françoise Valencien et
les « Graffiti » d’Hervé Lesage, c’est Jeanne Salesse qui livre
deux belles pages d’écriture sur son enfance, ainsi que des inédits. Yves
Prié, animateur des éditions bretonnes Folle Avoine, étudie la poésie
du Péruvien Jorge Najar. Viennent ensuite les parties critiques avec aux
commandes : Paul Roland, Lucien Wasselin, Georges Cathalo et Jean Chatard.
Enfin Jean-Pierre Nicol ferme la marche avec sa chronique originale et
indispensable sur la chanson…
J’ai essayé de faire court, mais on voit bien que ce magazine fourmille d’infos et de textes et de choses diverses et de centres
d’intérêt multiples, ce qui en fait tout le prix et la raison aussi de le
soutenir.
Un mot pour clore, je ne comprends toujours pas, malgré
tout, le relatif passéisme de l’entreprise qui se refuse à communiquer par
internet. De fait, aucune adresse électronique, aucun site… pour l’instant !
Ainsi, qui je préviens, moi, par mail, de cette revue du mois ?...
2 n° : 22 €. Ce
n° : 7,50 €.
Hervé Lesage : Les Echevins – 58, rue de la Barre
– 59800 Lille.

février c'est...
VERSO 131 :
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Verso fête
ses trente années d'existence, chapeau bas ! Trente ans qu'Alain Wexler
se coltine avec du matériel d'impression qu'il a réussi à optimiser
petit à petit, si bien qu'avec ce numéro anniversaire, cerise sur le gâteau,
on découvre la revue sous une autre présentation... Non, ne n'est pas
dans l'agencement intérieur avec toujours les culs-de-lampe à l'ancienne
ici et là de bonnes photos ; non, ce n'est pas un changement de couleur
du papier de couverture, on garde le brique du meilleur effet ; non, ce
n'est pas non plus dans la présentation du contenu : les textes d'abord,
pas moins d'une bonne trentaine d'auteurs avant les pages de chroniques
bien serrées. Bon, vous me donnez votre langue ? C'est quand même sur
l'aspect, pas la couverture ni la tranche, mais un changement de dos !
Foin d'agrafage à faire péter le cahier apoplectique...... Verso est passée au « dos carré », beaucoup
plus élégant et seyant, on va pouvoir le repérer dans les rayons des bibliothèques.
Une vraie petite révolution pour la publication trentenaire... |
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Alors Verso, c'est chaque fois une bonne trentaine
d'auteurs, une sorte de catalogue Manufrance mais à Lyon. Alors pas facile de
traiter une matière aussi prolixe et souvent hétérogène. D'abord, dire qu'il
y a un savant mélange entre les poèmes, -avec des vers, et les proses se
rapprochant souvent de la nouvelle. On pourrait trouver une thématique récurrente,
non pas du quotidien, le mot fait à présent daté, mais du social instantané.
On écrit sur un fait minuscule, enregistré au cours de la journée, qui
devient déclencheur d'un texte où le micro-événement demeure source, objet
ou chute. Verso bordure toujours ses textes de création d'une rubrique :
Notes sur les auteurs, où chacun aime bien picorer. Ainsi peut-on déjà établir
déjà deux catégories tranchées : ceux qui publient régulièrement (et
parfois exclusivement) dans Verso comme Stéphane Bernard, Michèle Bourgeais,
Carole Dailly, Eric Jouanneau, Madeleine Melquiond, Isabelle Rolin, et ceux qui
habitent Lyon ou alentour, (ce sont parfois les mêmes). Verso, par
ailleurs, réhabilite des poètes comme Antoine Carrot, décédé en 2002, et méconnu,
ou révèle des auteurs jamais édités comme Rebecca Ededliw (lyonnaise). Pour
le reste, on trouve du bon, sans citer de nom pour ne vexer personne, et du
moins bon aussi, on ne cite personne non plus pour ne vexer quiconque de même,
mais à l'envers, ce qui revient un peu au même dans le fond.
En lisières de la partie création, il y a d'abord l'édito, pardon la préface,
signée par le maître des lieux, Alain Wexler, qui chaque fois donne un texte
à résonance : « La poésie est un lieu de critique et de désir... »
à partir de quoi il sous-titre chaque numéro, ce 131 c'est : "L'autre, le désert,
les ports". A chacun de constater si les textes qui suivent sont bien en phase
avec cette thématique. A la fin, on trouve un certain nombre de critiques qui
proposent des notes de lecture, parmi la bonne quinzaine de membres du comité
de rédaction : Valérie Canat de Chizy, Gérard Paris, Anne-Lise Blanchard,
Jean-Paul Gavard-Perret et Alain Wexler lui-même, bien sûr. On termine par la
rubrique de notre ami Christian Degoutte ; j'ai déjà dit plusieurs fois que
c'est sans doute la meilleure revue des revues du paysage poétique actuellement
et ce depuis pas mal de temps. Je n'insiste pas outre mesure, ça finit par lui
donner la grosse tête... Moi, par exemple je n'ai pas l'habitude me vanter et de
dire par exemple que Roger Lahu fait aussi sa revue-du-mois dans Liqueur
44 (publication trimestrielle tout au plus) !
Verso, 30 ans, une sacrée longévité !
20 € : 4 n° Alain Wexler : Le Genetay - 69480 Lucenay.

janvier, c'est...
DANS LA LUNE n° 10 :
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Depuis deux ans et demi, Valérie Rouzeau
dirige la revue : Dans la lune.
Revue pour tous comme Tintin, des enfants trublions aux centenaires
cacochymes… (Il y
a longtemps déjà, elle s’était investie dans cette même expérience
avec Le squelette laboureur). Ce numéro dix, mis à part que
c’est toujours un premier cap à passer, renouvelle l’aventure avec un
format fort différent des livraisons précédentes, plus classique :
le format journal (- tabloïd), peu usité, à l’exception du Mensuel
littéraire et poétique en Belgique, et d’Aujourd’hui poème
en France, et quelques autres... Et, ma foi, cette réforme lui convient à
mon sens. |
Le sommaire mélange les poètes invités et les
permanents. Ainsi peut-on lire, à la fois Nolwenn Euzen, découverte il y a peu
à l’Idée bleue, dans une autre déclinaison de son écriture ou Laurent
Grisel, notre voisin, qui après « Chats » donnera un « Ver
de terre » chez l’éditeur Benoît Jacques, qui, comme par hasard, est
aussi l’illustrateur inspiré et explosif de cette livraison. Laurent Grisel
livre ici en quelque sorte son travail préparatoire à l’élaboration de ce recueil. Recherche quasi scientifique, qui montre bien la part érudite de sa poésie.
Le ver de terre a un aspect sympathique, même attachant. On finirait par
avoir envie d'en apprivoiser un, dans son for intérieur, genre lombric... Côté invités toujours, Sandra Moussempès qui fête la naissance de son fils,
Virgile, ou la poète polonaise Maria Jastrzebska, traduite par Christophe
Lamiot Enos. Chez les permanents : Bernard Bretonnière,
lexicographe-maison, qui recense cette fois toutes les perles entendues à
l’accueil d’une bibliothèque, où l’on reste confondus devant une telle
naïveté aux confins de la bêtise ; ou Jacques Demarcq, qui continue un
feuilleton bien venu.
Si l’on excepte le poème de couverture très noir, voire
douteux, toute la revue additionne malice et vraie poésie, à l’image de son
animatrice.
Le n° : 5 €.
Abonnement : 4 n° : 16 €. Centre de création pour
l’enfance : 8, ruer Kleber – 51430 Tinqueux. www.danslalune.org

