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c'est ici.

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Christian Pierdet appartient au « milieu bien informé » du livre, de la littérature, de la poésie. Ce lecteur sourcilleux nous envoie, à la lecture de Décharge 146, la lettre suivante.

 

Le 21- 06 - 2010

 

« Monsieur le Directeur » et cher Jacmo,

 

La lecture du n° 146 de Décharge m'a plusieurs fois interloqué, voire fait sursauter.

 

Je ne connais pas Bernard Mazo, poète dit-il, et reconnu puisque invité par le Ministère de la Culture ; mais je ne connais pas tous les poètes.

 

En effet, la Direction du Livre et de la Lecture (DDL), comme plusieurs autres directions du ministère, a été supprimée. Je le regrette moi-même, m'inquiétant du devenir du livre et de la lecture au sein d'un nouvel ensemble un peu fourre-tout.

 

Mais Monsieur Mazo se trompe vis-à-vis du C.N.L (Centre National du Livre) qui, lui, n'a jamais été supprimé. Et s'il a beaucoup aidé l'édition poétique, cet organisme n'a pas été créé, comme il l'écrit, pour cela uniquement ; il y a quand même d'autres formes littéraires intéressantes que la poésie.

 

De plus, il enfonce des portes ouvertes, comme on dit. Oui, la poésie ne vit guère que grâce à des « petits » éditeurs. Ma bibliothèque est bien garnie de ces recueils, difficiles à trouver d'ailleurs, car éditeurs et libraires se renvoyant la balle, ne font guère d'efforts pour la diffuser.

 

Je ne saisis pas non plus la distinction qu'il faudrait faire entre poètes et écrivains : les premiers font pour moi partie des seconds.

 

Je n'aime guère d'autre part BHL, ni Sollers, ni d' Ormeson ; mais que viennent-ils faire ici ? Seraient-ils des poètes officiels soutenus par le Ministère de la Culture ? Et celui-ci, qui pérorait à la télévision et dans les magazines, y représentant stars et autres pipeules, comme on dit « en bon français » n'est-il pas en fait le représentant de ces « grands communicants » dénoncés par Mazo ?

 

Et pas de cocorico : il y a d'autres écrivains, donc de poètes et pas seulement français, qui ont reçu le prix Nobel.

 

Bien à vous

 

                        Christian Pierdet

 

P.S 1 : Pas d'accord avec Claude Vercey à propos de Saorge : n'importe qui peut trouver un lieu pas trop cher et y écrire tranquillement. Mais ce n'est pas ce qu'on appelle « une résidence d'écrivains », dont le principe est justement quelques contraintes en échange d'un hébergement gratuit.

 

P.S 2 : Y aurait-il de la publicité mensongère chez les poètes ou J.F Seron s'avance-t-il trop loin ? On annonce à Bazoches la présence du Mâche-Laurier et de Neige d'août. Ces deux revues n'existent plus (malheureusement). F. Boddaert me l'a confirmé pour la première et pense comme moi pour la deuxième.

 

 

Suite à la "revue-du-mois" sur POD, Roger Lahu écrit ce mail le 16/06/2010 :

 

Salut Jacmo(t) (j’ai remarqué ce petit « t » dans ton nom mailique)

Merci d’avoir jugé bon de mentionner l’existence provisoire du POD  , et quel « honneur » ( ???!!!!) d’être le « premier » webpoezine »  à être chroniqué par Décharge .

J’aime bidouiller des « trucs » pour me divertir (au sens pascalien) de l’Ennui quotidien (necessaire mais pas … suffisant) . Avant c’était sur papier avec ciseaux , colle etc , maintenant c’est via Nenet  sans « vrais » ciseaux et avec de la fausse colle , mais ça « revient au même » .  Mais dans les deux cas je ne cherche rien d’autre que de petits moments de « satisfaction » plaisante à fabriquer des machins improvisés selon l’humeur . J’ai sorti à flux tendu les 9 premiers « numéros » du POD , mais le 10 traine de la patte (la fatigue des fins d’années sKKKolaire y est pour beaucoup mais pas que )

Mais je ne me leurre pas : ce genre de zines (ou revues dans certains cas) sur Net ne remplace pas , absolument pas , les zines & revues papier , du moins pour les lecteurs des dits zines&revues papier .

Ca ne se lit pas du tout de la même façon .  Impossible de lire un texte long sur ce genre de support , il faut necessairement du bref  (avis  perso de lecteur ) : ça force donc le « rédacteur » à ne choisir que des textes relativement courts (limitation très très contraignante et  nocive) . Il faut aussi capter l’œil du lecteur- regardeur (puisque c’est sur « écran » : même  medium qu’une video , film etc) : donc on y met de la zymage (et comme c’est gratos on n’hésite pas)  et du son (liens etc) .

Ceci  (et bien d’autres choses ) pour te dire que je vois très bien où ce genre de « revues » « zines » etc   électroniques vont  nous mener : à une évidente paresse de lecture .

le vieux Mac Luhan l’a dit : « le medium c’est le message » , passer d’un médium « papier » à un médium « nenetique » change complètement la donne (et le « message » ) : pas sûr  (mais alors vraiment pas) qu’on gagne vraiment au change !

Restent  cependant quelques aspects positifs et satisfaisants : gratuité totale , rapidité , légèreté , possibilité pour qui s’en donnerait la peine d’atteindre assez facilement un « lectorat-cliquetorat » (sans me donner cette peine là j’ai constaté que les 3 derniers numéros du POD ont été « lus-regardés-cliqués » par 400 quidams) (la webrevue « Chos’e » a vite atteint les 1000 lecteurs-cliqueurs )

Alors ? Qu’en conclure ? J’en sais rien , et à vrai dire ça ne m’importe pas de conclure . Wait and see (et entre temps passons peut être à autre chose)

 

Bise barbue

 

Roger

Le 18 mai, poème de Francis Krembel, à l'annonce d'un hommage à Serge Wellens à paraître dans le Décharge n° 146 : Notes pour un poèmedédié à l'ami Serge WellensMougin attend à Rogne,il ronge son freinet sa colère est intactedans une résidence closepour personnes d'âge ultime.Tu nous as fait faux bondet je sais que tu as sûrementapprivoisé la mortque tu attendaisde poème en poème.Maintenant que ta silhouetteet ta casquette s'estompentque tes anecdoteset tes traits d'humouront disparu,nous restent tes poèmes finement ciselés,où les arbres sont des hommesà peu près convenableset tellement humains.Tu cloues le becaux faux prophètesen les changeanten arbre mort.Tu apprivoises les insecteset les sales bêtes,les transformes en résidents.Il n'est pas impossiblequ'à fréquenter ton œuvrenos temps se mettent à concorder,que l'eau se changeen vin de l'amitiéque simplement nos solitudessoient un peu moins des hérésies.Francis Krembel

de :roger lahu (le 17 mars 2010)
sujet :coma avancé (à propos de "la revue-du-mois" de mars)


la poésie semble déjà en état de coma avancé… dixit Jacmo

coma étylyrique ?
coma c’est déjà ton name man ? dans what langue tu speakes ?
coma ça vas-tu toi ça va coma tu veux ou pas coma teux vu ?
coma aller à la pouhésie ? – la première porte à droite (et please de laisser les lieux poétiques dans l’état où vous l’avez trouvé en entrant)
coma tu dis ? coma qu’elle est la pouhésie ?  bien balancée ?  ah ! tu me rassures
printemps des poètes : la pouhésie de ces dames est avancée ?

roger lahu

Guénane est au sommaire de Décharge 145. Mais le message qu'elle nous envoie à réception, ce samedi 13 Mars, est bousculé par une actualité autrement dramatique :   Cher Palefrenier du rêve, depuis mardi une lame ouvre trop de pages. Rougerie l'Insoumis s'est effondré dans une librairie appelé l' Imaginaire, juste avant de faire escale chez moi;  et je le pré-sentais. Il est mort hier dans la Ville secrète, titre du (treizième) recueil dont je venais de corriger les épreuves. A midi nous l'avons laissé sous la cire rouge des scellés; en rentrant j'ai trouvé votre revue. Merci pour cette présentation insolente; vous m'avez requinqué les aplombs. Je vous souris. Guénane

Jean-Pierre Nedelec ( T'occupe pas de la marque - polder n° 138) se dit atteint de « déchargite aiguë ». Il réagit ici au Salut à l'éditeur, adressé à Louis Dubost dans Décharge 144. La lettre (mail du 13 -01- 2010) est adressée à Claude Vercey : [...]
   A propos du Salut à l'éditeur », je me disais qu'on aurait pu saluer davantage le poète, montrer combien celui-ci s'est tu pour laisser la place au serviteur des textes... des autres; ne serait-ce qu'en proposant quelques extraits d'une œuvre suspendue: "La vie voilà" et surtout "L'île d'Elle", pour moi l'un des plus beaux poèmes d'amour de la fin XXIème, qui en fut si avare, et si étonnamment inscrit dans la tradition de l'ode à la nature, et une éclatante modernité.
   "Petits" éditeurs, et animateurs de revue n'y venez la plupart du temps que par l'écriture, et c'est chaque fois elle qui trinque, un peu, beaucoup, etc...
   L'arrêt du Dé bleu-l'Idée bleue doit aussi être vécu douloureusement par les auteurs les plus authentiques, qui y ont trouvé place; pas une année sans une quasi-révélation, et, par choix délibéré, je m'en tiens à ces écritures de femmes si bouleversantes où LD nous a permis d'entrer: Gellé, Pinçon, Euzen, Lucas, etc... pour ne pas m'en tenir qu'à Rouzeau, puisque une évidence.
   Et que dire du pauvre lecteur ? Il a , la plupart du temps batifolé ailleurs, mais le demeurait un incontournable amer.
   Et voici que Jacques Josse annonce aussi qu'il dépose son sac éditorial; zut !  
Je sais, je sais, le choix demeure vaste, mais même en lecture poétique, on peut vadrouiller aussi dans une sorte de jungle.
   A me relire, je me demande si je ne suis pas gagné par l'esprit d'escalier (tiens donc !).
   Très cordialement         Jean Pierre Nedelec

La réponse de Décharge (Claude Vercey) : L'arrêt des activités du Dé Bleu, auquel je suis sensible à double titre, en tant qu'auteur et lecteur, nous a mis - en tant qu'animateurs de revue cette fois - en situation délicate, tout à fait inhabituelle  ; certes il s'agissait de rendre hommage à l'éditeur, mais aussi ne pas déraper et sombrer dans la chronique nécrologique. Louis Dubost n'est pas mort, malgré les ambigüités de son dernier bouquin (J'espère que vous avez apprécié l'I.D que j'ai consacré à : On a mis Papy dans le coffre de la voiture – I.D n° 226). Et s'il paraît justifié de saluer un jour le poète, je pense que l'occasion vraiment n'était pas la bonne. Cela aurait même été un contre-sens puisqu'à éditeur perdu, poète retrouvé, - si je comprends bien la démarche de Louis. Et je pense que les admirateurs de "La Vie voilà" et de "l'Ile d'Elle" devraient tout au contraire se réjouir de sa décision. il nous faut désormais faire preuve de patience, attendre le retour effectif du poète. Et notre fidélité à Louis Dubost se poursuivra sous une autre forme : dès le prochain numéro, nous l'accueillerons comme naguère dans Décharge en tant que chroniqueur.

