Décharge ]

ID : les Itinéraires de Délestage
de Claude Vercey
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I.D n°46 : Dans le labyrinthe obscur de l'oeil

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[En couverture de Décharge 134, ce tableau de Lewigue (1938 – 2005) :
« Il y a en Lewigue quelque chose de l’homme préhistorique peignant dans les grottes la magie de l’image... » Roland Nadaus passim]

 

On pourrait croire
Que c'est le vent
Qui heurte le ciel

Ou que c'est le ciel
Qui ploie le vent
Vers l'ombre de la terre

Mais le noir se fait
Echo du silence
À l'aigu de la cime

Le regard ici-bas
Dialogue avec l'éclair
Dans le labyrinthe
Obscur de l'oeil

La nue déserte
À l'aplomb du vide
Tremble soudain
Dans l'attente d'un feu
Qui viendra combattre la nuit

Vaincre la mort

François Teyssandier

 

La peinture de Lewigue me semble trouver une équivalence dans le poème que François Teyssandier, lecteur de notre revue, nous adresse. Il espère, nous écrit-il, n’avoir versé dans l’illustratif. Je le crois. Une contemplation active, dont l’expression méritait d’être confrontée à son modèle.

Autre réaction au 134 : Alain Boudet a adopté une Poire de Claude Held parue dans nos pages pour une prochaine mise en ligne sur son site de la Toile de l’Un : http://boudully.perso.cegetel.net/ qui met la poésie à la portée d’un jeune public et des maraudeurs de tout âge.

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mots clés: Lewigue Nadaus Teyssandier Boudet Held

I.D n° 111 : Edifiant

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contributeur: Les I.D. de Claude Vercey 

L’affaire relatée dans notre I.D 110 a fait réagir... J’en rappelle d’abord ci-dessous la triste conclusion, telle qu’elle nous fut rapportée par notre informateur Jacques-François Piquet, et publie à la suite quelques-unes de vos réactions, le fait étant entendu que « c’est au-delà de Roubaud qu’il faut voir », comme l’a écrit Christian Degoutte, en cette affaire "édifiante," pour reprendre le mot de Béatrice Libert.

C.V

Jacques-François Piquet : On le sait aujourd’hui : les parents et professeurs "influents"ont obtenu gain de cause quand, mercredi 22 avril 2008, suite à plusieurs plaintes adressées en haut lieu, l’épreuve fut annulée et reportée au samedi 26 avril. Jacques Roubaud parle de « sabotage » et se dit indigné. Vives réactions de la part de professeurs et d’élèves qui s’étaient réjouis de ce choix "audacieux". Pour les plaignants "l’affaire Roubaud" ne sera plus demain qu’un fâcheux contretemps. Pour nous autres, l’affront fait à l’homme et à la littérature vivante laissera longtemps un goût amer.

Laurent Grisel : - Je me souviens de la réplique d’une gentille et sensible et bosseuse prof avec laquelle je travaillais, dans son collège, à un atelier de lecture écriture. Pour me faire sentir le plaisir et la nouveauté, elle m’explique qu’elle étudie, d’habitude, avec ses élèves, des textes d’auteurs morts. Je lui demande comment donc, dans ce cas, elle avait pu regarder avec eux les textes d’un auteur vivant (moi-même)? Avec le même élan et la même conviction de faire plaisir, de complimenter, elle me répond que c’est simple, elle a fait comme si j’étais mort.

Louis Dubost - ... scandaleux, mais pas si "inédit" : je me rappellerai toujours l'attitude catastrophée de mes collègues de Lettres au Lycée lorsque des poèmes de... Aimé Césaire ont été proposés au programme du bac ! – « Qui c'est çui-là ? Toi le poète (avec beaucoup moins d'ironie que d'habitude !), tu pourrais pas nous refiler un topo, tu dois le connaître ! » Réponse : « Allez chez Agora (librairie), vous trouverez tout ce qu'il vous faut, publié par Gallimard ! - Ah ! Gallimard (ton admiratif) ». J'aurais ce jour-là volontiers joué au bourre-pif avec ces capésiens et agrégés de l'Université !

François Teyssandier - (extraits) : ...Faire plancher des jeunes gens encore malléables sur un recueil de Jacques Roubaud est une perversion de l'esprit! ...
(...) Je lance un appel solennel à tous les poètes du monde entier: mourrez le plus vite possible afin que vos oeuvres soient inscrites le plus rapidement possible au CAP, au Brevet, au Bac, à la Licence, à l'Agrégation, au Doctorat et à l'examen d'entrée dans le corps des Sapeurs pompiers (pourquoi pas, il est permis de rêver, non?) ...

