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I.D
n° 18 :
On
a retrouvé le poète Jean Pierre Georges
Depuis cinq ans il se taisait. Se terrait, disait-on. Il nous arrivait
(quelques-uns) de nous inquiéter. Aussi peu crédible que soit cette
affirmation, Jean Pierre Georges nous manquait.
Le revoilà. Tel qu’en lui-même on dirait. C’est Liqueur 44, par
l’intermédiaire d’Yves Humann, qui dans son numéro 79 réussit le scoop de
ce début d’année. Il va bien. Je veux dire : ça va mal et notre héros
à la triste figure traverse avec sa réjouissante impassibilité le champ de mines dérisoire et grandiose
qu’est la vie. Au passage, il enfume avec délicatesse son questionneur,
referme gracieusement toutes les portes qu’il lui propose, acceptant néanmoins
de ranger ses lignes d’écriture quelque part entre Yves Martin et
Jules Renard. La forme, quoi ! - sauf que, grande nouveauté, l’auteur de
« Je m’ennuie sur terre » désormais ne s’ennuie plus. Non.
« L’ennui n’est plus mon amour (Rimbaud) ». Et il est même
question « de secouer cette pellicule de cendre sous peine de disparaître
». Où va-t-on !
Au long
de l’interview, il n’en sera pas dit davantage. Mais les Apostilles au
Moi chronique qui suivent laissent négligemment tomber un semblant de clés.
Une image : « Ma vie a pris un non-sens définitif depuis que
j’occupe un petit logement dans cette rue médiévale. A cause d’une femme.
Seul au milieu de mes livres, devant ma gazinière et mon frigo, je ne ferai
rien d’autres qu’attendre un message. Un SMS sur ce petit engin
sophistiqué appelé mobile que je possède depuis peu. J’attendrai
quelques mots d’elle ».
En
somme, rien ne change : « Bon, il faudra donc se résoudre à n’écrire
que des poèmes... ces pauvres petites misères linguistiques lues par personne ».
Alléluia. Le prince (sans rire) de la mélancolie est de retour. Bonnes
Adresses :
I.D
n°17 : « Au cul bottons
la mort...»
Buvons tout le jour et rions beaucoup. Au cul Bottons la mort et raillons l'âme défunte. Qui de vits n'en ont connus que penauds. Bonnes
Adresses :
Relire l’I.D n° 14 : Les Mauvais grévistes. Ce
11 décembre dernier, Louis
Dubost m’apprenait la mort d’« un
vieux copain de la galère éditoriale » : Jean Marcourel, qui
fabriquait les petits classiques du grand pirate. » L’éditeur
de l’Idée Bleue ( et de notre revue, faut-il le rappeler ?) me précisait
que Jean Marcourel a en outre « organisé
le Marché de la Poésie de Paris pendant quelque 20 ans, avant d'être viré
comme un malpropre par Jean Michel Place. » Il était aussi
l’organisateur des « Salons de la Petite Edition, de Quimper, Crest,
Bourges, Le Pouliquen, etc. » En matière de « petite édition », notre
encyclopédiste est Georges Cathalo. Il n’a manqué de braquer ses « Phares
dans la nuit » (titre de sa contribution régulière à Décharge)
sur ce Grand Pirate. Je me contente de recopier le quasi intégralité de
cette chronique de Juin 2003. « Après
plus de vingt cinq ans d’entêtement et de ténacité, Jean Marcourel n’en
revient pas encore de la tournure prise par ses éditions marginales. Au
départ, ce fut un pari de court-circuiter les réseaux habituels de l’édition,
aller du côté de (...) ces poètes dont personne ne veut. A ces débuts
« rock », il édita trois brèves plaquettes écrites par de célèbres
rockers. Puis il voulut publier des choses inédites. C’est alors qu’il
s’embarqua sous le pavillon de la flibuste, conseillé par Gilbert Duprez et
Jocelyne François, aidés par quelques amis et quelques artistes. Depuis, Jean Marcourel a toujours travaillé seul,
patiemment, à la manière d’un artisan, sans trop se demander où il allait.