Mail de Yann Mirallès le 20 XII 09 (à Claude Vercey) : Bonsoir,

Juste un petit mot, pas pour cirer les bottes, mais pour dire (et quand on apprécie, autant le dire) que je trouve votre "rumination" du n°224 très intéressante.

J'avais entendu parler de la sortie des Riverains du feu, voici quelques mois - mais je ne l'ai pas lu. Cela ne m'empêche pas d'apprécier ce que vous en dites, et surtout les problèmes que vous soulevez à partir de cette anthologie.  

 J'aime bien d'abord l'aspect pondéré et réfléchi de votre article - alors qu'il aurait été facile, sur le sujet, de verser dans la polémique (qui, comme le dit Meschonnic, est une manière de vouloir faire taire "l'adversaire"). Tout au contraire, le "Bal des outsiders" pointe les forces et les faiblesses de l'ouvrage. Mais surtout, il porte un regard critique (c'est-à-dire, qui cherche à interroger les tenants et les aboutissants des "forces en présence") sur l'histoire littéraire de ces dernières décennies, sur certaines oeuvres actuelles et sur ce grand mot de lyrisme (j'aime bien ce que vous dites de l'émotion et de l'humour) ; et c'est dans doute ce qu'on attend d'une revue de poésie - qu'elle nous éclaire sur les enjeux de "la vie littéraire" et nous aide aussi à trier parmi la production actuelle, en disant aussi "d'où elle parle", cette critique...Merci donc - et bonne continuation à Décharge sous ses nouvelles couleurs.

 Cordialement,

Yann 

Lettre de Jean L'ANSELME (suite au n° 144°) : Le 12 Décembre 2009.Cher Jacques,Mon pauvre Jacques, j'avais envoyé mon "Chat perçant" comme une carte postale de vacances et je ne pouvais supposer qu'on en ferait usage. Je ne sais comment tourner mes mots pour te remercier d'avoir pensé à fêter mon anniversaire. J'y vois, outre l'amitié, une touche d'affection et j'y suis très sensible. Je t'avouerai que boucler mon avant dernière dizaine me fait tout drôle. Comment ne pas penser au prisonnier qui coche les jours de son calendrier en attendant "la belle" ? Mon copain Gaucheron vient de la décrocher, "la belle". Il n'a pas eu le temps de m'en prévenir, c'est sa femme qui me l'a téléphoné. Merci encore, se voir fêter dans "Décharge", c'est un peu comme si on entrait au Panthéon. Mais, rassure-toi, je viens de lire Céline qui écrit : "Invoquer sa postérité, c'est faire un discours aux asticots". Et depuis toujours je le sais.Ton fidèle nonagénaire,Jean Mail de Véronique Sourisseau du 16/12/09 :
Alors je voulais juste dire que ça fait un an que je reçois Décharge dans ma boîte aux lettres et que je suis bien contente. Et alors je voulais remercier monsieur Jacques Morin de même que toute son équipe parce que je trouve qu’ils font du bien bon travail (déjà que je trouve ça dingue de faire une revue, en plus en faire une bonne…). Et alors j’en profite aussi pour dire à monsieur Mathias Lair que je kiffe sa dernière ponte de « Il y a poésie ». Et alors je crois bien que je vais me réabonner.
V. Sourisseau

Suite à la page d'accueil de Jacmo du lundi 23 XI 09 : 23 novembre, 16h30.J'ai écrit les adresses sur les enveloppes. J'ai inséré les deux polders* dans les enveloppes. J'ai ajouté un bout de scotch au dos pour que ça tienne mieux. J'ai collé les 4 timbres exigés par le poids qui dépasse juste la barre des 100 grammes. Le rouge était auto-collant, pas les trois autres (un orange, un bleu foncé, un jaune). Inutile de faire des tests ADN, c'est moi. J'ai tout emmené au bureau de poste. C'est parti mon kiki. Fabrice Marzuolo a enovoyé le mail suivant :A Monsieur Jacques Morin qui cumule les emplois (illustrant du coup le travailler plus pour gagner moins, ce qui fait tout de même de lui un bon exemple):

Il écrit des adresses sur les enveloppes
Il insère les Polders (qu'il écrit lui-même, autrement ils ne seraient pas aussi bons)
Il scotche ( il boit?)
Il colle (en plus il en respire?)
Il enlève un collant rouge à quelqu'une (il ne dit pas laquelle)
Il s'occupe des trois autres sans leur enlever les collants (cependant, il note les couleurs)
Il les renvoie ensuite par la poste!

D'autre part, je rappelle que les tests ADN sont obligatoires à chaque Polder – selon l'alinéa 32 de l'article 5 sur la mobilité des œuvres poétiques dans la fonction publique; alors pas de kiki qui tienne sans la goutte dans le bocal.Suite à ce mail, François Teyssandier écrit le 27 XI 09 :Contrairement à ce qu'écrit Fabrice Marzuolo, je pense que Jacques Morin n'écrit pas tous les Polders en cachette, à la clarté d'une lampe à huile, par de sombres nuits d'orage, dans une tanière inconnue de tous. Il y a certainement quelques auteurs qui ont assez de persévérance (ou d'inconscience?) pour écrire eux-mêmes leurs textes, au péril de leur santé physique et mentale, parce qu'ils croient encore (laissons-les rêver, merci de ne pas les réveiller en sursaut!)que les mots ont un sens (unique ou interdit, c'est à chacun de se déterminer en fonction de la conjoncture intellectuelle et artistique du moment). C'est donc par pure jalousie, me semble-t-il, que Fabrice Marzuolo, (poète lui-même par ailleurs et ici bas), accuse sans la moindre preuve tangible Jacques Morin, également poète à ses heures non perdues, de louches pratiques littéraires qui seraient, si elles venaient à être dûment prouvées, tout à fait répréhensibles et, de ce fait, parfaitement condamnables, ne serait-ce que pour l'exemple que tout écrivain intègre se doit de donner à notre belle jeunesse. On attend donc des preuves incontestables(ou un démenti énergique et cinglant de l'accusé) dans les plus brefs délais, pour faire toute la lumière sur cette ténébreuse affaire et pour que la Poésie (mais oui avec une Majuscule, s'il vous plaît!)sorte de cet imbroglio plus pure et virginale que jamais...Cette polémique est donc à suivre, ne manquez surtout pas le prochain épisode sur le site de Décharge, la seule revue qui dise sans fard la vérité, rien que la vérité, (c'est inclus dans l'abonnement!) D'avance merci pour votre future attention. Et toute ma cordiale amitié à Jacques Morin qui ne mérite pas tant d'ingratitude pour le travail qu'il accomplit...

François Teyssandier (qui n'a écrit ni publié le moindre Polder, même sous un nom d'emprunt).
Suite à quoi, mail de Fabrice le 2 XII : (feuilleton ?) : Monsieur Jacques Morin n'est pas innocent…Avec ses Polders, il assèche la tourbière économique…Pas question donc de l'en décharger.
Il œuvre pour une poésie qui ralentit la croissance économique –peut-être même est-il à l'origine de la crise virtuelle qui secoue les bourses mondiales…Tous les lecteurs que rassemble monsieur Jacques Morin –et les courbes du ministère de l'intérieur de ce point de vue sont formelles, réfléchissent plus que le citoyen ordinaire (lecteur lambda des prix Goncourt par exemple). Or, un lecteur qui réfléchit, c'est trop souvent un consommateur de perdu, et jamais dix de retrouvés! Il y a comme un flottement noir autour de Monsieur Jacques Morin et ce qu'il porte fièrement à la boutonnière n'a rien d'un pin's de la légion d'honneur…
Bien entendu, Monsieur Jacques Morin est un coupable honorable puisque dans l'arsenal juridique les politicards ressortent tous blanchis...Vive le noir! Vive Jacmo!

Un mail de François Teyssandier le 2 XI 09, suite à la lettre de Bruno Doucey en "tête de gondole" :L'éviction brutale de Bruno Doucey des éditions Seghers est une bien mauvaise nouvelle (encore une!) pour la poésie.Et pour bon nombre de poètes contemporains, même si le fonds demeure, espérons-le. On a vraiment l'impression que la poésie devient au fil des jours une peau de chagrin qui rapetisse à vue d'oeil. Qui est responsable de cet état de délitement progressif et sournois? La crise économique a bon dos, mais elle n'explique pas tout! Bruno Doucey, par ailleurs poète lui-même, avait redonné aux éditions Seghers un éclat nouveau et un nouvel élan. Tout s'arrête brutalement, sans qu'on sache trop pourquoi. Mais Bruno Doucey ne baisse pas les bras, semble-t-il. Il est prêt à rebondir et souhaite continuer à diffuser la poésie sous d'autres formes. Nous ne pouvons tous que l'encourager en l'accompagnant moralement tout au long de ce chemin, parfois abrupt et risqué, qui mène toujours et partout à la poésie.
Souhaitons-lui donc bon vent!
François Teyssandier

le 24 X 09, un mail d'Yves Tenret pour un rectificatif sur la revue-du-mois de Jacmo sur Langue Vive (Octobre)merci de me citer mais je ne suis pas suisse mais belge, 100% belge, bruxellois ! et je sors un livre cette semaine aux éditions de la différence qui a pour titre : "Portrait de l'artiste en révolté". livre vraiment tout-à-fait et exceptionnellement belge !!!!!!!!!!!!!!!