décembre, c'est ...
FRICHES n° 97 :
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La revue Friches a choisi
depuis quelque temps une régularité différente et ralentie : trois
numéros par an, à cause des complications postales, comme l’a fait
pour les mêmes raisons Rétro-viseur. La revue, fondée en 1983 en
est à son n° 97, il ne faut pas être fin calculateur pour saisir que
l’an prochain, elle pourra fêter en même temps son centième numéro
et ses 25 ans d’existence, les deux choses en soi n’étant pas de
minces performances.
Friches,
sous-titrée Cahiers de poésie verte, organise tous les deux ans,
un prix, celui des Troubadours ou Trobadors, qui trouve son
aboutissement dans une livraison spéciale de la revue ; elle se présente
enfin toujours de la même manière avec une composition typo à
l’ancienne, impeccable, et une couverture deux couleurs où le vert
imprime une orientation rurale que le titre corrobore si besoin était,
(ou l’inverse). |
Friches fonctionne avec deux étages, un peu comme Contre-allées,
une première partie consacrée à un poète contemporain expérimenté et réputé,
ce qu’on peut appeler compendieusement une pointure. Cette fois c’est Franck
Venaille, introduit et interrogé par Yves Ughes. Je renvoie aussi aux ID récents
de Claude Vercey qui professe son admiration du poète, jusque dans sa difficulté
à en parler. Franck Venaille, né en 36, a traversé événements et courants
importants de toute la période récente : la guerre d’Algérie, l’après
68 avec la revue Chorus, puis sa propre quête poétique… Il sait
placer au centre de tout la poésie, la poésie écriture et la poésie pensée,
omniprésente et radiale. Ce qui donne à ses poèmes et proses une densité inégalée
et une profondeur accrue.
La locomotive de tête entraîne à sa suite tout un train
d’auteurs en deux cahiers d’inédits . On notera pour chacun une courte
note bio-bibliographique, comme le fait également Verso de manière
regroupée en fin de numéro. On peut citer rapidement, il y en a une douzaine :
François Beaupréau, que Décharge a publié pour la première
fois, Louis Dalla Fior, Nicolas Gille ou Christian Garaud qu vient de publier un
premier recueil. Une nouvelle rubrique pour montrer que la revue sait encore se
renouveler, avec « Sur la table inventée » : un poète
donne un inédit de lui-même et choisit un poème d’un auteur qu’il apprécie.
Ainsi Bertrand Degott et Pierre Garrigues font-ils mutuellement assaut de
sonnets.
Enfin la rubrique critique « Défrichés pour vous »,
rejetée en fin de livraison, comme souvent, avec pas mal de participants comme
Gilles Lades, Claude Albarède, Jeanpyer Poëls, Eliane Biedermann ou Jean
Chatard… Alain Lacouchie a repris la critique des revues et donne deux longues
notes.
Friches, dirigée de main d’orfèvre par
Jean-Pierre Thuillat, est à l’évidence un des fleurons du paysage revuïstique
depuis un quart de siècle.
Abonnement : 3 n° : 20 €. Ce
n° : 10 (+ 2 de port) ! Le Gravier de Glandon – 87500 Saint-Yrieix
- www.friches.org

novembre, c'est...
À
L’INDEX n° 16 :
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Cette
revue normande s’est installée dans le paysage poétique et revuistique
depuis quelques années. Après deux récents numéros spéciaux consacrés
à Tahar Falhoun et Werner Lambersy (collection Empreintes), elle
retrouve son allure habituelle, avec un déroulé de textes qui présentent
continûment de l’intérêt. On ne souscrira pas forcément à tous,
mais la barre étant placée haut, ce qui peut apparaître comme plus
ordinaire restera d’un bon niveau. Après un édito plutôt musclé de
l’animateur Jean-Claude Tardif, on lira avec un plaisir non dissimulé
quatre inédits de Pierre Autin-Grenier, qui aime dévoiler ses récits en
revues avant de les rassembler chez les éditeurs les plus prestigieux. |
Un premier ensemble pour les auteurs de proximité
(Normandie) comme Yves Barbier disparu en 2005 qui a dessiné la vignette de
couverture, ou Michel Héroult, à signaler à plusieurs titres, en tant
qu’imprimeur (un sacré boulot !), directeur des éditions du Soleil
Natal, également revuiste de La nouvelle Tour de feu, qui donne de
petites pièces à la suite sur l’escargot, les soleils ou le crapaud de très
bonne facture, ainsi qu’Eric Sénécal, directeur des éditions Clarisse ou
encore Jean Chatard dans un long poème sous le signe de Rimbaud mais d’un
Rimbaud qui aurait traversé la vie et vieillissant se serait chargé d’expérience
et de sagesse, poème à tonalité testamentaire. Hommage est rendu ensuite à
Claude Vaillant décédé en 2004, que je connaissais par la revue Tesson,
avec une lettre et des poèmes empreints d’une forte nature érotique et
sensuelle. Jean-Marc Couvé dans des pages de ses Carnets montre à
nouveau son tempérament très éclectique, capable d’aborder toute sortes de
genre ; ici le journal, avec une analyse pertinente de célèbres
diaristes.
Un second ensemble consacré aux auteurs d’ailleurs :
hexagonaux d’abord tel Robert Momeux, qui forme comme un trio avec Michel Héroult
et Jean Chatard, rappelant leur passé commun au sein de la revue Le Puits de
l’ermite, ou tel Vincent Wahl, ou bien étrangers, ainsi : l’Italienne
Paola Bonetto, l’Espagnol Santiago Ruiz Artéguy (1910-1980), l’Allemand
Otto Ganz, le Congolais Gabiel Okoundji, et Jyrki Kiiskinen, poète finlandais
que donne à découvrir la revue. Pour clore, une partie critique « Montrés
du doigt ».
À l’index est une revue irrégulière de bonne
tenue où il y a dans ses 168 pages bon poids beaucoup d’excellentes choses à
glaner.
2 n° : 17 € à l’ordre de
l’association : « À livre ouvert », 1 rue Pasteur – 76290
Montivilliers. (Ce n° 16 : 15 €)