Sans aide et sans subvention, il n’a jamais voulu élargir son champ
d’action malgré le succès et l’estime des connaisseurs. Il a toujours
voulu que ses livres soient petits, beaux et pas chers, plus de 70 ont vu le
jour et une cinquantaine est épuisée. « Peut-être devrais-je me soigner ? » écrivait-il
naguère sur une belle carte accompagnant son minuscule catalogue. Non, surtout,
que Jean Marcourel ne se soigne pas. C’est
ce monde qui est malade et pas lui. Qu’il continue à composer avec amour et
talent ces « seuls livres qui tiennent dépliés tiennent débout »
comme le souligne souvent Colette Deblé, l’une des illustratrices favorites
du Grand Pirate. En effet, chaque livre « accordéon de papier »
peut se lire à l’endroit et à l’envers, à plat et debout. On y lit l’écriture
manuscrite d’un poète à côté de dessins ou de graphismes d’artistes
divers. Parmi les auteurs publiés, on trouve des auteurs très
connus comme Guillevic, Charles Juliet, Pierre Emmanuel ou Alain Jouffroy, des
poètes expérimentaux comme Bernard Heidsieck, Jean Luc Parant, Michel Seuphor,
Serge Pey ou Henri Chopin ou bien des gens peu connus comme Vincent Gimeno,
Henri Attia ou Christian Viguié. » (Georges Cathalo)
(Paru dans Décharge
n°
118) Bonnes
Adresses : Sur Jean Marcourel : l’Alamblog du
mardi 12 décembre 06. Pour
les Editions de l’Idée Bleue : catalogue sur demande
- Place de l’église – 85310 -
Chaillé sous les Ormeaux ou http://perso.orange.fr/gerard.debouverie/ledebleu/
I.D n°15 « Il
faudra bien te couvrir » (air
connu)
I.D
n° 14 :
Les Mauvais grévistes « Pas
un numéro sans cadavre... ça devient dégoûtant... » note dans un
message mail le poète et romancier Saïd Mohamed qui en bon humoriste réclame pour
bientôt : « un numéro sur la mort pour qu'on en rigole une bonne fois ! ». Nous y pensons. De fait, le hasard faisant mal les choses, ces
Itinéraires de Délestage, en parallèle à la revue, m’ont entraîné
à plusieurs reprises, d’emblée surtout, – ce qui put faire mauvais effet,
- sur cette voie qu’un certain bon goût apparemment réprouve. Mais quoi, Décharge
n’est pas née de la rosée de ce matin, elle a une histoire, que le passage
sur Internet, s’il maquille les rides des animateurs sous une couche de fard,
n’efface pas. Coquets, oui, et frétillants comme des ablettes, - mais pas au
point de perdre la mémoire ! Et ce n’est pas d’hier, au vrai (salut
Jean Le Mauve, salut Gilles Pajot !) que se pose la question de l’hommage
à l’ami, au collaborateur disparu, de la place à donner à l’actualité
nécrologique, avec la crainte, souvent exprimée entre nous, que le deuil
devienne envahissant, le noir la couleur dominante de la publication. Il se
pourrait d’ailleurs que le pire soit à venir, et qu’il nous faille bien du
talent pour feinter la décimeuse. Même pas le droit de vieillir tranquille ! Le
mieux, je ne vous le fais pas dire, est d’honorer les vivants, ce à quoi,
convenez-en, nous nous efforçons. Mais faut-il pour autant, quand passe la
faucheuse, détourner la tête, jouer l’indifférence ? De fait, elle fit du zèle
ces derniers mois, frappant parmi nos bons compagnons, (nous n’avons toujours
pas situé le bureau des réclamations, où déposer plainte contre ses excès)
alors même que l’échappée dans l’espace virtuel était censée nous
rendre l’éclat d’une jeunesse. Ainsi je commençai ici par rendre hommage
à Armand Olivennes (I.D n°1), puis à Claude de Burine (I.D n° 6) tandis que
la revue dans son numéro 131 publiait un dossier sur la très discrète Sophie
Masson, la Clandestine recueillie par Polder 68 en avril 92,
et faisait écho à la disparition de Jean Vodaine (à 83 ans, le 7 août 2006).
Jean
L’Anselme, avec lequel il « a travaillé fort souvent, récemment même
pour un superbe petit livre hors commerce, imprimé sur un papier de fort
grammage et foulé par de somptueux caractères, qu’il a illustré, »
- un de ces livres « plus agréables à peloter qu’à lire »,
(dixit) - écrivit à Vodaine quelque temps avant son décès et lui suggéra : « Pour
combattre la mort faisons la grève de la fin ! » En vain. « C’était
un mauvais gréviste... ! », conclut Jean, dépité. (Lettre du 11
septembre 2006) Bonnes
Adresses : revue Plein Chant : Jean Vodaine n°57-58
(1995). – éditée à Bassac – 16120 – Châteauneuf-sur-Charente.
(il est préférable de lire les ID 12, 13 et 13bis dans l'ordre chronologique de parution sur cette page plutôt que dans l'ordre descendant, qui est inverse. Mais vous faites comme vous voulez, bien sûr... ) I.D
n°13 bis : Qui pince sans rire Entretien minute
avec Daniel Martinez Afin
de comprendre l’enjeu de cet entretien, le lecteur sera bien inspiré de se
reporter à notre Itinéraire de Délestage n°12. Les réponses de
Daniel Martinez sont extraites, avec son accord, d’un texte plus long et plus
détaillé qu’il nous avait adressé. Claude
Vercey :
Comment définir les rapports que vous entreteniez avec Jean Rousselot ? Qui étiez-vous
pour lui : un ami, un correspondant privilégié, un spécialiste de son œuvre,
un fils spirituel ? Daniel
Martinez :
Je me considère comme un « correspondant privilégié » de Jean
Rousselot. En même temps, il existait entre nous plus qu’une complicité,
quelque chose que l’on peut appeler de l’amitié. Depuis
quand le fréquentez-vous (ou fréquentez-vous son œuvre) ?) Depuis
les années 80 et les visites effectuées au Pont traversé, que
tenait l’écrivain- libraire Marcel Béalu, qui me le fit découvrir.