le 12 X 09, mail de Geneviève Vidal :                 à l'attention de Jacques Morin    Alain Kewes    Claude Vercey      Amis de la poésie,                         vous dire combien je suis contente de voir mon texte     VI   Ce BLEU  je veux en parler        figurer dans le récent Décharge                          au contenu si riche , - l'entretien avec Guy Goffette m'intéresse particulièrement-.      Ayant été longtemps co-rédactrice des Cahiers de Poésie-Rencontres, je sais ce que représente la travail d'une revue,                          aussi je vous félicite pour la conduite de la vôtre. Amicalement,        Geneviève Vidal Le 8 X 09, Jean-Pierre Siméon écrit à Claude Vercey au sujet des Ruminations :  les Hussards de la poésie ( in Décharge 143) et qui rendaient compte du livre : Aux passeurs de poèmes »  (co-éditions Printemps des poètes/CNDP) Cher Claude,
J'ai lu ton article dans Décharge sur Passeurs de poèmes, ça ne t'étonnera pas je suis d'accord avec ce que tu dis, ce n'est pas un paradoxe puisque tu sais que j'agis depuis le début dans la  pleine conscience des limites, des contradictions et  des dérives pour une part inévitables de notre entreprise : il n'y a d'action qu'impure! Mais tant que je penserai qu'il y a plus de bénéfices pour la poésie que d'effets néfastes...La poésie n'a nul besoin du Printemps des poètes pour exister (et aussi du reste pour se débattre avec ses propres malentendus) mais je suis convaincu que le pdp a amené des gens à la poésie, contemporaine notamment. Bref, sois assuré de mon amitié fidèle et de la considération que j'ai pour ton sens critique toujours fondé sur
l'argument pesé, ce qui est rare."Le pessimisme de l'intelligence ne doit pas désarmer l'optimisme du cœur et de la volonté"(Gramsci)
amitiés
jp

de François TEYSSANDIER le 7 X 09
sujet : Maison de la Poésie de Haute-Normandie.(Tête de gondole)  

Triste, très triste que la Maison de la Poésie de Haute-Normandie ferme ses portes.C'est un peu de la poésie qui meurt, sans que ça n'émeuve trop personne (en dehors des poètes, des lecteurs et des bénévoles qui oeuvrent le plus souvent dans l'ombre avec une foi à toute épreuve), en tout cas pas ceux qui détiennent les cordons d'une bourse quelconque..."A quoi sert la poésie?" demandent certains, un sourire ironique aux lèvres.
Et d'autres de répondre, sûrs de leur jugement à l'emporte-pièce: "A
rien, mes pauvres amis!". "Mais c'est pour ça qu'elle est indispensable!" ai-je envie de leur répondre.
François Teyssandier

le 2 septembre, mail de Guy Ferdinande suite à la "revue-du-mois" de septembre consacrée à sa revue L'igloo dans la dune ! :

Cher Jacmo,
   
    Je te remercie vivement pour ta chronique. Si je n’avais pas tant de plaisir à réaliser chaque numéro, c’est vrai qu’il y a belle lurette que j’aurais arrêté. Je dirais de moi qu’au fil de ma pratique je suis devenu un épicurien : j’aime faire des choses, j’aime prendre mon temps pour les faire et j’aime bien aussi faire autre chose.
 
    Sur les raisons qui auraient pu me pousser à tout arrêter (audience quasi nulle, « fin » de mon rêve poétique de jeune homme, fin qui n’est pas exactement une fin puisque dans les faits il se passe des choses qui m’impliquent encore un peu, c’est plutôt en moi que quelque chose de romanesque s’est éventé, comme on dit d’un vin, etc.), je crois que je les évoque dans le prochain numéro de Rétro-Viseur.
 
    Mais comme j’aime faire les choses, par exemple ces DVD auxquels j’ai commencé à m’atteler (au fait, qu’as-tu pensé du dernier avec Jean-Louis Rambour ?) ou dessiner, je ne peux pas être amer : si mon existence poétique est une existence infinitésimale comme d’autres sont plus éclatantes, c’est qu’il faut de tout pour faire un monde. 
 
    De tout façon, tout étant arbitraire, aléatoire, relatif... Que les stimulations aillent se faire voir, on a appris à se passer d’elles !
 
    Autrement, si je dois convoiter un chiffre rond, ce n’est pas le n° 100 mais le n° 200 : 94 numéros de la première série, 95 de la seconde, ça fait onze numéros restant  à pourvoir. Au rythme de croisière actuel, ça me laisse encore quelques belles années devant moi(on a beau être un peu fou, je n’irai quand même pas jusqu’à te dire que j’envisage le n° 300).
 
    Comme tu peux le voir, oui, je suis en forme. J’espère qu’il en est de même pour toi — et je te salue amiteusement.
 
Guy
http://www.panoramio.com/user/1111306
 
P.S. : Je ne suis pas sûr que le mot paradoxal caractérise le bombardement du Havre par les Alliés. De la Normandie (Caen, Le Havre) au Nord (Dunkerque, Valenciennes), en passant par la Somme (Amiens) et le Pas-de-Calais (Arras), combien de villes méconnaissables ? Par exemple tout le monde savait à la hauteur des bombardiers dans le ciel si ceux-ci étaient américains ou anglais. Les Américains procédaient par tapis de bombes à très haute altitude (c’est en substance ce que dit Antonin Artaud dans son texte radiophonique).

e 7 juillet :Réaction au dossier « Trois poètes bulgares et leur traductrice » in Décharge 142 :Profitant de l'I.D n° 198 « Polonais au marché » et d'un rapprochement avec la poésie polonaise proposée, Alain Simon jugeait en commentaire que « notre dossier ne rendait pas le lyrisme exact » de la poésie bulgare. http://www.dechargelarevue.com/id/index.php?commentaires=233Il a poursuivi et étoffé sa critique sur son propre site : http://alainsimon.net/dotclear/index.php?2009/07/06/1099-poeme-bulgare, où il propose la traduction d'un poème de Boris Christov. Un début de débat dans Décharge, à propos de la poésie bulgare, qui l'eût dit ?

Le 10 juin, lettre de Françoise Valencien à Claude Vercey:A propos des Polders Christian Garaud (n° 141) et Anas Alaili (n° 142) :   Ami, Je viens de re-relire les Polders 141 et 142 : quelle joie de retrouver simplicité du coeur et clarté des mots ! (Garaud me fait penser à la linéarité subtile du cher G.L Godeau...) Un grand merci   Françoise Valencien

Le 2 avril, David Rondin réagissait par mail à la prise de position de Mathias Lair :épatant le coup de sang de Mathias, suis complètement d'accord avec lui -seulement, la réalité éditoriale qu'il décrit ne me consterne pas plus que ça. Je ne pense pas que l'isolement des poètes ou des peintres qui connaissent pareille situation, joue en défaveur de quiconque. Simplement, il s'écrit et se peint là quelque chose qui ne pourrait s'écrire ni se peindre ailleurs. Exceptionnellement, certaines de ces oeuvres de la solitude -je ne vois pas quel autre qualificatif employer pour en parler- trouvent un strapontin dans les interstices du MDA ou au Seuil, comme la Caisse claire d'Antoine Emaz récemment. Cela ne change probablement pas grand chose à la vie de leur auteur, peut-être faudrait-il le lui demander ? Faudrait-il que le MDA inclue un supplément "littérature lilliputienne" ? Combien de livres de Beckett se vendent-ils par an dans le monde entier, 2000 tout au plus ?Pour ma part, je serais beaucoup plus malheureux si je voulais faire du cinéma !

Le 22 mars 09, Réaction de Mathias LAIR à la revue-du-mois de Mars consacrée au "Matricule des Anges" et au mail consécutif de Thierry Guichard : Critique de la critique de la critique… On a encensé, dans la microédition, le n° du Matricule des Anges (le 100) consacré à la critique littéraire. C’est une manie, dans notre milieu, que la pratique du va et vient de l’encensoir – quelque chose comme la tactique du je-te-tiens-tu-me-tiens des Dupond et Dupont d’Objectif lune, album de ma jeunesse (naïveté de croire que le jeu des alliances entre pairs suffira à créer du poids plutôt que du dérisoire miroir…) Pourtant, que peuvent attendre de ce magazine les éditeurs micro ? Une mention dans la rubrique « Livres reçus » ? La belle jambe ! Au-delà de la déclaration de valeur de la page 03 (à l’envers ?) : la défense « fondamentale » (mazette !) de la littérature rare, le premier grand souvenir de Thierry Guichard à propos du n°1 sonne comme un programme : la reconnaissance de Josyane Savigneau dans Le Monde… D’entrée la messe était dite ! On ne s’étonnera donc pas de trouver dans ce même numéro un dossier consacré à un auteur qui collabora au MdA et qui a désormais franchi Le Seuil, ainsi que quelques inénarrables pour saluer la poésie  (je cite – dans les pages à l’endroit ?) : « Assourdie, elliptique, manifestement sortie pantelante d’une lutte sans merci contre les conjurations du silence… » ; et plus loin : « c’est une voix de la compassion tourmentée, calme et sombre, inutilement vouée à articuler la part du mal… » ; le tout chapôté d’un « Concret est l’indicible »… j’arrête là, exténué par tant de bilieuse excitation : la poésie, ce serait le mal de la souffrance et la souffrance du mal (?!)… Faut-il trouver là une tendance « nouvelle », ou le retour (on retourne beaucoup, ces temps-ci !) à la martyrologie littéraire ? Ou bien (soyons encore un peu plus méchant) une démagogie marketing du Matricule vis-à-vis d’un goût supposé des lecteurs pour le drame compassionnel ? Il vaut mieux en rire, avec le Printemps des poètes ! Car c’est vite oublier que, depuis que le truc en plumes mallarméen a déserté le ciel, un siècle de travail poétique s’est déroulé : pour faire vite, rappelons seulement le « lieu » sans absence et sans « concept » de Bonnefoy, l’acte en poésie de Meschonnic… Que disent de la critique les auteurs interviewés dans MdA ? Si l’on veut bien oublier les deux tiers d’entre eux qui acceptent les jeux commerciaux de la presse, ceux mêmes qui glorifient le MdA au passage (toujours le balancement de l’encensoir — jusqu’à l’auto-flagornerie de MdA qui reprend ces dithyrambes… c’en devient lassant !), il est rappelé que la critique est critique quand elle se dépasse elle-même : quand elle oublie le journalisme pour devenir écriture. On pourrait aussi bien renverser le propos et poser que toute écriture est critique dans la mesure où elle dialogue toujours avec ce qui fut écrit. À titre d’exemples canoniques, pensons à Rimbaud, à Proust… Le reste n’est que billet publicitaire (il en faut, commercialement !). Saluons donc (sans attente de quelque retour !) William Cliff pour sa façon de prononcer le divorce, Jude Stéfan aussi, et Lydie Salvayre, et Michel Surya ; Christian Prigent, qui cherche la vigie capable de dénicher l’exception dans « la masse insipide qui occupe les gondoles »... Et laissons (sans attente de quelque boomerang !) James Sacré à son consensus mou, François Bon à son panégyrique intégral, Pascal Commère à sa dissertation, etc.  