octobre, c'est...
COMME EN POÉSIE n° 31 :
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Comme en poésie
avec son n° 31 a dépassé les 7 années (et les 28 numéros) qu’avait
duré la précédente revue Le Pilon. Son animateur Jean-Pierre
Lesieur, toujours aussi vert, est reparti pour de nouveaux records. (Il
fut aussi l’un des tenants de la revue Le Puits de l’ermite, à
laquelle appartenait Robert Momeux, récemment fêté dans Décharge…)
On
reproche souvent à cette revue son côté catalogue de poèmes, lavaurisé,
du nom de l’animateur d’une des doyennes du circuit : Traces,
qui a tendance à empiler les textes et multiplier les auteurs. C’est de
toute manière un fonctionnement habituel puisque d’autres procèdent de
la même manière comme Verso, par exemple, laquelle rajoute en
couverture un thème aléatoire pour rendre cohérent le tout. |
Alors commençons à lire les poètes, puisqu’ils ne sont
pas moins de 27 au sommaire. Après l’édito où Jean-Pierre Lesieur précise
qu’il ne publie guère que ceux qui s’intéressent suffisamment à sa revue
pour s’y abonner ou au moins commander un exemplaire, qui lit-on ? Luce
Guilbaud, Catherine Mafaraud-Leray, Danielle Lambert, Jeanpyer Poëls, Fabrice
Marzuolo, Guy Chaty et Alain Kewes. Autant dire que nous sommes en pays de
connaissance. Et que chacun des poètes cités ne déçoit pas. Luce Guilbaud,
avec trois superbes pages, la Mafaraud égale à elle-même, avec son style
incisif, Danielle Lambert dans une Lorraine pathétique, pas très loin d’Alain
Kewes, natif de Metz, qui donne de petits instantanés, après une savoureuse
suite sur l’Eléphant dans la dernière livraison. Enfin Marzuolo qui
est un peu notre chouchou actuellement et Chaty à qui j’ai cédé l’édito
du 135, c’est tout dire…
Pour le reste, à l’exception peut-être d’Anne Blayo,
c’est, comme on le dit en manière d’euphémisme, inégal. Voire quelquefois
pis encore. Mais Jean-Pierre Lesieur sait tenir la baraque, avec ses rubriques
qui redonnent du liant, comme ses cartes légendées ou chacun y va de son
humour, son « pot au feu », ses aphorismes, ses recensions rapides
de livres, ou éclair de revues. Il y a de quoi piocher, cueillir ou butiner
pour demeurer dans le jardinage.
Enfin, Jean-Pierre Lesieur qui vient de passer à la
photocopie couleur pour ses couvertures n’est pas en retard d’une révolution
puisqu’il a tout un arsenal sur le net avec un site et son blog !
Abonnement : 4 n° : 12 €. Le n° : 3
€.
2149 avenue du Tour du Lac – 40150 Hossegor.
Comme.en.poesie.over-blog.com
j.lesieur@wanadoo.fr

septembre, c'est ...
DIÉRÈSE n° 36
:
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J'ai
un sentiment on ne peut plus ambivalent envers cette revue indéniablement
capitale dans le paysage revuïstique actuel.
D'un côté, j'admire le travail remarquable de son
animateur : Daniel Martinez, lequel fabrique des numéros forts de 220
pages environ chaque trimestre, ce qui est une performance herculéenne.
De l'autre, je ne peux m’empêcher de trouver que les couvertures d’un
même artiste depuis 36 numéros, qui
certes confèrent une cohésion à la collection, pourraient ôter
toute crédibilité à l'ensemble, tellement elles me semblent dignes d'un
crayonnage académique et pauvre. Et ce paradoxe chaque fois : un
volume admirable dans un pâle étui. *
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La
revue Diérèse fête ses 9
ans d'existence. Elle se présente du fait de sa masse divisée en plusieurs
parties : un premier cahier de poésie étrangères, européennes d'abord, entre
l'Espagnol Jacinto-Luis Guerena et le Portuguais Marcos Siscar, puis trois
autres cahiers de poésie française pour suivre. (Je n'ai jamais trop su si la
numérotation des cahiers correspondaient à une quelconque hiérarchie).
Successivement : Richard Rognet, Pierre Dhainaut, Gérard Le Gouic, puis Gaspard
Hons, Anne-Lise Blanchard ou Fabrice Marzuolo, enfin un cahier thématique
autour du chat... Un cahier critique ensuite, Diérèse a sa propre équipe
avec Alain Hélissen qui travaille aussi au Journal mensuel littéraire
et poétique ainsi qu’à Poézibao, Gérard Paris qui collabore aux
Hommes sans épaule, Jean-Marc Couvé qui signe également dans Traction-Brabant,
Jacques Lucchesi... entre autres. Avant
une partie "Récits" avec aussi une nouvelle de Michel Perdrial,
et finalement un cahier "Libres propos", où l'on retrouve
Jean-Louis Bernard, lequel signe l'édito
à la place de Daniel Martinez qui s'en occupe ordinairement.
Edito plutôt fumeux et verbeux qui penche du côté du Vide et de
l'Obscur, ce qui pourrait faire craindre que la revue fasse dans l'hermétisme
ou l'ésotérisme, ce qui n'est pas du tout le cas en réalité.
Bizarrement,
cette livraison de la revue ne compte pas d'ours. On a l'accumulation de bons
auteurs, parfois des textes plus inégaux, on pourrait se laisser aller à
penser méchamment que parfois l'abondance nuit à la qualité. Mais Daniel Martinez sait choisir de très bons poètes-locomotives
comme récemment Michel Butor ou encore Michel-François Delisse. De plus, il
abat ce travail de titan sans la moindre aide ni subvention. Mille pages par an,
qui dit mieux ?
J’ai
en écrivant cette note réussi quelque
peu à dénouer mes sentiments confus pour cette revue, à départager forces et
faiblesses à mon sens. Tout bien pesé, elle mérite de toute évidence un coup
de chapeau.
Abonnement
annuel : 4 n° : 35€. (Etranger : 42€). Le n° : 8 €
+ 2,90 € de port. Daniel Martinez - 8 avenue Hoche - 77330 Ozoir la
Ferrière.
* Alain Kewes
m’apprend que le n° 37, tout frais paru, arbore une toute nouvelle maquette
de couverture !