M’attirait sa vision réaliste du monde au travers de ses poèmes,
j’admirais ses traductions (Les Sonnets de Shakespeare particulièrement,
parus chez Guy Chambelland et dont je possède le dernier état, c’est-à-dire
corrigé de sa main suite à la publication du livre) et la partie
biographique. Je lui ai rendu quelques visites (3 ou quatre par années),
depuis 1999. C’est Jean L’Anselme qui m’avait confié ses coordonnées. Depuis
quelle époque vous écrivez-vous ? Combien de lettres possédez-vous de
lui ? Nous
nous écrivions depuis 1999, précisément, et je possède une trentaine de
lettres, de taille variable selon les sujets. Nous communiquions plus volontiers
par téléphone. Il était loin de considérer, comme Jean L’Anselme, que le téléphone
tue l’écriture. Il évitait avec moi les sujets épineux, trop sensibles, qui
touchaient à l’actualité immédiate. Exception, le jour du second tour de la
dernière élection présidentielle, il me téléphonait le fameux dimanche vers
9 heures 30 pour me recommander de voter à droite (« ce qu’il faisait
pour la première fois de sa vie »). Avez-vous
rencontré Rousselot ? Souvent ? Une
douzaine de fois depuis 1999, - pas en 2004 où sa santé s’était fortement dégradée
et où il n’écrivait quasiment plus. Il était alors beaucoup plus dépendant
de sa famille, à son corps défendant. Son
humour semble assez particulier. En faisait-il preuve également dans la
conversation ? En avez-vous noté d’autres traits dans sa correspondance ?
Fréquemment ? Oui,
son humour était assez particulier. Me concernant, il me reprochait d’être
trop souvent trop sérieux, sans doute m’estimait-il « coincé ».
En fait, j’avais trop grand respect de sa personne et de son œuvre. Il était
pince-sans-rire et maniait à merveille l’antiphrase, tant et si bien que son
interlocuteur ignorait le moment où il était sérieux. Dans
sa correspondance, il n’hésitait pas à me parler de tel auteur comme d’ »un
bâton merdeux » ou à évoquer tel épistolier qui « lui tartinait
dix pages là où il arrivait à peine à en lire quatre ». Il ne considérait
pas sa correspondance comme entièrement publiable, car les confidences étaient
directes et pas seulement littéraires, croyez-le bien... A
lire :
notre dossier « la Diérèse Rousselot » in Décharge n°
132. Témoignages et points de vue de Daniel Martinez, Anne-Marie Rousselot et
Claude Vercey. Et une lettre et deux poèmes inédits de Jean Rousselot. Entretien minute avec François Huglo Afin
de comprendre l’enjeu de cet entretien, le lecteur sera bien inspiré de se
reporter à notre Itinéraire de Délestage n°12, en attendant l’I.D
n° 13 bis, réservé aux réponses de Daniel Martinez. Claude
Vercey :
Comment définir, cher François Huglo, les rapports que tu entretenais avec Jean
Rousselot ? Qui étais-tu pour lui : un ami, un correspondant
privilégié, un (ou peut-être le) spécialiste de son œuvre, son fils
spirituel ? François
Huglo :
Ami et correspondant privilégié, oui. Le mot « spécialiste » sent
trop la division du travail et la chasse gardée, je préfère parler d’une
passion, que je veux garder pour moi, pour l’une des œuvres majeures de ce siècle.
Serge Wellens parlait de Rousselot comme d’un « grand frère spirituel »,
c’est aussi ce qu’il représente pour moi. CV
:Depuis quand le fréquentes-tu (ou fréquentes-tu son œuvre) ?) FH
: Quelques poèmes lus dans des revues, un article de Gérard Noiret, un
entretien avec Simonomis, ont éveillé en 1984, une curiosité qui ne s’est
pas endormie depuis. CV
: Depuis
quelle époque vous écrivez-vous ? Combien de lettres possèdes-tu de lui ? FH
: Je viens de compter (l’idée ne m’en était jamais venue) : 432
lettres, du 4 Mars 1985 au 12 février 2004 (des conversations téléphoniques
ont suivi). CV
: As-tu
rencontré Rousselot ? Souvent ? FH
: Je n’ai pas compté. Dix, douze fois ? Chez lui, chez des amis (Simonomis,
Georges Bonnet...) au cours de colloques ou de manifestations diverses. CV
: Son humour semble assez particulier. En faisait-il preuve également dans
la conversation ? En as-tu noté d’autres traits dans sa correspondance ?
