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de Claude Vercey

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I.D n°12 : Fracas, tracas, soupçons

trouvé dans catégorie : Les I.D. de Claude Vercey

date: 2007-02-01 10:31:57

A Diérèse, revue qui jusqu’à alors prospérait tranquillement, les portes claquent. François Huglo en sort, excédé de voir caviardées ses propres chroniques d’abord, les lettres de Jean Rousselot ensuite qu’il avait pris le parti d’y publier. Daniel Martinez, responsable de la publication, assume et justifie la censure par égard à la réputation de l’auteur, décédé en 2004.

Jean Rousselot aurait-il, sur la fin de sa vie, été sensible aux thèses lepénistes ? Le soupçon affleure. Décharge enquête, livrera documents et conclusion dans son numéro de décembre. En attendant, on se fera une idée de la querelle en se référant à l’article « Jean Rousselot quitte Diérèse » que François Huglo publie dans le dernier numéro de Comme un Terrier dans l’igloo.

Décharge s’est plu à publier régulièrement ce poète important et ce passeur d’exception que fut Jean Rousselot. En dernier lieu, pour ses 90 ans, une petite anthologie qui comptait le poème inédit, que nous reproduisons ci-dessous.

Pour Claude Vercey

Dindon de toutes les farces
On a pourtant sans une plainte
Servi de cale à l’univers boiteux
Et de guerre lasse accepté
La vieille hypothèse Dieu.
Au lieu de s’arsouiller dans ses propres bas-fonds
En quels nuages s’enfuir
Et quelle mer tenter de boire
Il se fait si tard dans le Monde
Qu’on n’aura pas le temps de choisir.

(Inédit - 2003)

Note de l’auteur: “Univers boiteux” fait allusion aux tout derniers avis de nos cosmologues. Item “l’hypothèse Dieu”. Le big bang a du plomb dans l’aile.

Les bonnes adresses : Comme un Terrier dans l’igloo n° 89 - 67 rue de l’église – 59840- Lompret – 3€ Diérèse n° 33 (et précédents) – 8 av. Hoche – 77 330 – Ozoir-la-Ferrière – 10,76€
Décharge n° 120 : anthologie de poèmes de Jean Rousselot dont un inédit. 6€

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mots clés : Martinez Rousselot Huglo

I.D n°13 : Un grand frère

trouvé dans catégorie : Les I.D. de Claude Vercey

date: 2007-02-01 10:53:03

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Entretien minute avec François Huglo

Afin de comprendre l’enjeu de cet entretien, le lecteur sera bien inspiré de se reporter à notre Itinéraire de Délestage n°12, en attendant l’I.D n° 13 bis, réservé aux réponses de Daniel Martinez.

Claude Vercey : Comment définir, cher François Huglo, les rapports que tu entretenais avec Jean Rousselot ? Qui étais-tu pour lui : un ami, un correspondant privilégié, un (ou peut-être le) spécialiste de son œuvre, son fils spirituel ?
François Huglo : Ami et correspondant privilégié, oui. Le mot « spécialiste » sent trop la division du travail et la chasse gardée, je préfère parler d’une passion, que je veux garder pour moi, pour l’une des œuvres majeures de ce siècle. Serge Wellens parlait de Rousselot comme d’un « grand frère spirituel », c’est aussi ce qu’il représente pour moi.

Depuis quand le fréquentes-tu (ou fréquentes-tu son œuvre) ?
Quelques poèmes lus dans des revues, un article de Gérard Noiret, un entretien avec Simonomis, ont éveillé en 1984, une curiosité qui ne s’est pas endormie depuis.

Depuis quelle époque vous écrivez-vous ? Combien de lettres possèdes-tu de lui ?
Je viens de compter (l’idée ne m’en était jamais venue) : 432 lettres, du 4 Mars 1985 au 12 février 2004 (des conversations téléphoniques ont suivi).

As-tu rencontré Rousselot ? Souvent ?
Je n’ai pas compté. Dix, douze fois ? Chez lui, chez des amis (Simonomis, Georges Bonnet...) au cours de colloques ou de manifestations diverses.