août, c'est...
L’ARBRE À PAROLES n° 136 :
 |
L’Arbre à paroles est une revue belge
que j’estime depuis longtemps et dont j’ai fait écho plusieurs fois.
Je l’avais perdue de vue quelque temps : déménagement… échange
de SP qui ne fonctionne plus… mais c’est reparti . D’abord je
constate que la revue s’est améliorée formellement, avec une maquette
sobre et efficace, ainsi qu’une première de couverture couleur du
meilleur effet. A noter chaque fois le bandeau bas de page : revue
l’Arbre à paroles, certainement pour bien marquer la distinction
avec les éditions éponymes. (La quatrième servant à présent d’éditorial
à Francis Chenot). Ensuite, ils ont toujours eu un numéro d’avance, et
lorsque je prépare de mon côté le 135, ils sortent le 136 !
D’une régularité sans faille, je ne les rattraperai jamais ! |
Cette livraison d’été rend hommage à Jacques Simonomis,
disparu début 2005. Son décès a engendré depuis deux ans et demi beaucoup de
réactions et d’émotions, dont
ce numéro spécial serait aussi l’apogée. C’est Gérard Cléry, que j’ai
connu par Armand Olivennes, qui est le maître d’œuvre de ce dossier.
D’abord une forte présentation où il met en relief les aspects saillants du
poète : ce malaise durant la guerre d’Algérie et l’écriture de ses
premiers poèmes, son travail de fond sur le lexique entre réanimation de mots
obsolètes et assimilation de la langue verte, l’humour si particulier, un
rien déroutant dont il usait dans maints poèmes, enfin l’érotisme discret
qui savait échauffer son écriture. Ensuite un entretien inédit, et achevé
juste avant sa mort, répète en quelque sorte avec la voix vivante de Simonomis
ces mêmes facettes de sa personnalité poétique. L’autre grand pan du
personnage, ce fut évidemment le revuiste.
Pendant dix ans, il anima la revue Le Cri d’os (40
numéros, 1993-2003). Jehan Despert revient sur cette période et cette activité
haute en couleurs, à la fois exaltante et navrante aussi, de par la réaction
de certains auteurs. D’autres intervenants comme André Doms ou Pierre
Schroven, ainsi qu’une « conspiration amicale » achèvent cet
hommage mérité, dans laquelle on retrouve Jean Chatard, Georges Cathalo,
Jean-Paul Giraux, Roland Nadaus ou Jeanine Salesse, à qui j’emprunte ces vers
: L’horizon n’est pour personne / Il meugle loin / sous terre.
Jacques Simonomis était un géant de générosité, une
des choses les moins partagées de nos jours.
Ce
n° : 7,50 €. (25 € pour 4 n°). Maison de la poésie d’Amay. B.P. 12
- 4540 Amay (Belgique)

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Juillet,
c’est...
POÉSIE
PREMIÈRE n°
37 :
|
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Le format en impose,
intermédiaire entre A3 et A4. La première de couverture décline le
sommaire, avec ce sous-titre explicatif et informatif : Poésie
& Littérature. Emmanuel Hiriart, qui a succédé aux commandes au
fondateur Robert Dadillon, essaie dans la mesure du possible de trouver un
titre générique qui permette de coiffer l’ensemble des noms mis en
relief. La diversité des personnalités retenues ne s’y prête pas
toujours. Cette fois, le mot Découvertes a été choisi, un peu
banal et passe-partout, mais, pour le coup, il convient aux cinq auteurs
de la vitrine. Le sommaire plus détaillé s’affiche ensuite, pavé
impeccable au-dessus du quantième. Poésie première sait varier
études et entretiens avec un comité de rédaction constitué d’une
douzaine de personnes, parmi lesquelles nous connaissons particulièrement
Odile Caradec, Ludmilla Podkosova et Guy Chaty...
|
Et tout d’abord,
Alice-Catherine Carls nous introduit à l’œuvre de Michael S. Harper, poète
noir américain, né en 38, dont la poésie réside dans un combat pour le
peuple noir ; poésie militante et revendicative, dont l’écriture
musicalement se rapproche de très près du jazz. Michèle Duclos s’entretient
ensuite avec Anne Mounic, laquelle détient une parole d’une réelle portée,
à travers l’acuité et la pertinence de ses propos. Elle possède une
bibliographie impressionnante, aussi bien dans son œuvre personnelle que dans
ses études critiques et ses traductions. Emmanuel Hiriart de son côté parie
sur la voix pure et cristalline du Syrien Saleh Diab. Jean-Paul Giraux présente
ensuite Danièle Corre, qui vient de décrocher le prix Max Jacob, témoignage
d’une certaine reconnaissance, pour une œuvre écrite dans l’adversité, ce qui lui confère
toute sa force et sa dignité. Enfin Ludmilla Podkosova s’arrête sur le poète
Jean-Paul Mestas ; le moins convaincant pour deux raisons, les poèmes
illustrant chaque auteur sont reportés en ce qui le concerne, et le ton employé
est un rien hautain et condescendant, enfin l’appellation « Découvertes »
ne lui convient guère puisqu’il est connu de longue date, si ce n’est par
sa revue « Jalons ».
Pour le reste, la revue donne
chaque fois une nouvelle, en plus ici des brèves de Françoise Valencien,
et la rubrique Poètes au pluriel qui donne à lire entre autres Michel
Cosem, Mita Vostok ou Jean L’Anselme. En outre, on retrouve aussi les
chroniques de Daniel Leuwers et Laurent Bayart avant les notes de lecture,
concernant entre parenthèses très peu de revues, établies par une
demi-douzaine de signatures. Aucune illustration.
Poésie première paraît
trois fois l'an, elle fait partie des revues de haute tenue et de tout premier
plan dans le paysage poétique actuel. Chaque livraison offre approches riches
de poètes et nombreuses pages de poèmes. Les différentes strates, chroniques,
billets et textes composent un millefeuilles des plus savoureux.
Abonnement : 3 n° (+ un
ouvrage offert des éditions Editinter) : 25 €. Le n° simple :
10 €.
Maison Allegera - Lot. Ibai Ondoa
– 64220 Ispoure.
A peine ce numéro chroniqué, que
le suivant paraît, « spécial femmes », à ce que j’ai pu
entrevoir au Marché de la poésie…