le 4 mars 09, un mail de Thierry Guichard, responsale en chef du MATRICULE DES ANGES, répondant à la "revue-du-mois" qui vient de lui être consacré pour le n° 100 : Merci Jacmo pour le papier sur le Matricule. On est plus proches des petites revues (ou elles de nous) que des grands journaux qui continuent soit à nous ignorer, soit à nous traiter avec une condescendance de Parisiens bien rétribués face à des provinciaux misérables.  Mais peu importe, c'est plus précieux pour nous d'avoir un papier dans Déchetterie qui parle de ce qu'on fait vraiment, qu'une émission sur France Inter qui parvient à ne pas citer un auteur, ni le mot "littérature", ni le mot "journalisme" pour dire ce que l'on fait.
 Bonne continuation! Au fait où ira Décharge quand Louis Dubost aura remplacé son tablier d'éditeur par son tablier de sommelier? Lettre de Bruno Sourdin à propos des Ruminations de Claude Vercey dans le n° 140 de la revue, le 20 février 09 :"...J'ai été très choqué par le sort que l'on a réservé à Daniel Martinez. J'ai trouvé le procédé indélicat, et même blessant. D'où vient cette idée de publier la copie d'un élève (que l'on juge incompréhensible) avec les annotations de son correcteur ? D'où vient cette idée de le désigner à la risée de tous avec son bonnet d'âne ? D'où vient cette hargne à l'encontre de DM ? Je ne comprends pas. Moi qui collabore à Diérèse depuis plusieurs années, je voudrais remettre quelques pendules à l'heure. Oui, je trouve cette revue particulièrement riche, attentive, ouverte sur le monde (dans le dernier numéro, un inédit de Lorca, ce qui n'est pas rien tout de même !). Oui, Diérèse est une revue vivante, qui ne cesse de se renouveler et d'ouvrir de nouveaux territoires. Et elle est cette revue parce que Daniel Martinez en est le formidable animateur. Intègre. Honnête. Ouvert à la vie et aux rencontres fraternelles. il ne mérite pas d'être un objet de risée. Je lui maintiens toute mon amitié. Et comme dans ce petit monde de la poésie et des revues, il doit y avoir de la place pour toutes les bonnes volontés et tous les dons, je te maintiens aussi à toi, Jacmo, toute mon amitié." Bruno Sourdin

Paris le 9 nov. 08, une réaction de Marie-Christine Brière au n° 138 :Plongé dans le n° 138 – après un séjour de pluie glacée du midi – je me régale en lisant votre article sur la poésie-doudou, exigeant comme j’aime et ouvert, tout est dit (j’ai fait aborder à des élèves – grands il est vrai – une vingtaine de poètes contemporains en œuvres complètes et ces heures figurent parmi les plus vivifiantes de ma vie de prof, - donc c’est POSSIBLE !) -    Bravo aussi pour le « moi chronique » de Jean Pierre Georges et que dire de l’article d’Ariane Dreyfus qui nous fait découvrir un inconnu en ouvrant tout grand le poème – dites-le lui, car je lui ai déjà dit pour Eric Sautou !! – Il faudrait autant de PUNCH pour les notes de lecture pertinentes  et pétillantes  (mais...). Un regret : que les poèmes en portugais ne figurent pas en leur langue native ! Merci à tous et à toutes.  M. Christine Brière.  Un poème de Christophe FORGEOT :A André Portal et Jacques Taurand,
tous deux surpris alors qu’ils se désaltéraient à la rivière.
In memoriam.
In amitié.
Mai 2008



Un fauve a surgi au coin de ma rue
Je ne l’avais encore jamais vu
Il n’existait pas ou il était tapi derrière quelque bouquet
A l’affût de la moindre erreur
De la moindre distraction
Attendant son heure en sachant qu’elle viendra comme vient le jour

Il a surgi avec l’envie de me tuer
C’est comme ça
Il a déboulé en m'en voulant à mort
Entre la poire et le fromage
J'ai dû me battre pour ne pas disparaître trop vite
Je voulais encore ouvrir des portes
Balayer mon seuil et laver des mots

La première fois j'ai été pris au dépourvu
Mon sang s’est glacé et la peur a dansé dans mon ventre
Puis j’ai réagi et j’ai protégé ma vie en attaquant
J’ai brandi un journal en torche et j’ai calmé les ardeurs de la bête
J’ai balancé devant sa gueule les flammes de ma rage et tout ce qui me tient vivant
Je l’ai éloignée jusqu’à m’en croire sauvé
Elle a rugi et m’a montré ses dents de sabre
Je compris qu’elle n’aimait pas

En rémission j’ai à nouveau mangé les fruits rouges des sous-bois
J’ai levé mon visage au ciel et j’ai joui en secret des bonheurs du monde
C’était présent
C'était palpable
Le bonheur s’est chez moi retrouvé
Dans la paume que tu as posée sur ma joue
Dans la mouche sur un morceau de viande
J’en ai oublié ses muscles tendus et son halètement
Celui presque silencieux qui précède le bond

Prenant un peu de retard salvateur j’ai déambulé nerveux
Fugitif j’ai rejoint pourtant la dernière intersection du danger
Là où le prédateur ses yeux ses griffes ses crocs ne me laissent plus que l’impitoyable sensation d’être mortel


Christophe Forgeot

Trois réactions à l'article de Claude Vercey sur la poésie-doudou (Décharge n° 138, page 73) + une quatrième :Roger Lahu : Bien d’ac avec toi  Lu cet après midi le dernier Décharge.  Bravo pour ta chro : je partage
(et depuis longtemps) ton rejet de la poésie dite "pour enfants». Elle
est en effet  quasi toujours d'une connerie effarante ! Les quelques
extraits que tu donnes à lire sont tout à fait représentatifs.
Mièvrerie généralisée, jeux de mots misérables, pseudo comptines à la
mord moi le noeud, etc etc.  Il m'est arrivé à diverses reprises de
bosser assez longuement avec des chtiots, notamment dans le cadre de ce
qui s'appelait il y a quelques années des classes à PAC, il fallait
d'abord que je fasse exploser les représentations totalement stupides
que les gamins avaient de "la poésie" à cause du genre de "poèmes" que
tu cites : Que je les désintoxique en quelque sorte. Sinon impossible de les
amener peu à peu à écrire quelque chose de "sensé». Jamais je n'ai fait
référence à aucun auteur de "poésie pour enfants», mais à Michaux, à
Brautigan, à Cendrars, à Jaccottet, à cent autres  etc etc : que des
vrais ! !
A noter que "la poésie" n'a pas l'exclusivité de ce genre de merdasse,
une part non négligeable du roman "pour jeunesse" est tout aussi nul !
 Ariane Dreyfus : Te dire à quel point j'ai lu très intéressée et très ébahie ton article sur la "poésie pour enfants", je ne savais pas vraiment tout cela, et tu pousses vraiment loin la réflexion, j'ai beaucoup apprécié. Ivar Ch’Vavar : Bravo pour ta dénonciation dans le n° 138 de Décharge de la poésie-doudou. Il faut du courage pour s’attaquer à ces braves pédagogues, qu’on a peur de blesser, mais qui font des dégâts considérables... J’ai pu constater que les lycéens qui lisent, à de très rares exceptions, rejettent systématiquement la poésie, associée qu’elle est pour eux à cette niaiserie, cet humour consternant, cette « fantaisie » depuis leurs années de primaire et de collège. Alors ils cherchent du sens. Quelque chose qui les aide dans le questionnement et les angoisses de leur jeunesse. J’ai vu des lycéens lire Nadja, l’Amour fou, et refuser Clair de terre ou le Revolver à cheveux blancs PARCE QUE C EST DE LA POESIE ! et que la poésie, pour eux, ça signifie coucou et doudou. Et il faut le dire. Tu l’as fait. Bravo !Roland Nadaus :

Bien d'accord: l'enfant n'est pas un adulte en miniature avec lequel il faudrait bêtifier!Mais trop facile de jeter la pierre aux enseignants: et les poètes et les éditeurs qui font leurs choux gras de ces niaiseries, hein?
Le 25:06:08, une réaction de Mathias Lair à l'article d'Alain Kewes (Décharge n° 138, page 65) et la réponse d'icelui :La poésie : à poil et pour pas un rond ? Alain Kewes, dans son article du n°38 de Décharge, demande des objections. Je vais m’y essayer. En tant que secrétaire général de l’Union des écrivains[1], la question m’intéresse. Pourquoi pas une poésie offerte, demande-t-il ? En effet, la gratuité est à la mode. Avec le développement du numérique, les écrivains qui vendent quelque peu leur livres se voient aujourd’hui proposer de bizarres avenants à leurs contrats par leurs éditeurs, qui comptent bénéficier du « changement » pour revoir à la baisse les conditions habituelles. Ainsi, une adaptation sur support numérique ne serait plus rémunérée à 50%/50% du revenu entre auteur et éditeur, comme il est d’usage pour toute adaptation, mais assimilé à un droit d’auteur simple… à 10% du prix du téléchargement. Je crains qu’Alain Kewes ne soit emporté par le flot du tout gratuit cher au consommateur libéré et libéral. Il semble qu’il ne trouve plus aucune ressource pour lutter contre la marée. Pour lui donner un peu d’espoir, je voudrais lui rappeler que, contrairement à ce qu’il avance, la poésie ça paie ! Certes, pas tout de suite. Mais quand même ! Qu’il songe aux chiffres d’affaires générés par Rimbaud, Mallarmé, plus près de nous par Eluard, Aragon ou André Breton. Plus près de nous, un Bonnefoy, un Du Bouchet n’e sont pas sans prodiguer quelques sous. Dès sa mort, soyons-en certains, Bernard Noël se vendra comme des petits pains ! Ils sont rares, me dira-t-il. Mais il en est de même pour le roman, la musique, la peinture… Soyons donc modestement modestes, ôtons-nous donc de l’esprit que nous sommes « hors commerce »… et attendons donc de nous (du moins quelques rares parmi nous) retourner dans notre tombe… J’ajouterai que la poésie ça paye aujourd’hui même… mais pas le poète. En littérature comme ailleurs, la tendance actuelle consiste à ne pas rémunérer la production, mais la distribution. Le modèle est le suivant : gratuité pour le lecteur conso-mateur, gratuité pour le poète pro-ducteur, mais plein pot pour le con-ducteur : le tuyau informatique qui relie l’un à l’autre, lui, fait ses choux gras ! Afin de bien bedonner, la web-entreprise soutient ce modèle libéral-libertaire de la gratuité : elle y a intérêt ! Comme elle reste cachée derrière l’écran, on la croirait virtuelle, on ne la remarque pas. Conclusion : offrir la poésie par le déduit informatique ce n’est pas gratuit, ça paie les maîtres de la toile (les web-masters). À vos claviers !    Mathias Lair [1] Issue du mouvement de mai 1968, l'Union des écrivains s'efforce d'intervenir chaque fois que la liberté d'expression est menacée, partout dans le monde. Elle intervient pour défendre et  promouvoir la condition des écrivains. Pour plus d’information, consulter son blog : UnionDesEcrivains (sur Google, eh oui…) * Mathias Lair,
Merci pour vos réflexions en réaction à ma chronique dans le numéro 138 de
décharge. Comme vous l'avez bien compris, je ne demande qu'à être convaincu
de mon erreur.