Fréquemment ? FH
: Y a-t-il humour de l’émetteur quand le récepteur ne rit pas ? Je me
demande si l’humour peut être particulier. Il suppose une connivence, une
relation, voire une thérapeutique, genre acuponcture, sans oublier conjurations
et exorcismes. Rousselot pratiquait toutes les formes d’humour, de préférence
caustique, critique, noir, absurde (le couteau sans lame auquel manque le manche
le ravissait), parfois rabelaisien (épicé, sans lourdeur), souvent en
compagnie d’amis : il se souvenait de Paul Chaulot déguisé en évêque,
et lui-même, je peux en témoigner, imitait fort bien d’Ormesson. Particulière
quand même est l’osmose, de plus en plus sensible dans l’œuvre, entre le
sens de l’humour et le sens poétique, mais autant que de sens il s’agit
d’une logique et d’une forme à chercher du coté de l’ellipse, une sorte
d’algèbre, bref... il y aurait toute une étude à faire sur cette évolution
de la poésie de Jean Rousselot.
A
lire :
notre dossier « la Diérèse Rousselot » in Décharge n°
132. Témoignages et points de vue de Daniel Martinez, Anne-Marie Rousselot et
Claude Vercey. Et deux poèmes inédits de Jean Rousselot. I.D
n°12 :
Fracas, tracas, soupçons A
Diérèse, revue qui jusqu’à alors prospérait tranquillement, les
portes claquent. François Huglo en sort, excédé de voir caviardées ses
propres chroniques d’abord, les lettres de Jean Rousselot ensuite qu’il
avait pris le parti d’y publier. Daniel Martinez, responsable de la
publication, assume et justifie la censure par égard à la réputation de
l’auteur, décédé en 2004. Jean
Rousselot aurait-il, sur la fin de sa vie, été sensible aux thèses lepénistes ?
Le soupçon affleure. Décharge enquête, livrera documents et conclusion
dans son numéro de décembre. En attendant, on se fera une idée de la querelle
en se référant à l’article « Jean Rousselot quitte Diérèse »
que François Huglo publie dans le dernier numéro de Comme un Terrier dans
l’igloo. Décharge
s’est plu à publier régulièrement ce poète important et ce passeur
d’exception que fut Jean Rousselot. En dernier lieu, pour ses 90 ans, une
petite anthologie qui comptait le poème inédit, que nous reproduisons
ci-dessous. Pour
Claude Vercey Dindon de toutes les farces On a pourtant sans une plainte Servi de cale à l’univers boiteux Et de guerre lasse accepté La vieille hypothèse Dieu. Au lieu de s’arsouiller dans ses propres
bas-fonds En quels nuages s’enfuir Et quelle mer tenter de boire Il se fait si tard dans le Monde Qu’on n’aura pas le temps de choisir. (Inédit
- 2003) Note de l’auteur: “Univers boiteux” fait allusion aux tout
derniers avis de nos cosmologues. Item “l’hypothèse
Dieu”. Le big bang a du plomb dans l’aile. Les bonnes adresses : Comme un Terrier dans
l’igloo – n° 89 - 67 rue de l’église – 59840- Lompret – 3€
I.D n°11 : la Tête parle encore (Glanes) « Verlaine,
je trouve moi qu’il est un peu court de pattes de devant. J’ai une passion
pour Kenneth White. Il y a des années que je dis qu’il aura un jour le prix
Nobel. » Jacques
Chirac. Les Nouvelles Littéraires du 12 Mars 1981
Parmi
les vertus de ces Itinéraires de Délestage, celle-ci, tout à fait imprévue
pour notre revue : une communication accrue entre la Tête et les deux Bras
Droits, ce qui n’est pas rien. De l’extérieur on s’imagine (une récente
conversation téléphonique me confirme cette vision quasiment idyllique)
un trio oeuvrant au coude à coude, dans l’atmosphère enfumée de la salle de
rédaction. La blague : deux heures et demie d’autoroute séparent le
siège de la revue de mon domicile : depuis quand n’ai-je revu Alain Kewès,
notre webmaster ? Et Jacques Morin, la Tête, je la retrouve
d’ordinaire une fois l’an, le samedi midi sur le Marché de la poésie
de Paris. Telle est la différence entre les groupes artistiques du passé, à
propos desquels encore nous rêvons, et qui, essentiellement parisiens, se fréquentaient
avec assiduité, - et ceux d’aujourd’hui, assemblés sans doute sous une même
bannière, celle d’un comité de rédaction par exemple qui fait illusion,