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Juin, c’est…
LES
HOMMES SANS ÉPAULE n° 22 :
|
Une revue peut revêtir
toute sorte d’apparence. Une des formes extrêmes de ses avatars
possibles, c’est quand elle touche aux confins du livre. C’est le cas
avec ce numéro des Hommes sans épaules qui est consacré entièrement
à Jean Breton disparu il y a peu. La moitié du numéro est composée par
le rédacteur en chef Christophe Dauphin d’études de son œuvre.
Celles-ci sont ponctuées de morceaux d’entretien et suivent la
chronologie des recueils, sans négliger l’apport biographique. La
seconde offre une anthologie de ses proses et poèmes. Entre les deux, un
cahier iconographique permet de mieux suivre et connaître le personnage. |
|
Jean Breton, est né en
1930, il fait partie de la génération des poètes qui ont vécu la
guerre d’Algérie, ce qui caractérise la césure avec la génération
suivante. Il n’a jamais voulu être un poète engagé, même si nombre
de ses vers comportent une coloration politique. Il s’est délibérément
inscrit dans un courant nouveau dont il a dessiné les contours :
celui du « poète ordinaire » qui trouve son inspiration dans
son énergie intérieure aimantée par la femme, véritable muse
permanente et moderne qui lui dicte sentiments et sensualité. Son
manifeste « Poésie pour vivre » publié en 64 avec Serge
Brindeau est resté dans les annales pour cette théorie nouvelle de
« l’homme ordinaire », donné en extrait, complètement
en opposition avec les tendances textualistes qui avaient le vent en poupe
à l’époque. De même les textes empreints d’érotisme comme, entre
autres, celui intitulé « Brigitte Bardot », aux
antipodes de ce qu’elle est devenue à tous niveaux. S’il y a un Jean
Breton qui restera, ce sera certainement le poète de l’amour, toujours
à chercher à percer l’énigme au plus près du sexe, sans jamais y
parvenir tout à fait, donc obligé de le refaire.
La revue HSE a dépassé
les cinquante ans d’existence,
sous la direction de Jean Breton, à répartir en trois séries :
fondation à Avignon en 1953 jusqu’en 56, reprise en 91 jusqu’en 94,
et nouveau départ en 97… Entre temps, il y aura eu un
rapprochement avec la revue de Guy Chambelland : Le Pont de l’épée,
créée à Dijon, (le n° précédent des HSE, le 21, célébrait
les dix ans de la disparition de Guy Chambelland) et surtout en 1969 ce
sera le lancement de Poésie 1, revue marquante internationalement,
qui s’imposera jusqu’en 87.
Jean Breton a été, toute
la deuxième partie du siècle dernier, un poète important et une figure
de l’édition poétique. Je l’ai combattu dans les années 70 en tant
que représentant d’un des fleurons du compte d’auteur avec les éditions
Saint-Germain-des-Prés. Ce qui ne m’a pas empêché par la suite de
dire tout le bien que je pensais de son œuvre poétique, ainsi le recueil
« Serment-tison », publié en 90. Il est vrai qu’à le découvrir
à nouveau, on est sensible à cette poésie libertaire qui fait claquer
le drapeau de la révolte au-dessus des conformismes et des renoncements.
Le lire donne envie d’écrire, tant son écriture rafraîchit et
enthousiasme. En tous les cas, cette livraison fait le point exact sur
cette personnalité à la fois humaine et solaire.
17 €. Librairie-Galerie Racine : 23 rue Racine
– 75006 Paris. lgr@wanadoo.fr
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mai,
c'est...
N4728 n° 11 :
 |
Quid du code ? N ne
veut pas dire numéro, les 4 chiffres qui suivent ne sont pas non plus le
rang dans la création des revues de poésie, non… N4728, c’est la
latitude d’Angers : 47°28’ Nord. Ceux qui le savaient déjà ou
s’en doutaient me rétorqueront : évidemment ! OK…
N4728 se décompose en
trois parties : Mémoire vive : qui fait le point
(résumé et textes) de rencontres organisées par l’association
coiffant la revue : « Le Chant des mots ». Avec que des
pointures : François Cheng et la pensée chinoise, Caroline Sagot
Duvauroux dans sa singularité, Bernard Noël et sa poésie de résistance
à la poésie, enfin Amina Saïd entre Tunisie et France. Michel Durigneux
illustre chaque auteur de ses portraits
photographiques, toujours très réussis et fins dans le grain.
|
Ensuite : Plurielles,
avec des textes inédits d’une bonne vingtaine de poètes dont on trouve les
notices bio-bibliographiques rejetées en fin de volume. Il s’agit de la plus
forte partie, la moitié du numéro. On y relève des traductions espagnole,
portugaise, italienne et allemande. On peut citer quelques noms pour éviter le
catalogue : ceux qu’on connaît à Décharge : Jacques Coly,
Christian Garaud, Nicolas Gilles, Isabelle Grosse, Sophie Lucas-Guillot,
Ludmilla Podkosova ou Annelyse Simao, et ceux qu’on remarque ou découvre par
ailleurs : Seyhmus Dagtekin, Fabio Pusterla ou Beryl Schlossman. On notera
une suite d’illustrations d’Anne Slacik.
Enfin : Libres approches
offre des notes critiques uniquement sur des recueils. Aucune revue…
bon !
La peau de l’ours ? Les
soutiens et partenariats sont très nombreux. Au comité de lecture, sous la
direction de Paul Badin, épaulé par Jacky Essirard (ancien de la revue Quimper
est poésie), deux noms se détachent en ce qui nous concerne : Antoine
Emaz et Albane Gellé. N4728 est semestrielle ; avec son n° 11, elle a
passé les cinq ans d’âge et structure le paysage revuïstique de l’Ouest
avec Gare maritime, la revue annuelle de la Maison de la poésie de Nantes.
Angers-Nantes, un beau derby.
2 n°/an : 20 €. C/o Paul Badin : 6, Quai
de Port-Boulet - 49080 Bouchemaine.

avril, c'est...
PROPOS DE CAMPAGNE n° 16 :
 |
La revue de Michel Foissier donne après
« Dialogues autour de la peinture » une autre livraison
dans la même thématique : poésie et arts plastiques, intitulée
cette fois : « Natures mortes ». C’est un
numéro à la fois luxueux et sobre, luxueux parce que très bien conçu
et composé comme d’habitude, parfaitement imprimé qui plus est, et
sobre, parce que tout en noir et blanc. Les tableaux de natures mortes
proposés (Philippe Agostini) jouent précisément sur une gamme infinie
de gris, du franc contraste aux nuances ténues. Les photos (Anne
Bénarouche) ajustent le gros plan pour rendre flou la profondeur de champ
et laisser le regard dans la recherche panique de l’objet inconscient
qui se dérobe. |
Une part importante du numéro (Cécile
Graindorge) est
consacrée à des sortes d’itinéraires de banlieues : avec plans
intégrés, légendes comprises, et poèmes descriptifs, où la
déambulation oculaire décrypte le cheminement bétonné et l’architecture
urbaine. On est dans la matière moderne par
excellence au détriment de la nature, déboisée et disparue, tête chauve aux
implants synthétiques. Lampadaires bulles de savon ; poteaux d’acier ;
plots de béton ; édicules techniques… La frontière
urbaine est depuis longtemps passée outre, cependant là une rivière, une
friche ici ou une vigne vierge qui reconquiert cette façade pavillonnaire, font
de la résistance. La poésie s’immisce dans les lignes de fracture où la
métamorphose n’est pas complète et traque quelques lézardes. La lumière
artificielle n’éclipse-t-elle pas la transparence des étoiles ? Autre
manière d’investir le thème (Stéphanie Ferrat, Joël-Claude Meffre), on
travaille au bord de la mort, cadavre ou tombeau, on devient thanatopracteur du
silence, ou taxidermiste onirique. Enfin, retour aux peintres et aux toiles (Alin
Anseeuw, Jacqueline Persini-Panorias), les tableaux plus classiques, les images
plus traditionnelles, les surfaces où s’exposent fruits, légumes, poissons,
plantes, objets divers, donnent en écho dans l’imaginaire des écrivains des
textes réflexifs, reflets symétriques, réminiscences lexicales. Les tons et
les couleurs retrouvent leur part d’ombre, leur résidu d’encre. La revue Propos
de campagne sait à merveille traverser les espaces qui offrent débat.
18 €. Editions Propos/2 – 04100 Manosque.
www.propos2editions.net