(...) Jacques Roubaud n'est pas mort. Faut-il s'en réjouir ou s'en attrister? Ce pourrait être le prochain sujet de philosophie au Bac 2008...

Et encore : Suite à nos récents envois, Eric Brogniet et la Maison de la poésie de Namur ont marqué leur intérêt en créant un lien vers notre site. On visitera en retour le site http://www.maisondelapoesie.be/
Le site remue.net a également repris le texte de J.F Picquet : http://remue.net/spip.php?article2712

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mots clés: Piquet Roubaud Césaire Grisel Dubost Teyssandier Degoutte Libert

I.D n° 210 : “… que c'est jamais fini la poésie”

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contributeur: Les I.D. de Claude Vercey 

Ça bouge sur le site : Le pessimisme de l'intelligence ne doit pas désarmer l'optimisme du cœur et de la volonté".
C'est par cette citation de Gramsci que Jean-Pierre Siméon termine la lettre qu'il m'envoie, à propos de la dernière Rumination parue dans Décharge (n° 143 – Les Hussards de la poésie) et de mes réflexions autour du livre Aux passeurs de poèmes, dont un premier compte-rendu avait été donné dans l'I.D n°171. A lire dans les Réactions.

Sur le même onglet, François Teyssandier s'émeut à juste titre de la fermeture de la Maison de la poésie de Dieppe et de Haute-Normandie. J'y reviendrai dans un prochain I.D. Merci aux lecteurs qui dégainent plus vite que nous et s'indignent …!

Et pendant ce temps, la revue Langue vive est devenue la revue du mois.

Pour prolonger l'itinéraire précédent (I.D n° 209), à propos de la Der des ders des Rencontres pour lire de  François de Cornière, et aussi en écho de la note ci-dessus :

Liquidation

parfois on recherche un poème
pour une phrase
qu'on a lue on ne sait plus quand
mais qui revient – pourquoi -
à la mémoire
à cause peut-être d'une impression
pareille
à celles qui font croire
qu'on a déjà vécu ce moment-là
alors on feuillette des livres
on s'arrête sur des mots des images
et on s'aperçoit qu'au fond
on n'a jamais rien lu
ou plutôt que c'est jamais fini la poésie
quand bien même on passe des nuits
à courir le long des rails

pour rattraper ce qui s'en va
comme un jour on s'arrête
devant une boutique de souvenirs
avant la saison sur la côte
pour une pancarte en lettres bâtons
qui dit que Tout doit disparaître


François de Cornière : « Tout doit disparaître »,
repris dans C'était quand – Le dé bleu éditeur - 1999

 

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mots clés: DeCornière Simeon Teyssandier Senecal Gramsci

I.D n° 214 : Touché, pas coulé

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Triste, très triste que la Maison de la Poésie de Haute-Normandie ferme ses portes », écrivait François Teyssandier dès le 9 octobre, guère après que l'annonce nous fut rendue publique. Tristesse partagée, oui : après 7 années d'activités intenses, mais intermittentes, portées par un rare enthousiasme, avec l'espoir d'installer durablement à Dieppe une Maison de la Poésie, l'association qui sous cette cette appellation anticipée, en cela un rien trompeuse, entendait par ses actions en démontrer la nécessité, a renoncé. Au cours du Conseil d'administration du 23 septembre 2009, constat était dressé de l'incapacité à passer du stade du bénévolat militant à la pérennisation désirée, qui passait par la création d'un emploi et l'attribution d'un lieu fixe et permanent. En conséquence, l'équipe groupée autour d'Eric Sénécal décidait à son grand regret de stopper sur le champ [ses ] activités.

« Toutes les actions en attente de la Maison de la poésie de Haute-Normandie sont annulées et l’association mise en sommeil. » On devine la difficulté de prendre une décision aussi radicale. Mais elle est à la mesure de la désillusion, amplifiée certainement par le fait que le passage tellement souhaité d'une activité intermittente, à laquelle l'association depuis 7 ans s'était adonnée avec ferveur et une compétence que tous ses invités ont pu apprécier, à l'installation effective d'une Maison de la poésie, que ce passage donc avait semblé à portée de main. La déception n'en fut que plus cruelle. Je me souviens, lors de mon séjour à Dieppe (I.D n° 163), des espoirs qui se levaient, à cette époque d'élections municipales où la ville de Dieppe basculait à gauche. Le but se rapprocha encore davantage lorsqu'à quelque temps de là, la Direction régionale des Affaires Culturelles (DRAC) - représentant en province le Ministère de la culture, comme on sait - octroya une subvention importante et fit savoir qu'elle était prête à signer avec l'association une convention pluriannuelle.