quand en réalité chacun vit isolé, que les liens d’amitié et de travail se
maintiennent davantage à travers une correspondance que par des rencontres
effectives. Les poètes aujourd’hui n’ont plus de vie collective, certains
s’en plaignent ; il est possible, volontiers je le crois, que ce manque
d’échanges, de confrontations directes, soit fort dommageable pour la création
poétique comme pour les poézines, revues, périodiques qui la nourrissent ou
se vouent à en rendre compte. Bref,
à la suite de l’I.D n° 8, j’apprenais (par la Tête) que « si le
130 était en passe d’épuisement, le 129 finalement l'est davantage, après
une récente commande supplémentaire de Casteilla, (notre diffuseur). »
Certes, il faut raison garder, relativiser. Décharge tire à 500
exemplaires (« L'imprimerie m'envoyait au début il y a deux ans un
surplus d'exemplaires : 560 pour 500, puis 520 pour 500 et pour le 131, 504
pour 500 ») ; plus de 300 sont expédiés aux abonnés si bien
que, compte tenu du service de presse, des ventes directes en librairie et sur
les marchés, le volant d’exemplaires restant est faible, même en temps
ordinaire. Le phénomène observé pour le numéro 130 est la conséquence
d’une demande qui s’est concentrée sur le dossier Jacques Kober,
lequel occupait 50 pages sur 128. D’où le tirage exceptionnel, je le signale
ici, d’un tiré à part de ce dossier. Jacques Kober n’est pas un
poète inconnu. Le prouvent les noms qui ont accepté de lui tisser une couronne
d’amitié et laudative, de Rezvani à Cécile Ménardi, de Daniel Lewers à
André Miguel. Mais il n’est pas non plus de ceux qu’on cite à longueur de
pages. Une œuvre estimable, qu’il convient d’évaluer plus justement, comme
certainement bien d’autres. Cette réflexion, qui n’est point neuve, m’est
venue en remarquant vers quel poète les jeunes auteurs de la collection Polder
se tournent quand on les invite à se choisir un préfacier. S’esquisse alors
une autre hiérarchie, aussi valable après tout que celle que nous impose la
seule collection actuelle de référence Poésie-gallimard : sont élus
Jacques Darras ; Alfonso Jimenez ; Patricia Cottron Daubigné ;
Jacques Izoard ; Vénus Khoury-Ghata ; Pierre Garnier. Bonnes
Adresses :
Tiré à part :
Jacques Kober, « le Créole des dieux » présenté et
organisé par Jean Michel Robert ; entretien avec l’auteur ; choix
anthologiques et inédits ; témoignages. 6
€. Commande à la revue Décharge, 20 rue du Pâtis, 89130 - Toucy I.D
n°9 :
« Ici chaque goutte de pluie est
pupille de la nation » (J.K) Le
froid de l’eau de mer a la vie dure il
bleuit sur le cran d’arrêt de la marée montante * Les
jours se passent sans que rien ne se passe, seule
trêve à l’économie du passe-temps. * Cormorans
perchés serrés s’allongeant
de l’estampe ou
bien posant pour l’orthographe d’ornithologue écrit
en braille * Les
mouettes sont le portemanteau du ciel. *
Les
Galets
à L.D.A Les
galets comme la lune qui débordent de la malle. Les
galets gris du rivage, taloches
ou talus incurvés d’un indéfrisable, format
moyen d’un talon de Vendredi, sont
les seuls rassurants dividendes de vivre par-delà l’usure dans
le frisson tenace et luisant d’arrondir, de
porter à jamais au seuil d’une onomatopée, la salive, de
racler, comme le tilt d’une phrase non pas muette mais poncée, d’une
parole non pas muette mais déjà bègue et
déjà pense-bête de la lune, galets
que rien ne gêne à prononcer par la bouche de Démosthène, galets
dont le récitatif est à genoux de la mort de Shelley, noyé, galets
seuls véridique cimetière marin de ne pas aboutir à mourir d’une
mort toujours à deux doigts d’éblouir le golfe.
2
Avril 2006 Inédits de Jacques KOBER, dans Décharge n° 130
I.D
n°8 : « Aller
chercher le pain »
Une
nouvelle réjouissante pour changer ? Voici : fin août, deux mois après
sa parution, le numéro 130 de Décharge était déclaré épuisé. Eh !
Que dites-vous de ça ? Il semble cependant (cela se murmure dans les hautes sphères,
- le bureau directorial si vous préférez) que la nouvelle soit moins bonne
qu’elle paraisse de prime abord. Si ! (Jamais content, on dirait.)