Son humour semble assez particulier. En faisait-il preuve également dans la conversation ? En as-tu noté d’autres traits dans sa correspondance ? Fréquemment ?
Y a-t-il humour de l’émetteur quand le récepteur ne rit pas ? Je me demande si l’humour peut être particulier. Il suppose une connivence, une relation, voire une thérapeutique, genre acuponcture, sans oublier conjurations et exorcismes. Rousselot pratiquait toutes les formes d’humour, de préférence caustique, critique, noir, absurde (le couteau sans lame auquel manque le manche le ravissait), parfois rabelaisien (épicé, sans lourdeur), souvent en compagnie d’amis : il se souvenait de Paul Chaulot déguisé en évêque, et lui-même, je peux en témoigner, imitait fort bien d’Ormesson. Particulière quand même est l’osmose, de plus en plus sensible dans l’œuvre, entre le sens de l’humour et le sens poétique, mais autant que de sens il s’agit d’une logique et d’une forme à chercher du coté de l’ellipse, une sorte d’algèbre, bref... il y aurait toute une étude à faire sur cette évolution de la poésie de Jean Rousselot.

A lire : notre dossier « la Diérèse Rousselot » in Décharge n° 132. Témoignages et points de vue de Daniel Martinez, Anne-Marie Rousselot et Claude Vercey. Et deux poèmes inédits de Jean Rousselot.

 

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mots clés : Rousselot Huglo Martinez Wellens

I.D n° 26 : Un témoin récusable

trouvé dans catégorie : Les I.D. de Claude Vercey

date: 2007-03-09 11:36:49

La Diérèse Rousselot, dossier publié dans Décharge 132, a fort embarrassé le critique Alain Hélissen. Qui le dit, c’est son droit (et peut-être son devoir) : une première fois en Janvier 07, dans la Carte blanche qu’il a reçue de la revue Poezibao, et à nouveau (était-ce si important qu’il faille le répéter ?) dans le Mensuel du Théâtre-Poème de Février. Lisons:
 
Claude Vercey revient – était-ce bien opportun? – sur une polémique engagée par François Huglo qui s’estime censuré à la suite du refus de Daniel Martinez, directeur de la revue Diérèse, de publier à la suite l’intégralité de la correspondance – en tout 432 lettres – que lui adressa Jean Rousselot. Certaines de ces lettres renfermeraient, selon Daniel Martinez, des propos antisémites ou de complaisance avec l’extrême-droite. À défaut de posséder tous les éléments objectifs du dossier, le lecteur hésitera à prendre parti, comme d’ailleurs Claude Vercey, "agitateur prudent". Quoi qu’il en soit, l’affaire ne me paraît pas assez grave pour mériter de telles coulées d’encre et encore moins pour provoquer des querelles entre des animateurs méritants de la sphère poétique.
 
Notre commentateur connaît la musique, indubitablement cela sonne comme de la critique (louvoiement dans l’approche, prudence de l’expression, et l’emploi du conditionnel est admirable !) mais que vaut une critique qui se détourne des faits ? Les moins discutables, ceux-là que les protagonistes de l’affaire eux-mêmes s’entendent à reconnaître, y sont dénaturés.
1. Huglo a été censuré ; mais (c’est le cœur de la polémique) les lettres de Rousselot, surtout. Le directeur de Diérèse ne conteste pas ces faits de censure, il pense tout bonnement qu’ils sont justifiés.
2. Et il n’a pas mis fin à la publication de ces lettres, la décision est venue d’Huglo, ne supportant pas le caviardage qui leur était appliqué.
3. L’énormité de la correspondance n’a fait peur ni à l’un, ni à l’autre, tout deux ignorant le nombre de lettres qu’elle comptait. Cette donnée a établie par notre enquête, et elle tend à montrer l’amateurisme de cette entreprise éditoriale, lequel a entraîné incompréhension, malentendus et crise finale entre ces deux animateurs méritants.
4. La question n’est pas de savoir si les lettres contiennent ou non les propos en question, - que nul ne conteste. Elle est de savoir quel sens leur donner. Humour ou pas ?
5. La querelle n’a pas été provoquée par le dossier, mais le dossier est construit sur une querelle dont l’enjeu n’est rien moins que la réputation d’un auteur, qui a servi de référence à une génération et que Décharge entre autres revues a volontiers publié.
 