Toutefois, je voudrais rectifier une impression fausse que je sens dans
votre propos. Le mien n'a en rien pour objet les publications sur internet,
gratuites ou pas (je dis dans ma chronique ce que je pense de cette pseudo
gratuité), mais bel et bien les publications papier : livres ou revues. Si
donc, j'applique au livre ce que vous dites du web, à savoir "gratuité pour
le lecteur consomateur, gratuité pour le poète producteur, mais plein pot
pour le conducteur : le tuyau informatique qui relie l'un à l'autre, lui,
fait ses choux gras !" dois-je en conclure que vous pensez que les éditeurs
et les libraires se sucrent en ce moment sur la production littéraire ?
S'agissant des petits éditeurs (ceux dont je parle, ne connaissant guère les
autres!), des revuistes, et des libraires que je fréquente, je crains que
vous ne vous illusionniez du profit généré par la littérature aujourd'hui.
Hélas, plus personne ou presque ne s'enrichit en vendant du livre; même les
diffuseurs-distributeurs, certes mieux lotis, font faillite les uns après
les autres. Quant aux contre-exemples que vous proposez, outre qu'il faille
être mort, avouez que peu nombreux sont les Mallarmé et les Baudelaire, même
les Bernard Noel ne courent pas les rues. C'est un peu comme si vous disiez
qu'on s'enrichit à jouer au loto. Certes, cela arrive, ici le fruit du
hasard, en littérature certainement celui du talent, voire du génie, mais
cela ne change rien au fait qu'en règle très générale, on y perd avec
constance.
Quant au "liberalisme" (dont je me méfie autant que vous, sans doute),
sachez que si je publie des livres, ce n'est que parce qu'il m'arrive d'en
vendre, et à cette stricte condition, n'ayant ni l'âme ni les moyens d'un
mécène. Mais mon "tuyau" est bien percé, il ne se remplit guère. La gratuité
que j'avance par hypothèse d'école, s'entend bien gratuité pour le lecteur.
L'imprimeur, lui, veut être payé, tout comme le libraire. L'éditeur se
contente d'espérer rentrer dans ses frais (ce n'est pas toujours le cas). Le
livre a donc bien un coût, dont j'essaye simplement d'imaginer (un peu par
provocation, un peu par prémonition) qu'un autre acteur pourrait le prendre
en charge. Qui ? Vous remarquerez que je ne fais que citer vaguement des
pistes, toutes illusoires aujourd'hui...

Bien cordialement,
Alain Kewes

Lettre de Jean Antonini, le 12 juin 2008, suite à la critique de Jacmo sur son livre : "Mon recueil favori" (éditions Aléas) [Décharge n° 138, page 105]                        Cher ami,Merci pour le numéro 138 de Décharge, enrichi d’année en année, et votre note de lecture concernant ma dernière publication : Mon poème favori, Aléas éditeur, 2007.C’est à cette note que je voudrais réagir, et notamment à ces expressions :« La performance, c’est bien de montrer que dans ce cadre ultra contraignant, un poète digne de ce nom réussit à tout faire entrer… »et « L’auteur est devenu, à force d’habitude, un orfèvre. Un peu comme le versificateur capable d’écrire des alexandrins à la suite sans chercher la rime… »Certes, les formes fixes ont été bannies de la poésie au profit d’une absence de formes qu’on peut appeler vers libre, ou poème en prose, ou simplement poème.Cette absence de formes préétablies a pour corollaire l’affrontement du poète avec sa propre liberté, sa propre conscience et le fait de lui donner la forme qui convient.Sur le plan politique, elle est donc censée favoriser sous le terme de « créateur », ou « génie », l’expression toute personnelle, individuelle, d’un poète, et exalter, dans un système idéologique que l’on connaît, les vertus du vedettariat et de l’exception culturelle.J’ai employé à dessein le mot « bannies » précédemment, d’un vocabulaire politique, idéologique, qui me semble fortement à l’œuvre dans les vulgates concernant les rapports à l’écriture, à la poésie en particulier. Ce sont d’ailleurs des questions qui intéressent particulièrement Décharge, il me semble, et notamment notre ami Claude Vercey.Pourquoi ai-je donc choisi une forme fixe : le haïku (3 lignes, 5-7-5 syllabes, lien à la réalité, césure métaphorisante), et donc une position politique qui semble inadaptée à la société contemporaine ? Voir les expressions « orfèvre »/artisan, « alexandrins »/poésie dépassée.La réflexion est venue au cours des années. La question : pourquoi des sociétés de haïku, des association, des festivals, rencontres, etc. se créent-ils ? m’a mené à l’idée qu’une forme fixe est capable de rassembler les amateur.es autour d’elle.Le sonnet autrefois, puis l’alexandrin ont eu sans doute ce rôle d’éléments fédérateurs sociaux dans une société française qui en avait besoin, avant le développement industriel et technologique.Aujourd’hui, cette société a besoin d’individualisme pour faciliter la gestion politique des groupes économiques. La poésie n’a plus guère d’importance dans ce système, mais en tout cas, il me semble, une relation individuelle à l’extrême convient également bien à ce système.A travers ce choix d’une forme fixe, cependant moderne par sa brièveté, j’ai pensé à cette position politique : favoriser la formation d’associations, de groupes, capables d’acquérir un peu de poids social et politique. Expérimenter de nouveaux rapports à l’écriture, à la poésie, qui soient aussi des rapports politiques nouveaux. Ce que j’essaye d’expliquer dans la postface du livre, d’ailleurs. Réapprendre à travailler ensemble, à partager l’écriture ensemble, à prendre des décisions ensemble, en pensant que le sort de la planète tient dans le fait que nous réapprenions cela.J’ai d’autant à cœur de vous faire comprendre ma position (je suis aujourd’hui président de l’Association française de haïku et directeur de sa revue Gong) que je vous sais sensible à ces questions politico-poétiques.Je ne veux pas évoquer plus longuement le fait que, par sa forme fixe et sa brièveté, le haïku s’est montré capable de rassembler des poètes de tous les pays, Japon bien sûr, mais beaucoup de pays d’Europe, d’Afrique, et d’Amérique. Comme vous le savez peut-être, nous tenons en octobre prochain, un festival de haïku francophone à Montréal. Sans ce genre poétique, je n’aurais jamais eu les échanges et les relations que je partage aujourd’hui, et les projets que nous construisons ensemble.Cordialement, e-mail de Patrice Maltaverne, le 10 juin 2008 :

sujet : article d'Alain Kewes dans le le N° 138 de la revue 
 
Bonjour Alain
 
Je réagis amicalement mais à chaud à l'article paru dans le numéro 138 de Décharge sur la gratuité de la poésie : ça c'est un sujet !
 
Cette idée de rendre la poésie papier moins chère ou plus gratuite m'a séduit dans un premier temps : en effet, je trouve que les revues n'ont pas besoin d'être aussi chères. En adoptant cette attitude papier glacé, elles se ligotent avec le marché générateur d'injustice et en plus ça sert de plus en plus à se flatter l'égo. Tout est dans la diffusion des idées et la survie du réseau, ça c'est vraiment important....Je le vois bien avec Traction-brabant, crois moi.
 
Donc ton idée me plait bien. Par contre, je ne sais pas toi mais tu trouves pas fatigant de t'aligner des kilomètres d'écran devant les yeux ou d'abattre une tripotée d'arbres pour imprimer les textes parus sur le net ?... Je suis d'accord cependant quand tu dis que les webzines peuvent avoir un contenu intéressant....
 
Dans un deuxième temps, j'ai eu l'intuition qu'en disant : on fait les revues papier gratuites et on rémunère les vraies prestations littéraires "publiques", j'ai eu l'impression dis-je que tu voulais effacer ce qui fait tache : à savoir une pratique que tu dois bien connaître : une tendance à voir les auteurs qui ont pignon sur rue ne jamais débourser un seul kopek pour lire de la littérature et ainsi confier le financement des revues ou revues aux auteurs "moins bons", ce qui est franchement dégueulasse... Et donc en rendant les revues papier gratuites et en faisant payer ces prestations de lecture ou autres festivals (par exemple) de déplacer le "privilège" (il est d'ailleurs déjà déplacé) comme si on balayait la crasse sous le tapis... Au passage, en guise de financement, la démarche consiste encore et toujours à dire au secours à l'état pour que celui-ci paye ce que nous refusons de voir en face : droite gauche où est la politique là dedans ?
 
Remarque en sus : les auteurs qui payent pas, c'est pas si grave, ce qui l'est davantage, ce sont les auteurs qui payent pas, qui ne veulent pas partager les pertes vraiment réelles (coût de fabrication et d'envoi, donc de diffusion d'un book) mais qui veulent vendre leurs bouquins (est-ce que les revues ne financeraient pas les livres des éditeurs d'ailleurs, on peut le voir aussi comme ça ?) : tu me diras où est la logique... Ce sont ce que j'appelle des (h)auteurs attachés au privilège de l'artischte d'un autre temps, privilège qui nous renvoie au temps des rois (j'exagère mais pas tant que ça : c'est pas ça notre vie notre idéal qui fait qu'on est pas complètement morts avant terme non ?)
Si tu vends, tu dois acheter...
 