Décharge
connaît les affres du petit commerce. Aggravés par une singularité rarement
soulignée, qui vous transforme une bonne nouvelle (bonne a priori) en source
d’angoisse (moderne ça, non ?) : qui s’abonne à la revue ne reçoit
pas les numéros trimestriellement à compter de sa date de souscription, non ;
lui reviennent d’autorité les quatre numéros de l’année en cours. C’est
comme ça. Si bien que jusqu’à la minuit de la St Sylvestre, les quatre
derniers numéros restent, doivent
rester disponibles afin de répondre sans faillir aux souscriptions les plus
tardives. D’où la formule un peu alambiquée dont j’ai usé en début d’Itinéraire ;
ou pour le dire autrement : depuis fin juillet, Décharge 130 ne se
vend plus à la pièce, les derniers exemplaires sont désormais réservés
aux futurs abonnés nouveaux. (Avis !)
Pourquoi
ce système étonnant, (et, j’en jurerais, unique) ? Jacmo est resté le
Jacques des Décharge de jadis, tournées à la ronéo et gônées de
leur papier kraft, auxquelles on pourra renoncer à peu de frais si les choses
venaient à mal tourner, si l’envie de lancer des bouteilles à la mer se
perdait, si... A chaque début d’année, avez-vous remarqué, le rédac-en-chef
se fend d’un éditorial pour nous rappeler que ni lui ni la revue ne sont éternels,
que toutefois et tout bien réfléchi il nous fait la grâce de continuer à
naviguer. On imaginera le capitaine de notre beau navire, le regard fixé sur
l’horizon à deviner les tempêtes, gardant à portée les valises jamais défaites,
toujours prêtes à être empoignées pour d’autres aventures... On a beau lui
opposer que cela fait quand même 25 ans que cela dure, rien n’y fait.
Prudence et honnêteté. Le jour où Décharge cessera de paraître, ce
sera, n’en doutez pas, sur un quatrième numéro de l’année, de manière à
ne laisser derrière elle nul mécompte.
Ce qui
renvoie à une attitude toute morale à laquelle on ne trouve après tout guère
à objecter.
«
- Parfois, ne pas lire une œuvre magistrale est le meilleur service qu’un
lecteur puisse rendre à un auteur magistral. Savoir qu’il est bon, c’est
bien suffisant. » Montalban. Le Prix. Bourgois p 17
Un esprit curieux ou perspicace (moi, par exemple) s’étonnera de relever, dans une publication « lorraine », de fréquentes références à la Nièvre : ainsi, au Manège du Cochon seul (heureuse trouvaille que le nom de cette structure sise à Nevers, aux activités culturelles multiples et parfois éditoriales), et à son animateur Pierre Bastide, dont on a pu lire ici quelques textes bien venus. Une évocation émue de la mort de pompiers dans un village de Nièvre (n°9) m’avait mis la puce à l’oreille. «
Le village dans lequel les pompiers ont été ensevelis en ce 19 juillet était
celui de mon grand-père maternel, Champagne (quelque part dans la Nièvre,
entre Vézelay et Clamecy)... Je connais au moins les lieux comme ma poche »
me répondit Patrice Maltaverne. Traction-Brabant
ne pouvait donc manquer de saluer, même brièvement, la mémoire de Claude
de Burine, disparue le 29 Juillet de cette année, donnant de ce fait à sa
livraison la plus récente (n° 13 – juillet 06) une gravité inhabituelle.
Claude de Burine n’était pas de nos familières. Elle fut proche d’abord
des poètes du Pont de l’Epée avant qu’Alain Bosquet ne
l’introduise chez Gallimard. Mais il revint à Multiples de publier son
dernier livre, « cette Auberge du pauvre (2004). Valérie
Rouzeau et Jean Pascal Dubost avaient naguère apporté à Décharge un
dossier éclairant cette personnalité : dans l’entretien qu’elle leur
accordait, elle opposait la ville à la campagne avant d’émettre le vœu de
reposer dans son village nivernais. « On
venait avant à Paris pour apprendre le métier, l’élégance, une façon d’être,
se montrer généreux, libre. Où est ce Paris ? En province on aimait les
vieilles dames qui vont au salut, les tartes aux fraises, le Noël sous la
neige, les amitiés difficiles,
l’amour interdit, fou, brûlant, la nostalgie, une façon de vivre la sexualité
plus odorante qu’en ville où elle se montrait plus raffinée, plus talons
rouges, vous voyez. C’et vrai que j’oppose pas mal ville-campagne parce que
pour moi la ville perd son sens de la civilisation et que la campagne garde
encore quelque coin de terre où loin peut vivre libre, debout (...), pas à
plat ventre. « Le poème est la rosée du cœur » : voici ce
que je ferai inscrire sur ma tombe, histoire de rester fidèle à la nature, à
mon village nivernais de Saint-Léger-des-Vignes.» Entretien
avec Claude de Burine, extrait de : Décharge n°102 (2er
trimestre 1999). Bonnes Adresses : Traction Brabant : Patrice Maltaverne, Rés. Cure d’Air. Bat D1 – 16 rue de la Côte 54000 Nancy. Poézine envoyé contre une enveloppe timbrée à 0,77€.