Un signal fort. Quand on a un tant soit peu travaillé dans ce milieu, au contact avec les Pouvoirs publics, on connait cette manière de faire, où chacun se déclare intéressé par un projet, mais se renvoie la balle en se gardant d'ouvrir le jeu. En revanche, dès lors où l'un d'eux a avancé une proposition, il s'en suit la plupart du temps une sorte de surenchère, aucun ne voulant demeurer en reste. Or, il advint que cette fois ( allons, créer un emploi aujourd'hui …! Et en faveur de la poésie, y songez-vous ?) le premier pas ne fut pas emboité, du moins les promesses qu'il suscita furent décevantes, les garanties pour assurer un emploi durable insuffisantes : fallait-il pourtant prendre le risque, tenter le diable ? Ou continuer comme par le passé ? On devine combien dans l'association chacun dut balancer; mais le choix fut fait, revendiqué comme responsable : la Maison de la poésie de Haute Normandie n'aura pas passé la promesse des fleurs, comme Malherbe n'aurait manqué de l'écrire.

Un coup dur, oui. Encore faut-il l'apprécier dans ses justes proportions : « Nous ne sommes pas morts dans un crash aérien », ironise le site dieppois. Le feu ne semble pas éteint : qui a côtoyé la chaleureuse et hospitalière équipe ne s'en étonnera guère. Et l'on rappellera que dans la hiérarchie de son engagement, les activités d'animations préfigurant une Maison de la poésie étaient secondes par rapport aux activités des Éditions Clarisse, que dirigent les mêmes bénévoles, si bien que ce passage raté à l'institutionnalisation n'est peut-être en effet qu'une péripétie, dans une aventure déjà riche, dont il reste à attendre un prochain rebond. « Nous allons repartir de plus belle avec l'édition et déjà quelques idées d'animation », prédit Eric Sénécal dans une lettre récente. A suivre.

Repères : On se reportera sur le site de la Maison de la poésie de Haute-Normandie et celui des Éditions Clarisse.  On lira en réactions sur notre site l'intégralité du message de François Teyssandier.

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mots clés: Sénécal Teyssandier

I.D n° 260 : Tu es un homme, mon vieux

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contributeur: Les I.D. de Claude Vercey 

Frontispice de René Claude
pour Poèmes de l'inconfort

 Vient de paraître chez Folle Avoine le livre attendu, annoncé, de Serge Wellens, Poèmes de l'inconfort, dont on savait que l'auteur avait corrigé les épreuves avant que la mort ne l'emporte brusquement, au dernier jour de janvier (I.D n° 237). On ne peut lire sans émotion cet ouvrage, dont je rendrai compte plus longuement dans le prochain Décharge (juin 2010) où seront également recueillis à propos de cet auteur les hommages de François Teyssandier et Christian Sapin.


Il me suffira pour l'heure de placer ces Poèmes de l'inconfort sous le signe de la fidélité, valeur à laquelle Wellens n'a jamais dérogé : fidélité de l'auteur envers lui-même, envers ses mots et de ses images ; fidélité aux amis, vivants auxquels beaucoup de poèmes sont dédiés, et disparus, convoqués un soir où l'auteur ouvre l'album photo « pour ne pas être seul », fidélité envers son illustrateur René Claude qui cette fois encore signe le frontispice, et bien sûr envers Yves Prié et sa Folle Avoine, auxquels l'œuvre poétique est confiée depuis 1986 pour, au final, 6 livres publiés.


Réponse à Kipling

Extrait de Poèmes de l'inconfort
© Folle avoine éd.

 

Si le froid de l'aube
te poignarde dans le dos


si le soir est un manteau
trop lourd pour tes épaules


si les paroles alentour
ne sont que du bruit
au milieu du bruit


si tes yeux prennent feu
sous les loupes de tes larmes


si des visages sans nom
traversent ton sommeil


si des noms sans visage
t'empêchent de dormir


si tu croises ta mort
dans le regard de tes amis


et s'il te vient aux lèvres
un mot retrouvé dans un trou de mémoire
un mot pour rire
pour rire et pour faire rire autour de toi


alors
oui
tu es un homme
mon vieux.


Repères : Serge Wellens – Poèmes de l'inconfort – 48 pages – 9€ aux Éditions Folle Avoine - (Le Housset – 35 137 – Bedée)

Dossier Wellens, dont un entretien avec Claude Vercey, dans la revue Décharge 125 (mars 2005).


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mots clés: Wellens Sapin Claude Teyssandier Vercey Prié

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