Alors ma conclusion c'est : ton idée peut faire bouger les choses mais pas dans le sens d'une justice qui n'existe souvent que dans les idées... Et tu n'as pas dis le contraire !
 
A bientôt
Amitiés
 
Patrice et Traction-brabant
http://www.traction-brabant.blogspot.com/

e-mail de Fabrice Marzuolo, le 8 juin 2008 :sujet : "tout à l'oeil" d'Alain Kewes (n° 138)
Dans votre rebondissement du Décharge 138–la poésie à l’œil( avec des six euros on mettrait Zorro en bouteille), vous affirmez que pour un poète l’important c’est d’être lu. Si la condition est nécessaire, elle est loin d’être suffisante. Tout est lu de nos jours, et en continu : on lit des images, des textes, des slogans, des femmes à poil, des yaourts, des voyages, des crimes, des recettes fiscales, des bouches en cœur, des entre-jambes, des seins, des glands, des cheveux, de la saucisse, du fromage, des voitures, des maisons, des études, de la réussite et puis ? Après on achète du string, du yaourt, du cul, de l’essence, des sens, des bouts de vie de l’affiche (à crédit…). Ensuite, celui des strings, des voitures, des bouts de vie sur l’affiche devient riche, il gagne beaucoup d’argent et il achète l’avenir de ses giclées de sperme…Imaginons un poème sur l’affiche, des millions de consommateurs le lisent, et le soir en rentrant du boulot ils vont acheter le livre, le poète devient riche aussi comme le vendeur de saucisses et voilà. On lit, on achète et on oublie : j‘oublie donc je suis, parole de consommateur averti. Et changer la vie dans tout ça…
Quant à moi, je ne pense pas qu’Internet est (soit) l’outil qui manque aux poètes, ni même à la poésie, il serait plutôt ce que les cinq légumes par jour remplis de pesticides sont aux cancers, autant dire un truc qui fera crever plus vite le cadavre ! Hé oui, le progrès est devenu cet acharnement à tuer les morts, probablement de peur qu’ils revivent…
Dans un autre texte du Décharge 138 –à l’œil nu( décidément, on aura compris le message) , à propos de Julien Grandjean,  vous parlez des maudits de la littérature , plus précisément de « futur maudit peut-être », et voilà justement le nœud de la toile : ce n’est pas un outil qui fabrique les génies, les maudits, des académiques mais bien la rencontre d’une œuvre avec des  lecteurs. Mais si l’œil du lecteur est vide (il se peut aussi que la création soit vide mais alors c’est un autre débat) , rien ne se produira, que se soit sur un écran ou sur du papier. Quand le consommateur précède le lecteur, le produit précède le livre, Internet ne change pas le problème.
En d’autres termes, l’économie (gratuit ou pas gratuit, papier ou pas papier) n’apporte pas grand chose à la poésie. La poésie se porte mal quand l’homme va mal, qu’il soit emplumé, portabilisé, internétisé , gratuitisé  et j’en passe.
Fabrice. e-mail de Fabrice Marzuolo, le 4 avril 2008 :
            sur l'internet et la poésie + id 104 (pas la voiture...)

En lisant certaines réactions dans ce débat, l’Internet et la poésie,  j’ai l’impression que les intervenants craignent de passer pour des ringards et veulent absolument montrer qu’ils vivent dans l’air du temps, qu’ils sont ouverts à ci et à ça…C’est vrai qu’on nous a appris à l’école qu’à chaque évolution dans l’histoire il y avait des personnes, souvent décrites comme des arriérées, qui refusaient le progrès, il leur faisait peur – l’œuvre du diable ! Puis le temps l’intègre à nos vies, on sait…De même, dans l’univers de l’art, on se souvient également de la leçon : l’académisme débile qui refuse , une constante, de reconnaître les artistes avant-gardistes, qui deviennent à leur tour de grands classiques etc.…Aussi, on ne veut surtout plus passer pour ces arriérés ou ces compassés, de nos jours, on est résolument et traditionnellement modernes ! Attitude qui passera peut-être, si la dérive climatique nous laisse assez de temps, pour la pire des ringardises…Dans ce cas je serai obligé d’admettre que l’humanité aura évoluée, toutefois, partie d’aussi bas, il s’agira de ne pas en faire un fromage.
Au fait, l’ID 104 peut bien illustrer un rôle d’Internet : amener les poètes à lire un livre…Sauf qu’à une époque, encore récente, il n’y aurait pas eu besoin d’Internet pour ça . Ce que je retiens c’est donc que pour en arriver, peut-être, au même point, il faut un abonnement Internet, un ordinateur, bref consommer plus, on voit bien toute l’utilité de ce barda.

On ne récolte plus ce qu’on a semé, le sol est pipé

Vu le terreau qui sert de cerveau à l’être humain d’aujourd’hui, il est naturel qu’il lui pousse plus de portables sur les oreilles que de livres dans les mains.


Fabrice  e-mail de Christian Degoutte, le 3 avril 2008, suivi de sa réponse par Claude Vercey:Pour en revenir à la dernière Rumination de Claude Vercey (dans laquelle j’estime qu’ont manqué des témoignages de personnes plus jeunes, comme il eût été intéressant de savoir quelles sont les admirations poétiques des pratiquants de la poésie virtualisée) :

De l’ordinateur, du livre électronique et de la nouvelle littérature qui en adviendra

On a toutes sortes de raisons de se livrer à la lecture ou à l‘écriture. Toutes sortes d’intentions pratiques :  volonté d’action, de témoignage, de réflexion, de connaissance, etc. Toutes choses qui sont (devraient être ?) présentes dans l’enseignement, dans la vie pratique et pour lesquelles le langage (écrit/lu) est un véhicule : on le souhaite rapide, sûr, efficace, à l‘heure, confortable, plaisant, mais il s‘agit d’abord d‘aller d‘un point à un autre de notre pensée (et de revenir). Dans le cas de la littérature (lire de la littérature, en écrire ou lire/écrire quelque chose comme si c‘était de la littérature) il y a une différence : car s’il est vraisemblablement question d’aller d’un point à un autre de notre pensée, quelques paramètres supplémentaires entrent en ligne de compte : la carrosserie du véhicule, le fait qu’on veut se voir (se sentir) voyager, qu’on veut jouir de voyager. Parfois même, lire (ou en écrire) de la littérature est semblable à la jouissance qu’éprouvent les enfants à s’asseoir au volant (à tenir le manche à balai ou la barre, voire une vulgaire branche) d’un quelconque véhicule et à faire vroum vroum vroum sans avancer d’un poil (c‘est le plaisir proustien que j‘ai à manger des oranges achetées dernièrement chez mon primeur, parce qu‘elles sont d‘Italie). Donner à jouir à l’esprit humain, disait Ponge.
Jouir, prendre du plaisir, etc. ces termes prouvent que lire/écrire de la littérature (poésie) penche plus du côté d’une utilisation érotique que du côté d’une utilisation utilitaire (raisonnable, raisonnée) de la langue. C’est le désir qui commande. D’où une érotisation du livre (comme il y a une érotisation de la robe, etc.) . Renforcée peut-être par quelques interdits (ces livres lus jusque tard dans la nuit, cachés sous les draps et à la lueur d’une lampe de poche) ? Érotisation qui explique bien les passions.
J’imagine que, pour les générations nouvelles, cette érotisation de l’objet ordinateur, livre virtuel, texte électronique (il contient sa lumière : plus de lampe de poche) se fera, se produira.
Après ce ne sont plus que des empêchements matériels à lever :  inventer le feuilletage électronique, le cornage de page virtuel, pouvoir gribouiller des commentaires de génie dans les marges, donner à ces machines la souplesse, la fidélité et la longévité kilométriques de mon vieux Moby Dick (comme d’autres n’échangeraient jamais -même si c’est Claudel qu’en a torché la préface- leur Rimbaud bleu Livre de poche contre le même dans la Pléiade) : nous ne sommes que de pauvres être rongés de manies érotiques, vous dis-je.
Le sort de l’objet étant résolu, passons à son contenu : écrivons !
Écartons de suite l’option (parce que je n‘ai rien à en dire) : la machine produit elle-même son livre pour nous en tenir à celle-ci : écrire reste une activité humaine. 
Les humains, aussi loin que l’on remonte dans la littérature (la poésie), ont toujours écrit et chanté un peu les mêmes choses : ils luttent, ils aiment, ils rêvent, ils tuent, ils jouissent, ils souffrent, ils vivent, ils calculent, ils meurent, ils ressuscitent, etc. Les livres semblent plus montrer l’environnement, l’évolution des mentalités, des modes, des rites de pensée d’une époque ou d‘un lieu (ainsi la pédophilie normale dans l’Antiquité nous est une horreur, la conception de la femme chez Montaigne porterait la plus douce des mamans d’aujourd’hui à foutre le feu à sa bibliothèque, les hommes-fleurs infanticides racontés par Lévi-Strauss mériteraient la castration, etc.).  Outre qu’ils sont un peu faits, comme disait le philosophe, pour que apprenions à mourir (donc à vivre, en ayant des suppléments de vie imaginaire, par ex.), ce qu’on attend des livres : qu’ils nous apprennent à relativiser la perfection de nos mœurs, de nos modes, de notre vie, à juger celles des autres avec moins de brutalité, de rigidité, de préjugés ou de bêtise ; en tout cas, qu‘ils ne nous apprennent pas à exclure, à enfermer l‘autre (et même l’autre que nous sommes) ailleurs : jamais dans mon enfance, ni dans mon adolescence je n‘avais eu l‘occasion de côtoyer de noirs et quand j’ai connu Valérie, cette petite venue d‘où ?, je me souviens de ma réticence instinctive à lui prendre la main (comme pour un animal inconnu) et de ma stupeur  quand j’ai découvert qu’elle ne parlait pas comme « présentement » il était convenu que tous les noirs parlaient.
Dans le fond, ce qu’on voudrait des livres (des écrits) qui viennent vers nous, c’est que soit déjà un peu la peau des autres.
La peau, le papier ! Ah! S’endormir parmi ses robes  de mots !
La peau des autres, virtuelle. Sur son site, Patrick Dubost (j’apprécie beaucoup Patrick Dubost : c’est un homme plein d’énergie et qui écrit pour de vrai : voir ci-dessus érotisation de la langue) a résolu le problème du livre virtuel : il est lui-même son livre ; on le voit, plein écran, en os et  en muscles et en voix agissant (dire/lire/déclamer) son texte. On va dire qu’il ne s’agit plus de lecture/écriture. Certes, mais je n’accède pas moins à la littérature (la poésie) que les millions d’humains qui ont précédé Gutenberg.  En même temps ça me rend triste (pour moi, pour les moches, les affreux, les mutiques, les déformés de tumeurs, les gueules brûlées, les passe-partout, etc.) : je me dis que dorénavant le littérateur devra, en un seul être, cumuler et Christian et Cyrano ! Il est à craindre que dans la littérature du futur, il n’y ait pas plus de justice qu’il n’y en eût dans le passé et qu‘elle ne serve juste encore une fois (la poésie) qu‘à faire pleurer Roxane ! Misère !