« - Non, dit Adamsberg. Ce n’est pas
parce que le langage nous paraît compliqué qu’il est poétique. »
Allons
repeindre l’horizon d’un mouvement lent des mâchoires, ruminants que nous
sommes. Un chemin de mousse serpente sur ce versant. C’est une belle promenade
en compagnie des vaches. On rumine, on se lave la mémoire à grandes eaux. On
germe dans un petit couloir, on maquille la douleur, on lessive l’espérance.
L’abîme cogne contre le château des évidences, je dresse mes soirs de
brume, les chaussures de ma pesanteur, l’alcool des nuits illisibles, le
balancement des squelettes, la fleur d’ennui qui poétise le tourment. Mon
chant casse la croûte dans la bouche des ruminants, s’imbrique à l’œuf
sidéral. A chaque ligne c’est comme si je dictais mes dernières volontés.
Je remplis le petit cochon rose, la tirelire d’instants à paître. Le moteur
tourne en harmonie avec le désir. On a bien oublié un sac ou deux dans une
chambre passée mais... Les jours s’en vont toujours sur un chemin pavé
d’amphores. Yves
Artufel : Il faut repeindre le moteur Extrait
de : Polder n° 101,
inclus dans Décharge n°101 (1er trimestre 1999).
I.D
n°3 : « Éclairons le Polder »
Avant
même que s’ouvre l’espace sidéral de ce présent site, dont on n’imagine
désormais sans effroi la vertigineuse et irrésistible expansion, le système Décharge
n’était pas simple, et même un poil rebutant pour qui le
rencontrerait au hasard d’Internet et d’une souris aventureuse. On y use
volontiers en effet d’un vocabulaire assez singulier, ésotérique parfois,
dont le sommet semble avoir été atteint lorsque le rédac-chef décida d’affubler
les amoureux de la poésie et les poètes eux-mêmes du titre de Palefreniers
du Rêve. (Prière néanmoins de libeller vos chèques à cet ordre, merci).
Contentons
nous pour l’heure de braquer puissamment notre lunette sur le terme
énigmatique de Polder. Il désigne en fait un très innocent livret de
40 à 50 pages, d’un format de 14 cm sur 10, trimestriellement dédié à un
poète, peu lu jusqu’à cet évènement éditorial, voire un auteur méconnu
(mais important quand même). On pourrait donc, sans trop forcer sur l’image,
définir ces Polders comme autant de satellites tournant autour du foyer
central, qu’est la revue. La formule, d’un volume par trimestre,
présentement adoptée après divers avatars qui appartiennent à notre
histoire, nous plaît et à la fois nous préoccupe. Nous plaît parce qu’elle
répond à une fonction de toute revue qui est d’organiser le présent en vue
de décrypter l’avenir. On ne gagne pas à tout coup, de certains auteurs
élus avouons que nous avons perdu toute trace, mais à ce qui pourrait
paraître comme notre palmarès sont accrochés les noms d’Armand Olivennes et
Valérie Rouzeau,
de Gaston Criel et Michel Merlen, d’Alain Malherbe et de Catherine
Maffaraud. Entre autres. Et cette formule par ailleurs n’est pas sans nous
préoccuper car, contrairement à ce que facilement on imaginerait, nous ne
sommes point submergés par les manuscrits et conséquemment, déroutant
constat, il nous arrive de craindre de ne pouvoir tenir le rythme de quatre
publications par an. Donner un ensemble de 40 pages qui se tient n’est pas, il
faut croire, chose facile.
Ces
livrets sont une de nos fiertés, à tel point que volontiers nous rendrions
compte du monde poétique par un distinguo entre ceux qui en ont et ceux qui n’en
ont pas, entre ceux qui en ont un et ceux qui en ont deux (On ne peux pas en
avoir plus de deux, c’est la règle). Je parle toujours de Polders,
vous suivez ? Yves
Artufel
fut publié dans ce cadre. Une fois. « Il faut repeindre le moteur »,
c’était le titre et le programme de son polder (n° 101). On peut
penser que le moteur fut repeint puisque Artufel fait paraître à ces propres
éditions, Gros Textes pour ceux qui l’ignoreraient, « ma Vie
en rose ». Dont il semble qu’elle ne soit pas sans épines. Je
cueille cet aphorisme (c’est en fait un bouquet d’aphorismes), triste
et beau comme du Jean Pierre Georges : « Je n’aurai fait que monter une
à une les marches qui descendent au tombeau ». Oui,
objecterez-vous, mais pourquoi d’entre tous les polders évoquer
celui-ci ? Parce qu’en tant qu’imprimeur-éditeur, Yves Artufel
coproduit aujourd’hui avec Décharge ces précieux opuscules. Cette
précision, vous le concèderez, valait le détour.