mars, c'est...
SPERED
GOUEZ n° 13 :
La
revue bretonne Spered Gouez fête son quinzième anniversaire et rentre
dans le cercle chic des revues persistantes.
Au sommaire de cette livraison dédiée à Sophie Masson, deux gros
dossiers. Le premier consacré à Slaheddine Haddad. Slaheddine, c’est notre
poète tunisien de référence, à Décharge. On l’a publié en premier
avec son Polder 95, en 1997 (« Les nuits cochères »), - un
rien grillé par notre ami Christian Degoutte quand même, puis en 2003, un
autre Polder (le 115 : « Rituels de chaleur et de ruissellement »).
On aime à la fois sa délicatesse et sa sensualité. L’entretien accordé à
Alain Jegou permet de mieux cerner son écriture, son enfance, son rapport avec
la langue française, son attirance pour le désert ou son amitié pour James
Sacré… Donc riche et intéressant, il est dommage simplement qu’il n’y
ait pas davantage de poèmes à la suite pour ceux qui n’ont jamais goûté le
miel de sa poésie. « … si l’anodin et parfois l’insignifiant
tiennent une place prépondérante dans mon écriture, c’est parce que je sens
que la vie est définitivement faite de toute cela ». Le second, agrémenté
de photos, est consacré à Marie-Josée Christien qui n’est autre que la
responsable de la rédaction avec un entretien conduit par Yann Faou. On
comprend mieux le rapport particulier à la langue bretonne que parlait sa
grand-mère : « Elle était peu à peu devenue comme une étrangère
dans son propre pays, incapable de faire seule des démarches sans
‘traducteur’ » . Ainsi que de la prise de conscience de son
identité bretonne lors de séjours dans la Somme, et les « curiosités
envers nos différences culturelles ». Aucun texte malheureusement. La
partie thématique s’articule autour de Tours et donjons. Il y a comme
le dit M-J. C. en ouverture, un pouvoir de fascination envers les tours,
donjons, beffrois, citadelles et phares. Donc le thème est porteur, puisque
pas moins de 22 poètes y participent. Ensemble un peu inégal, avec de courtes
nouvelles et des poèmes. Quelques noms de participants : Anne-Lise
Blanchard, Jean-Paul Kermarrec, Bernard Le Blavec, Jean-Claude Bailleul ou
Patrice Perron… Une forte partie critique pour clore, mais qui n’est pas
rejetée pour le coup en fin de numéro, tenue par la rédac’chef.
15
€. Ti ar vro, 6, Place des Droits de l’Homme. BP 103 – 29833 Carhaix
Cedex. Encre de Didier Collobert.