Christian  Degoutte

PS 1 : à propos du livre virtuel et tout ça, on se reportera au n°906 de Courrier International.
PS 2 : Bon, le paragraphe qui commence par « Les humains » pour finir par « la peau des autres », je reconnais qu’il est un peu nunuche. On ne se refait pas. J’aurais aimé dans ce passage  faire le distingo entre la littérature qui nous conforte dans nos schémas de pensées, nos atavismes sensuels,  etc. et celle qui nous trouble, nous dérange, nous retourne. Pour cela, j’eusse eu recours à ces auteurs, contemporains l’un de l’autre, qu’on range (rapidement) dans un même tiroir : les poètes matérialistes : Guillevic et Ponge. Du premier, j’aurais pu dire que, sous des apparences modernes, sous des façons dépouillées, dépoétisées, c’est une manière sentencieuse qui a toujours fait les beaux jours de la poésie, qui m’est confortable (que j‘aime à lire, je l‘avoue) ; du second,  j’aurais pu dire, que malgré une rhétorique parfois un peu lourde et m‘as-tu-vu, tarabiscotée, pleine d’efforts, il allège la lectrice/le lecteur en faisant de lui non pas un lecteur consommateur, mais en suscitant en lui le poète qu'il peut être ; ainsi révolutionne-t-il  la poésie : après Ponge, la lectrice/le lecteur ne mange plus une orange (de surcroît d’Italie s’il a lu Proust) comme avant.Claude Vercey :Suite à ces mêmes Ruminations, Laurent Grisel m'écrivait : "Une question :
tu y dis que tu as pu, tout au long de cette réflexion, changer d’avis –
invitant le lecteur à en faire autant – peux-tu me dire comment, en quoi
?" - Eh bien, voilà un exemple, puisque Christian Degoutte était parmi les
poètes invités à réagir et qu'à l'époque il l'avait fait beaucoup plus
brièvement qu'il vient de le faire. Je salue l'avancée de sa réflexion et
suis heureux d'y avoir contribué.

Une autre précision : j'interrogeais des poètes, avec ce postulat que je
rappelle sans cesse : la poésie est rare. Et les poètes, contrairement à ce
que l'on pense communément, aussi. Parmi eux, il y avait quelques "jeunes",
il me semble...: plus jeunes que Patrick Dubost, un beau vieillard qui doit
avoir mon âge.

Mes amitiés, cher Christian.

e-mail de François TEYSSANDIER, le 28 janvier 2008 :

Pourquoi une société accorderait-elle une "place" à la poésie? Laquelle, d'ailleurs? La poésie n'a besoin ni de trône en or massif, ni de fauteuil rembourré, ni de chaise bancale, ni de strapontin qui claque (à la barbe et au nez des poètes?) La poésie, nous le savons ou nous l'espérons, est partout, nulle part, au centre, à la périphérie, hors les murs, dans les murs, en dehors de nous, dans nos veines et nos pensées... Bref, elle est insituable. Laissons-la donc errer à son gré, là où elle le désire, au ras du sol ou dans la nue, sans chercher à la retenir de force par des liens factices qui ne feraient que la clouer au sol. Toute société est, par essence, de consommation. La nôtre, aujourd'hui,(ne parlons pas des temps anciens ni des temps futurs),consomme les mots comme les enfants consomment des bonbons, par habitude, sans s'attarder sur leur goût et leur composition, comme les adultes que nous sommes devenus consomment des "biens (?) matériels", (quand ils le peuvent, évidemment!)de peur de ne plus savoir vivre sans eux.
Donc, prière de ne pas attendre de la société plus qu'elle ne peut donner. De toute façon, je pense que ce n'est pas le rôle de la société de donner à l'homme la poésie. La poésie n'est pas un cadeau bonux! La poésie est asociale. Elle doit le rester. Toujours là où les institutions ne l'attendent pas. Elle vit, malgré tout. Saisissons-la au vol quand elle passe près de nous avec un bruit d'aile invisible, mais ne la retenons surtout pas dans nos mains, nous risquerions de la réduire en miettes.

e-mail de Fabrice MARZUOLO, le 20 janvier 2008 :

Quand j’entends slam je me dépêche de sortir mon lance-slam
Je ne veux pas faire de polémique victor mais je ne suis pas d’accord  du tout ou alors si les mots sont des pêches disons que ce qui importe c’est la poire de celui qui va les recevoir –les mots.
Comme quand t’es anarchiste avec un couteau entre les dents et que tu te demandes subitement  la marque du canif, du coup tu manques ta cible et tu collectionnes les couteaux dans une cellule. Mais cela n’a plus rien à voir avec les pêches  -disons qu’avec les mots tu deviens un anarchiste sans pépins, en tout cas beaucoup moins qu’avec un flingue ; Les mots comme des armes, moi ça me va, les guerres de mots sont préférables aux paix consuméristes, noyautons . Et puis le poète, l’écrivain, ils reçoivent du peuple des coups de pieds au cul, d’ailleurs du peuple y’en a plus, des masses de consommateurs ne feront jamais un peuple ; et je ne couperai pas la pêche en deux avec l’esprit d’ouverture de ces dernières années…Quand j’entends l’expression ouverture d’esprit, je claque la porte…Et puis marre des consensus (rassembler, depuis quelque temps, me donne des pustules, surtout quand rassembler devient synonyme de ratisser large) : le slam c’est aussi novateur que le retour de la semaine des 50 heures et que la retraite à 70 ans –tout ça présenté en un seul lot comme une avancée sociale. Comme pour la poésie, ceux qui prennent le contre-pied, sont traités de passéistes.  Le temps est venu de choisir son camp , l’avenir de l’homme c’est dans son camp…Aller de l’avant, désormais, c’est botter toute cette couche de présent glauque en touche, dégager l’horizon…
Je jette l'éponge et l’eau du bébé. Mais surtout pas Bongiraud et je ne résiste pas au plaisir de le citer :
Une société qui assurerait à la poésie sa place, toute sa place, ne pourrait être une société de consommation.

e-mail de Fabrice  MARZUOLO, le 5 décembre :

A propos du  débat entre "lisibilité" et "illisibilité" de François TEYSSANDIER (e-mail du 26 novembre)

Je ne suis pas un exemple. Quand j'écris un poème (un texte court…), je ne me pose pas la question de savoir s'il doit être lisible ou illisible ni même de savoir si je creuse ou pas…C'est un sentiment qui est à l'origine du texte (souvent une révolte, une colère, etc.;) –la recette est peut-être mauvaise pour écrire de bons textes mais je ne cherche pas forcément à en écrire de bons –y'en n'a pas bon la poésie! Après j'essaye de donner un coup de patte sans trahir le sentiment initial…Pas trop, quand ça devient du style, on retombe dans le cimetière aux éléphants : ceux de hier participent du présent (sans jeu de mot), et si on déplore ce qui se passe aujourd'hui, ces gens-là n'y sont pas pour du beurre. La cause du déclin est ce qui n'existe pas encore…Alors pour se perdre, on peut s'affranchir du style… 
D'autre part, je pense que la poésie n'a aucun rôle à jouer excepté celui de tenir les hommes en vie. Pas au sens des grands mots vides, mais  elle n'a pas à socialiser, à ramener les brebis égarées. Au contraire, qu'elle brise les liens sociaux, qu'elle éparpille les êtres dans leur solitude, qu'elle leur serve de béquilles, de quoi tenir dans son coin, résister…Bref, qu'elle rende surtout les hommes de plus en plus inutilisables, pour cette époque en tout cas, après on verra, il faut adapter son combat à l'époque…
J'aime bien l'idée exprimée à la fin :" Mais qu'importe! Ecrire, c'est se heurter à nous-mêmes, se heurter aux mots, se heurter au monde".
Alors tous unis dans nos solitudes respectives!

Fabrice

e-mail de François TEYSSANDIER, le 23 novembre :

Le débat entre "lisibilité" et "illisibilité" de la poésie ne date pas d'aujourd'hui. Et bien malin (ou singulièrement aveugle) celui qui pourrait trancher entre ces deux extrêmes.
On aborde là le problème du rôle que joue, ou doit jouer, la poésie dans la pensée sociale, artistique et intellectuelle d'une société.
Lisible, on peut penser que la poésie doit l'être, non pas pour devenir un produit facilement consommable ( par qui d'ailleurs?), mais parce qu'elle doit dire et proposer des choses qui ont du sens. Dire cela ne signifie pas que la poésie "lisible" doit tomber pour autant dans le "simplisme" de bas-étage qui se contenterait de décrire ou de raconter le plus superficiellement possible notre monde en l'effleurant d'une aile légère pour ne pas en modifier l'ordre, ou le désordre (plutôt le désordre, semble-t-il!)
Mais la "lisibilité" peut aussi obéir à une démarche créatrice de tous les instants. Elle consiste alors à mettre au jour, en creusant sous la surface des choses, des mondes intérieurs, enracinés en nous, qui ne demandent qu'à venir lentement à la lumière, sans jamais verser dans un chaos d'idées et de sentiments plus ou moins obscurs, pour ne pas dire abscons.
"L'illisibilité" voulue et revendiquée (elle existe, on ne peut le nier, chez certains poètes) est un leurre. Elle n'est jamais complexe ou subtile. Elle ne bâtit rien. Au contraire, elle sape, détruit, et ne débouche que sur un tas de ruines.
Mais "l'hermétisme", c'est encore autre chose. Ce n'est pas un mur que rien ne peut franchir ou enfoncer, c'est au contraire une forme de résistance au monde. Résistance de chaque jour, créatrice en fin de compte parce qu'elle nous oblige, en tant que poète, en tant que lecteur aussi, à ne pas rester à la surface des mots, mais à chercher à nous introduire en eux, en creusant patiemment des galeries pour que l'on se nourrisse  de leur suc.
L'hermétisme ne doit pas être volontaire (sinon il n'est qu'un jeu vain et pervers de l'esprit), mais il ne peut être évité, parfois, précisément parce qu'il obéit à une volonté farouche d'aller au-delà des apparences et d'interroger sans relâche êtres et choses.
Or, ces êtres et choses nous résitent le plus souvent. Et c'est parce qu'ils nous résistent que l'on veut vaincre leur résistance, même s'ils s'avèrent en fin de compte plus forts que notre volonté de vaincre (sinon, on finirait par ne plus écrire, peut-être). Mais qu'importe! Ecrire, c'est se heurter à nous-même, se heurter aux mots, se heurter au monde.