« - La poésie, ça sert surtout à compliquer les choses, non ? Mais peut-être qu’en les compliquant, on les comprend mieux. Et en les comprenant, on les simplifie. Au bout du compte. -
Oui, dit Veyrenc, surpris » Fred Vargas. Dans les Bois éternels. Viviane Hamy p 126
I.D
n°1 : Une ombre
dans le puits
Le plus récent numéro de Décharge (n°130 – Juin 2006) s’ouvre sur un juste salut adressé à Armand Olivennes, mort le 19 avril de cette année. Depuis six ans, à la suite d’un grave accident de santé, Olivennes était absent d’une scène poétique dont il avait été une figure familière, où il oeuvra avec pugnacité et bienveillance. L’aurait-on déjà oublié ? Sa disparition fut des plus discrètes, comme le relève Eric Dussert sur son Alamblog, le 26 août dernier. Amical, généreux, attentif, passionné, il fut compagnon de route de maintes revues, parmi les plus modestes parfois ; et ses écrits, nombreux, ont été publiés par une multitude d’éditeurs petits et minuscules. Guy Ferdinande qui l’accueillit volontiers dans ses diverses publications, fut le premier à lui rendre hommage dans le numéro 84 de Comme un Terrier dans l’igloo, datée par sympathie du jour de la mort de ce poète, laquelle pourrait bien symboliquement marquer la fin d’un âge d’or : « Si le revuisme poétique, assure Guy Ferdinande, eut un moment donné un contour, sinon un sens comme on dit, et Dieu sait que j’ai besoin de me convaincre qu’il en fut ainsi, au bout de tant d’années passées journellement à la tâche, Armand fut un de ceux qui ne se comptent que sur les doigts d’une main, qui y contribuèrent. Il avait foi en la poésie, en la poésie vivante, et tout ce qu’il écrivit, entre désespérante réalité et merveilleux vaille que vaille, fut à cette hauteur. » Pour y voir un peu clair dans une production abondante, on pourra se reporter à l’anthologie Clérouque, publié en 1989 par l’Atelier Alpha Bleu, qui republia en 1992 L'Enterreur, primitivement paru chez Oswald en 1966, et qu’on peut considérer comme son chef d’œuvre. Deux Polders ont été publiés par Décharge : « Puma » en 1991 ; et « Obros » en 1996 en co-production avec le Rewidiage, d’où est extrait Amigo. Armand Olivennes continue de nous parler : « Tu
meurs pour ta vie pour
que vivent les fantômes les
anges et les entéléchies pour
creuser la tombe de
l’hypnose et de la folie ! Tu
meurs pour que vive ton
ombre dans le puits ton
lait sur les épines ta
lunette dans le fruit. » Bonnes Adresses
: Comme un Terrier dans la Dune – Guy Ferdinande – 67 rue de
l’église – 59840 – Lompret – 3€
le numéro Alamblog :
www.lekti-ecriture.com/blogs/alamblog/ I.D
n°0 : « Allez, je
me jette ! »
Un
peu d’appréhension. Pas mal d’appréhension avant d’ouvrir la porte et de
sauter. Dans le vide ? Sur la Toile ? Crainte de me faire bouffer par
ce machin. Un engrenage. Tu donnes un doigt et. On connaît. Même au nom de
l’intérêt supérieur de Décharge, ça craint.
Bon,
jusque là, à redire, rien. J’étais d’accord. S’adapter il faut. Mais
pourquoi moi ? Pourquoi faut que ce soit sur moi que ça tombe, cette
affaire. Là déjà moins j’étais. D’accord.
En
outre, j’ai jusqu’alors trouvé peu de raisons de m’enthousiasmer pour ce
que l’espace prétendument virtuel donne à lire. (Quelques-unes quand même.
Je les garde pour une prochaine I.D, si vous permettez). Mais le fait est que Décharge
déborde, n’en finit pas de déborder, il n’a pas suffi de transmuer
l’ensemble poétique à auteur unique, - le Polder pour parler en
langage indigène, - en un volume autonome, publié indépendamment de la revue
quoiqu’au même rythme trimestriel, pour la publication soit allégée. Par un
phénomène des plus curieux, la revue après la libération du Polder,
compte le même nombre de pages qu’auparavant. Mais
il s’agit aussi de ne pas concurrencer Décharge par des pages
internautiques, et moins encore de la transformer en revue dite virtuelle. Conquérir
un nouvel espace, oui ; mais son cœur est et restera de papier, ces pages
d’I.D ne devront que l’accompagner, la compléter, la soulager du
trop-plein, en être une mémoire. D’où le titre.
Les
initiales d’I.D signifient (j’allais oublier de le préciser, mais les plus
doués auront deviné) Itinéraires de Délestage
et rien de plus (dit-il). Et ne comptez pas sur moi pour m’imposer un
rythme régulier : les I.D suivront la nécessité et les humeurs du scripteur. Na !
Et
déjà un possible slogan : Empruntez nos I.D.
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