février, c'est...
CONTRE-ALLÉES
n° 19-20 :
 |
C’est certainement la
revue avec laquelle nous avons à l’heure actuelle le plus d’atomes
crochus. Les deux principaux animateurs Amandine Marembert et Romain
Fustier viennent de faire l’objet chacun d’un livret Polder
(n° 130 et 131), et ce dernier a même publié dans le dernier Décharge
ce qu’on peut appeler sa plate-forme théorique, enfin il n’est que
de recenser les auteurs de leur livraison, à présent semestrielle,
pour y lire des auteurs communs, soit à travers la petite collection,
soit en publication dans notre revue. L’invité phare, la loco,
c’est Valérie Rouzeau, dont le nom résonne toujours à notre oreille
et preuve supplémentaire s’il en était besoin qu’elle est passée
depuis un bon moment dans la cour des grands. Elle affûte son style de
plus en plus ludique, à savoir basée sur une sorte de jeux de mots
continus, ce qui pourrait paraître stérile si le texte s’arrêtait là
d’ailleurs, auquel cas il n'y aurait pas de raison qu’il s’arrête,
mais ce coulissement cocasse mène bien d’un point A à un point B et
circonscrit l’objet bien identifié du poème et au-delà, en
extrapolation, de l’accomplissement d’une œuvre en devenir.
Suivent trois auteurs inscrits au fronton, dans une hiérarchie mûrement
réfléchie : Christian Degoutte qui dialogue, avec sa précision
et finesse habituelles, à deux graphies, Thierry Le Pennec, qui possède,
en tant qu’agriculteur, la particularité de composer ses poèmes à
travers la fenêtre de son tracteur, et non par celle de son bureau
comme bon nombre de poètes urbains, enfin S.G Lucas (récente Poldère
126) qui apporte, elle aussi, une partition différente
dans la nouvelle poésie |
|
féminine aujourd’hui. Suit une douzaine d’auteurs, par
ordre alphabétique, parmi lesquels les cinq membres de l’équipe de Contre-allées,
dont les trois suivants que je n’ai pas encore cités : Emmanuel
Flory, Marie Laroche et Aurélien Perret. Également Jean-Christophe
Belleveaux (récent Polder 127) qui invente le texte-minute où
l’on consigne tout ce qu’on fait dans la banalité de l’ordinaire
quotidien, entre un présent en devenir et un parfait bien achevé ;
Frédéric Pouchol (récent Polder 128), Christian Garaud ou Anne
Peslier, autre voix à suivre… La partie critique assumée par
l’ensemble de l’équipe (revues et recueils) est complète et
fournie. Seul bémol, peut-être, la photo de couverture, très moyenne.
On peut dessiner un bassin d’écritures qui serait capturées par
diverses publications (revues et éditions) dont Contre-allées, Wigwam,
les Carnets des desserts de lune et Décharge/Polder.
Rien n’est figé en ce domaine, mais indéniablement il existe là de
fait une véritable confluence d’encre.
10
€. 16, rue Mizault – 03100 Montluçon. (Abonnement 2 n°/ an :
20 €.)
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janvier, c'est...
JAM-SESSION
 |
Non,
ce n’est pas le nom d’une revue, mais la réunion de quatre
revues du Nord, qui mise à part cette accointance locale, possèdent
des affinités mutuelles. Ainsi des auteurs d’ici se retrouvent
facilement là. Certains ont chroniqué chez d’autres. Il y aurait même
des liens de parenté entre quelques animateurs ! En bref, on se
rencontre facilement et collabore de même.
D’habitude,
le fait de rendre compte d’une revue n’est pas chose aisée, parce
que par essence la revue est multiple et complexe, donc difficile à
appréhender. Je ne te dis pas quand il s’agit du quadruple…! Guy
Ferdinande, mon vieil aminche de Comme un terrier dans l’igloo,
signe l’édito général où il remet en perspective les revues depuis
1830, - pas moins. Guy a toujours cherché à fondre sa revue dans un
mouvement plus collectif où d’autres interviendraient pour donner
plus d’ampleur à la chose. Deux exemples : nous avons publié en
mai 88 un numéro commun sous couverture rouge pour fêter les 20 ans de
« l’esprit de mai » Le Dépli amoureux, son appellation de l’époque, et Décharge (n° 45). Plus récemment,
il était à la tête d’une initiative plus ambitieuse : Le
roman de la revue, où devait se rassembler un certain nombre de périodiques,
comme Rimbaud revue dont l’animateur, Samuel Bréjar, vient de
disparaître, Parterre verbal ou Quetton l’Artotal….
|
|
Cette entreprise, - c’était en 95, n’a pu être menée à terme,
trop difficile, les lieux étant trop éloignés, par manque de
coordination, et les moyens de communication n’étant pas ceux
d’aujourd’hui. Guy réussit donc à mettre à jour avec ce Jam-Session
un projet ancien.
Le
même rappelle dans son édito particulier les différents avatars du
nom de sa propre revue. Paraîtrait même que certain le charrierait sur
ces changements d’appellation ! Et revient sur son histoire
depuis 1984, c’est-à-dire un bail. Il propose des textes de pas mal
de ses auteurs-phares comme Claude Vercey, Michel Pierre, Annie Wallois,
Christian Degoutte, Michel Valprémy… pour ne prendre que le début de
la liste. Suit la Nouvelle revue moderne de Philippe Lemaire, très
illustrée avec des collages d’icelui. Le thème se situe entre humour
et rêve, et l’on ne s’étonne pas d’y lire Jacques Abeille et Dan
Ferdinande d’un côté et de l’autre Alfonso Jimenez et Jean
L’Anselme. (Petit chiasme vite fait pour les amateurs initiés).
Tertio, L’Échappée belle, c’est celle que je connais le
moins, elle existe depuis dix ans néanmoins, sous la férule, comme on
dit, de Laurence Durey et Nadège Fagoo. Elle propose davantage de pages
par auteur, ce qui permet certainement de pouvoir mieux les apprécier,
ainsi Alain Jegou, Jean-Louis Rambour ou Jean-François Dubois. Et je
pense qu’en comparaison, c’est cet ensemble qui parait le plus réussi.
Enfin Ozila, c’est la quatrième du quatuor, revue afro-française,
dont j’ai rendu compte pour le premier numéro ; le second ayant
disparu pendant l’expédition, je n’ai reçu qu’une enveloppe
vide. C’est donc son n° 3. Mis à part l’angle d’attaque qui est
original, elle publie aussi bien poèmes que nouvelles ou extraits de récit.
Julien Ferdinande coordonne toute cette créativité, jaillie
entre café lillois et radio locale. Ada Bessomo, l’autre cheville
ouvrière, tire son épingle du jeu ainsi que Zerbin Buler, qui serait
bien, si ça se trouve, celui qui signe aussi Fred Vigny, et qui
multiplie les pseudonymes. Clef de l’énigme : relire ma
chronique du début pour découvrir l’identité de ce Pessoa
septentrional.
Au
final, Jam-session, c’est tout à la fois cette intention de
superposer quatre périodiques voisins, dans tous les sens du mot, de
tenir d’un coup 132 pages agglomérées et d’offrir aux lecteurs des
uns ce que font les autres en parallèle. On dira pour clore, en jouant
un peu les pisse-vinaigre, qu’on peut regretter qu’il n’y ait pas
eu davantage de mixité, d’émulsion entre les quatre productions
complices et que le gâteau présente des couches séparées. Belote
muette. Mais il demeure très savoureux et donnera certainement une
bonne idée de ce qui se fait poétiquement dans la région de Lille.
Bon,
allez quatre pour le prix d’une… :
6 €.
Comme
un terrier… :
67, rue de l’église – 59840 Lompret
La
NRM :
68, rue du Moulin d’Ascq – 59493 Villeneuve d’Ascq
L’Échappée
belle :
pas d’adresse mentionnée
Ozila :
19, rue Kolb – 59800 Lille.
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décembre, c'est...
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Ici
é
là n°
5 :
Trois coups.
D’abord le coup de gueule : Comment se
fait-il, alors que cette revue se pique de littérature et de poésie,
que personne ne s’est aperçu qu’il y avait une grossière erreur
dans le titre ? L’orthographe fout le camp et le directeur de
publication écrit texto ? Effaçons l’accent sur le a,
hein ? pendant qu’on y est ! Personne depuis cinq numéros
n’aura rectifié, à croire que la faute est digérée, acceptée,
sans barguigner…
Ensuite le coup de cœur… Il y a une sorte
d’axe, de trajectoire entre Ici é là et Décharge.
Chacun des auteurs à la une, depuis le début, sont des proches, voire
des intimes de Décharge. Je les cite dans l’ordre
d’apparition des livraisons : Yves-Jacques Bouin, Isabelle
Guigou, Albane Gellé, à la une de notre 132 de décembre, Serge
Delaive, tout récent Polder, enfin pour ce n° 5 : Rodica
|
Draghincescu, à la une de notre 128… Autre auteur fêté dans la
partie création de la revue : Jacques Kober ! (La moitié de
notre n° 130 à lui tout seul !). Ce n’est plus un axe, ni une
trajectoire commune, c’est un trait d’union mental, une passerelle
poétique !
Ensuite, la partie de la revue chaque fois la plus étonnante, qui
demande à la fois érudition et travail d’enquête, dont s’occupe
lui-même le responsable de la Maison de la Poésie qui publie la revue :
Jacques Fournier, est consacrée cette fois-ci à la Suisse romande.
Editeurs comme Empreintes ou L’âge d’homme, auteurs comme Vahé
Godel, - excellent texte appelé comme en écho au titre Ici
ailleurs -, Jean-Pierre Vallotton ou Brigitte Gyr, ressortent de ce
dossier très complet et synthétique. Pour mémoire les quatre précédents :
la poésie belge d’expression française, la poésie d’Afrique noire
d’expression française, poètes tunisiens d’expression française
(par notre ami Slaheddine Haddad), et la poésie québécoise
d’expression française. En tous les cas, des mines de renseignements
chaque fois.
La revue se termine brillamment par des articles,
des études et notes de lecture. (Ah oui, quand même, cette note sur la
revue Multiples, qui a dépassé les trente années
d’existence... C’est son n° 68 et non le 9 ! Non
seulement on fait des fautes, mais on ne sait pas compter. - C’est du
propre !)…
Une revue complète, solide, avec une maquette
professionnelle et une qualité à la hauteur.
Respect.
2 numéros par an : septembre et mars. Le n° : 10
€. Les deux : 18 €.
Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines : 10,
Place Pierre Bérégovoy -
78280 Guyancourt.
Enfin un coup de bourre, je suis en retard pour ma revue
du mois, comme d’hab’ ! Je vais me faire gronder par Aka…