e-mail de François TEYSSANDIER, le 30 août :

Le site de la revue a 1 an, paraît-il. Bon anniversaire en cette rentrée pluvieuse! Et qu'une pluie de poèmes s'abatte sur Décharge dont on attend la nouvelle livraison avec une impatience croissante. Je vais installer mon fauteuil près de ma boîte à lettres avec quelques victuailles et boissons diverses, pour ne pas rater le prochain numéro. Alors, santé à vous tous!
P.S. Même en cas de forte pluie, je ne risque pas d'attraper une pneumonie, ma boîte à lettres est protégée par un auvent. Astucieux, non?
Cordialement à toute l'équipe.
François Teyssandier

e-mail d'Annelyse SIMAO, le 14 juillet :

Réaction au dossier de bruno berchoud dans Décharge 127 de juin 2007 : à la découverte de la présentation faite d'Annelyse SIMAO :

J'ai été à la fois amusée et quelque peu surprise de la comparaison, en pleine période post-électorale, avec Schoenberg et Boorlo. Sans doute est-ce de l'humour ? Je l'accepterais sans difficulté, n'était l'orientation politique sous-jacente : pour une sympathisante LCR, c'est un peu rageant...
D'autre part, si le travail, la fatigue et la confiance... trop aveugle ne m'en avaient empêchée, je n'aurais pas laissé passer l'indication de la profession des parents. Sans doute est-ce un détail sans importance en soi, n'était la présence de "père" et "mère" dans certains poèmes ?
L'indication d'une identité professionnelle les concernant nécessite alors précision, d'autant que les voilà affublés d'une allure bourgeoise qui ne leur sied guère. vous en jugerez par vous-mêmes, du moins les amateurs et sympathisants suffisamment attentifs pour s'encombrer la mémoire de petits détails autobiographiques, qui n'auraient aucune place dans un poème.

Mon père, à ma naissance en Afrique, en 1964, était : chauffeur pour la Croix-Rouge, dans le cadre de la prise d'indépendance de la Centrafrique, et découvreur de populations indigènes dans un programme de santé. Maçon, pour sa formation initiale, il a été ensuite : décorateur de porcelaine, magasinier en pharmacie, jardinier de la Ville de Wintherthur, concierge... et parallèlement, à partir de l'âge de 40 ans, il a exercé la prédication dans un cadre religieux, qui a dû faire geste d'allégeance à la fédération protestante, lors de la chasse aux sectes, suite à l'élection de magister Mitterand.
Je précise que son père, donc mon grand-père était mineur de fonds à Bruay sur Escaut, et qu'il est décédé 6 mois avant la naissance mon père, à l'âge de 43 ans, suite à l'ingestion trop rapide d'un bière, dans une cave, après un marathon !!! Vous comprendrez sans doute que me voir affublée d'une origine socio-professionnelle aussi ronflante que les clichés déclenchés par l'indication "pasteur", peut être quelque part dérangeante.

Quant à ma mère, elle ne fut JAMAIS infirmière : secrétaire-comptable initialement, et d'origine germanophone, elle a vadrouillé en Europe de l'Ouest pour apprendre le français, l'anglais et l'italien, et ce faisant, a été tour à tour : gouvernante, serveuse d'hôtellerie, animatrice radio, professeur de français langue étrangère (en Belgique), puis en Afrique : aide-soignante et institutrice. A ma naissance, elle est devenue définitivement : mère au foyer...

Mes excuses à bruno, donc, pour ce rectificatif. Et merci tout de même d'avoir manifesté l'abnégation de me prendre pour "objet d'étude", après avoir partagé avec moi lit, table et ordinateur, depuis une douzaine d'années.

Chao chao, Annelyse SIMAO.

e-mail de François TEYSSANDIER, le 21 mars :

Cher Jacques Morin,

Merci d'avoir publié un de mes poèmes dans le dernier numéro de Décharge que je viens de recevoir. Peut-être y en aura-t-il davantage une autre fois? Il est permis de rêver, n'est-ce pas? C'est une des "fonctions" de la poésie. Ca n'est pas la seule, non plus.

J'ai apprécié les poèmes de Alain Simon et de Robert Momeux. Quant à la couverture, elle est superbe. Bref, le numéro est, comme d'habitude, d'une grande richesse. Décharge est une revue qui donne la parole à des poètes différents, sans a priori. Louons son ouverture d'esprit ! Il y a aussi des opinions diverses qui s'expriment, sans invectives stériles, même si elles sont exprimées avec force et talent. J'espère que la revue vivra encore de nombreuses années, malgré les difficultés de tous ordres... Nous avons besoin de la poésie pour mieux respirer (surtout à Paris où j'habite!!!) et pour aller au coeur des choses sans pour autant fuir le monde réel. Encore un grand merci pour votre confiance. Bien cordialement à vous et à votre équipe qui "fait" avec patience et détermination cette revue. Bien cordialement à vous...

e-mail de Fabrice MARZUOLO, le 20 mai :

J’ai lu dans la rubrique  Revues des revues d’Aujourd’hui Poème, l’article sur Décharge, qu’il fallait craindre le retour de l’ordre poétique…Cela ne m’avait pas interpellé dans le numéro 133 (à ma décharge, nous étions toujours, à la date de cette parution, dans un reliquat de démocratie). Donc, après le retour de l’ordre moral, le retour de la forme traditionnelle –finalement rien d’anormal.

Le bâillon au sommet

Retour de la rime

jeu sur l’e muet

pas ce vers libre

qui fait tache

comme une gueule en sang

de suspect

dans des locaux javellisés

pas ce vers libre

qui respire trop

qui pue le clodo des rues

retour vers celui des écrans

qui de loin sent la rose

pas ce vers libre

de la boue et de la mort

retour des soldats rutilants

baïonnette au salon

dans les défilés

entre les couverts d’argent de la liberté

retour de la langue de bois

de la poésie qui marche aux pieds

rinforzando mais ne mord pas

retour de la poésie loisir

journal replié sur la cuisse

trois pièces cravate

de ceux qui apprécient aussi tuer le temps

entre les mille morts quotidiennes

Ramener ces lecteurs à la poésie revient à prétendre sauver un sport avec des sponsors : très vite la poignée de passionnés se réduit à un conglomérat de consommateurs et l’épreuve devient une machine à décerveler, un laboratoire commercial de plus. Quand je vois la tronche du Tour de France, je me dis mieux vaut encore laisser mourir la  poésie de sa belle mort de vers libre (ensuite nous inventerons une moésie –faites la moésie , le mot du désordre! Nous promulguerons à main levée le sens de la désorientation…).

Quant aux vertus (et le vers tue moins)    de la contrainte rimée, elles ne sont que les coups de pieds au cul de la mémoire commune, on les trouve belles parce qu’on a reçu la semelle en éclaireur.( voilà pourquoi l’élection d’un président précède le scrutin, rendant la chose plus obsolète que démocratique)

Bien amicalement à vous...

 

Réaction de Paul BADIN le 8 mai à "la revue du mois" consacrée à N4728  :

Bonjour,

   à Jacmo, sûr, à Claude Vercey (si, si, sûr aussi), à Mathias Lair (je le soupçonne fort), et à tous. Tous, parce que si je continue à citer des noms, je suis bien sûr d'en oublier davantage que j'en mettrai en lumière et ce serait bien discourtois...      Merci, à vous tous, merci! Classer N4728, revue de poésie, revue du mois c'est, un mois durant, nous offrir la fête, mieux, avoir pressenti et ressenti que ça nous ferait du bien, que ça pourrait bien correspondre à un énorme travail en amont (ou dans l'ombre, selon les préférences philosophiques de chacun) et que ça pourrait bien bouster un peu cette revue qui en a tant besoin.      Mais, reprenons tranquillement tout ça, déjà, parce que c'est ou trop ou pas assez. Pas assez, je préfère.    Toutes les revues un peu sérieuses dans leur boulot y passeront, y sont même déjà passées, j'espère, à cette belle mise en valeur permanente qu'est le principe de la revue du mois.Tant d'autres revues amies, avec lesquelles N4728 est, avec le temps, devenue plus ou moins amie, mais amie certainement, partagent le même besoin d'être reconnue dans l'excellent travail qu'elles font, d'être un peu boustées parce que le public, la poésie il l'a désertée et, avec lui, les médias, les structures administrativo-financières... Je veux dire, vous faîtes là un excellent travail et merci et bravo! Certes, chaque revue travaille selon sa manière... C'est vrai que, la nôtre ne parle pas, dans ses pages, des autres revues, mais elle leur parle, elle correspond avec les autres autant qu'elle le peut : à chacun sa personnalité et c'est bien cela qu'il faut continuer à défendre, même si l'on ne nous offre pas, à nous, de croisières de luxe avec jet privé. En voudrions-nous que... Nous serions, je l'espère, nombreux à vouloir partager avec tous les poètes, tous les artistes, histoire de se sentir un peu moins seuls, un peu moins follement faux dieu.      Et puis, cet autre point. Cette "réussite" (si! Puisque vous la saluez... Encore merci! Bises, comme on dit en famille) n'existe que parce qu'elle est le résultat d'un travail d'équipe. Sans le comité de lecture (et de rédaction!) au complet, il n'y aurait pas de revue N4728. Ou des ersatz... Dès que j'ai appris la nouvelle, je l'ai aussitôt communiquée à l'équipe afin de la partager (cf. Supra. D'ailleurs, je dois à la vérité de dire que c'est l'un des membres de l'équipe, éternellement à l'affût, - qui? Des noms? - qui me l'a communiqué en premier). Il y a plaisir à partager la passion de la poésie, de l'art, avec tous ceux qui l'entendent...      Alors, je terminerai en disant bravo à N4728, revue du mois de mai 2007 (habituellement, le mois des roses, ça fait plaisir et c'est bien mérité!), bravo à toutes celles qui ont précédé, bravo à toutes les revues que vous jugerez dignes de lui succéder et bravo à l'équipe de Décharge!      Avec mon amicale émotion...