novembre, c'est...
"Pyro" n°8
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La revue
Pyro a bouclé sa deuxième année de longs et boyaux services, en ayant
affermi ses orientations de départ : un axe franco-canadien, une
poésie résolument moderne et une ouverture à d’autres formes
artistiques, telles que le dessin ou la photo. Cette livraison précisément
se concentre autour de la danse entre citations de Jean-Marie Pelletier,
tirées de son « Petit traité des mouvements » et les
encres, épures élancées, postures lévites ou prostrées, qui ne
manquent jamais cependant de grâce, signées David Hébert. Le tout lié
par un Jérôme Nicolle très actif avec photos et poèmes, comme le fil
rouge du numéro. Deux auteurs sortent du lot : l’invité Roger
Lahu, tel qu’en lui-même, pétaradant sur son stylo, à se faire un
film, bien calé entre Céline et un certain hussard perché, et Julia
Musté-Marchand, la dirlo, en roadmovie canadien et sensuel. Mention spéciale
pour Lise Lefebvre, Bernard Schürch et Jean-Pierre Daoust, ainsi que
pour les sténopés, photos solarisées, de Didier Osso.
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Pyro,
que j’avais déjà signalée à ses tout débuts sur feu le site d’Editer&Editer
possède le sien propre, à consulter sitôt cette note de lecture achevée
(quand même !) : poésie, littérature, arts alternatifs :
www.legrandincendie.net
J’avais joué sur tous les sens et registres du feu.
Aujourd’hui, rien de tel, si ce n’est pas se renouveler, alors ?
Abonnement :
4 n° : 20 €. 7, rue Louis Braille – 75012 Paris.

octobre,
c’est…
« ARPA »
n° 89
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Arpa,
la revue de Clermont-Ferrand, est trimestrielle. Et à ce rythme, pour atteindre
le numéro canonique de 89, il faut avoir dépassé les vingt ans d’existence.
Décharge est un peu plus âgée, et cependant durant ces deux décennies
où nous avons régaté sur des mers voisines, très peu de passerelles ont été
tendues entre nos deux revues. A vrai dire, je ne sais pas ou plus si j’ai déjà
parlé d’Arpa, et j’ai oublié si Arpa a cité Décharge.
C’est
Chantal Dupuy-Dunier dont j’apprécie depuis longtemps la poésie qui a joué
le petit télégraphiste, elle siège au Conseil de Rédaction avec Gérard
Bocholier qu’on lira prochainement dans Décharge à propos d’un
dossier Robert Momeux, et quelques autres comme Jean-Pierre Farines.
Chaque
livraison tourne autour d’un thème, ou bien deux à trois auteurs. Le thème
de ce 89, c’est « Airs de voyage ». A partir de là, après un
petit hommage rendu à Claude de Burine disparue en 2005 et récemment invitée
dans le n° 86, se succèdent textes et auteurs sur le sujet. On relèvera les
noms de Jean-Pierre Farines, Colette Minois et Michel Sauret qui font partie de
l’équipe rédactionnelle, le dernier étant décédé en 87.
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Les
« poèmes et proses » s’égrènent ; vingt-cinq auteurs
s’affichent au sommaire. Les textes s’articulent souvent autour d’un lieu.
Lieu nommé comme titre ou comme citation finale. Lieu plus intérieur, cérébral
ou métaphysique. On visite à la fois les continents du monde et les hémisphères
du cerveau. Deux poètes étrangers : Lauri Viita, poète finnois mort en
65 et Tiziana Colusso avec de bons textes dont le très réussi et sensuel
« Hammam ». D’autres auteurs sortent du lot comme Gérard Le Gouic
qui rappelle le drame du monastère de Tibéhirine, Colette Minois, Chantal
Couliou, Danielle Terrien ou Jean-Pierre Farines.
Un
partie chronique et lectures achève le numéro avec Pierre Maubé et
Claude Albarède ainsi que Gérard Bocholier qui recense un certain nombre de
recueils, revues et événements et donne ainsi un petit journal de bord
bienvenu.
Abonnement :
4 n° : 35 €. Le n° :
11 €.
44,
rue Morel-Ladeuil - 63000 Clermont-Fd.

septembre,
c’est…
« LIQUEUR
44 » n° 81 :
C’est le n° du
printemps dernier. Avec cette façon de compter à rebours, on ne sait plus à
quel numéro ils en sont ! Ça doit être la trois- ou quatrième
livraison…
On rappelle
qu’au départ sur l’étiquette, il y avait trois appellations d’origine
incontrôlée : les revues Comme ça et autrement de Jean-Christophe
Belleveaux, Gros textes d’Yves Artufel, qui demeure l’imprimeur et la
cheville ouvrière de l’entreprise, et Noniouze de Roger Lahu. Ils ont
réuni leurs cépages pour ce nouveau cru, à consommer sans modération, of
course.
On commence par
le moment fort : le dossier consacré à 5 poètes new-yorkais contre
la guerre. La guerre, c’est aussi bien celle du Viêt-Nam que celles
d’Irak. Les textes d’Angelo Verga sont d’une noirceur et d’une violence
absolues J’ai fait 19 mois outre-mer, ça m’a vieilli de 20 ans.
Chris Brandt profère pour Henry Kissinger un long poème de malédictions
dénonçant ses nombreuses exactions qui devrait lui résonner aux oreilles
jusqu’en enfer Victor Jara continue à chanter / même sans // sa langue.
Veronica Golos revient sur la célèbre photo de la petite fille en panique,
avec explosion au napalm en arrière-plan… Cette poésie de résistance est
radicale et démentirait, si besoin était, l’image un peu facile d’une Amérique
aux ordres et passablement abrutie.
Pour le reste,
une bonne douzaine de poètes sont invités, dans des registres très divers,
avec ceux qu’on connaît bien : Mathias Lair, Christian Bulting, Bruno
Berchoud ou Michel Bourçon, et ceux qu’on découvre quasiment comme
Fabrice Marzuello et Isabelle Grosse. Textes en tout cas où se retrouvent une même
exigence et souci d’une recherche formelle. Les chroniqueurs maison
tels PKD ou Alain Sagault apportent leur grain de sable. Enfin les
trois piliers, sorte de cerbère de la revue en plus sympa, assemblent leurs
critiques sobres ou tonitruantes et autres Nures de lectotes.
A vrai dire,
j’ai un peu du mal à me rendre compte si l’association des trois revuistes,
pour lesquels en tant que poètes je professe admiration et amitié, a réussi
à forger une réelle nouvelle revue, en un mot si l’amalgame a pris. Chacun
du trio possédant un forte personnalité, on perçoit peut-être moins une
ligne unique qu’une triangulation de voix séparées. En tout cas, c’est un
fait : Liqueur 44 a du tonus et de la gueule ; une bonne lampée,
ça ramone.
Une citation du
poète new-yorkais contre la guerre, Angelo Verga,
pour clore :
J’ ai dégueulé
un magma noir que je ne savais pas que j’avais en moi.
Abonnement
simple : 16 € pour 3 n° (prix du n° : 6 €).
c/o Gros
textes : Fontfourane 05380 - Châteauroux les Alpes.
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