Dernier point, soigneusement ignoré par le compte-rendu : ce dossier, que certes j’introduis et conclus, est moins matière à réflexion qu’une manière d’enquête, au cours de laquelle interviennent et argumentent Anne-Marie Rousselot et Daniel Martinez, et que prolongent les Délestages 12, 13 et 13 bis, où Martinez encore et François Huglo à son tour témoignent. Bref un ensemble de données qu’Alain Hélissen, mieux que tout autre lecteur, aurait pu recouper aisément, il lui suffisait de parcourir les plus récents Diérèse : aurait-il oublié qu’il est aussi critique à Diérèse, revue d’où est partie la querelle ? La retenue, dont stylistiquement il use avec tant d’ostentation, n’aurait-elle dû le conduire, au bout du compte, à s’abstenir, plutôt qu’à s’engager dans une intervention dont le résultat le plus flagrant est le brouillage des pistes ? Gâte-sauce ou faux témoin ?
 
A lire ou relire : Décharge n° 132. I.D n° 12, 13 et 13 bis et leurs notes bibliographiques.
Poezibao à la date du 4 janvier 07 : http://poezibao.typepad.com/
Le Mensuel Littéraire et poétique : n° 342 - Février 2007. Tiré à 12 600 exemplaires. Théâtre-poème de 30 rue d’Ecosse. 1060 Bruxelles. www.theatrepoeme.be

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mots clés : Hélissen Rousselot Huglo Martinez

I.D n° 47 : Se fendre la pipe

trouvé dans catégorie : Les I.D. de Claude Vercey

date: 2007-06-28 10:33:26

Résumé d’un chapitre précédent : Je terminais l’ I.D n° 43 sur la parution de Verso n° 129 (chez Alain Wexler - Le Genetay – 69480 – Lucenay), où, notais-je un rien dépité je l’avoue, Christian Degoutte renvoyait à notre site tous ceux qui veulent "se fendre la pipe". Appréciation réductrice, me semblait-il ; mais après tout, critique est charbonnier chez lui, n’est- ce pas ?
 
Et ce qui s’en suivit
A peine la chronique susdite mise en ligne : «ô Claude, m’écrivait Degoutte, se fendre la pipe apparaît sous cette forme dans la chro parce qu'Alain [Wexler] (le vilain) a coupé (pour ne pas blesser un auteur publié et qui sera publié dans Verso) dans ce que j'avais écrit. Ce qui m'avait fait rire, c'est la lettre de J L Bernard à propos de Romain Fustier, [sur notre site sous l’onglet Tête de gondole], lettre dans laquelle Bernard faisait du gnagnagna contre Fustier (ça je peux comprendre qu'on ne soit pas d'ac’ avec Fustier), faisait (je trouvais) un peu son vieux con conseillant un petit jeune (c'est une misère qui nous guette tous : faire le vieux con), mais surtout finissait par dire que Fustier n'avait pas de vie intérieure (ou un truc comme ça, à vérifier). Quand l'inquisition (j'exagère un poil) nous surveille, quelles sont les deux seules réponses possibles ? Se fendre la pipe et faire passer les inquisiteurs pour des imbéciles. Dans la suite de l'article que j'avais consacré à cette lettre bernardine c'est justement ce que je faisais (...) Mais Wexler n'a pas voulu pour les raisons sus-citées. Tu vois, y'a pas qu'Huglo qui souffre comme gratte-papier, [voir nos I. D 12 à 13 bis] et je t'avoue que je me suis interrogé : dois-je continuer ou non si je ne peux pas aller au bout de mes critiques, parce que, comme dirait l'autre (Beaumarchais ?) "sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur", surtout qu'il y a eu un précédent grand coup de ciseaux (dont j'ai oublié le motif : ce qui en prouve la gravité). »
 
Mince affaire, l’on sera tenté de juger. Ou : il n’y a pas mort d’homme, comme il est dit couramment, - sans doute, et d’autant que selon toute probabilité la menace agitée par Degoutte de se retirer restera paroles en l’air, propos entre gens de bonne compagnie et amis (n’oubliez pas ce détail). Alors quoi ?
 
Ceci : une aventure poétique, éditoriale tout aussi bien, qui ne se double pas d’une entreprise morale, n’est rien. « Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tache de sang intellectuelle. » (Isidore Ducasse - Poésies I). C’est vrai qu’après avoir balancé un truc pareil, mieux vaut mourir jeune. Convenez au moins que la serinette, (redescendons à un niveau de moindre exigence) on nous l’a souvent servie : pauvres certes nos revues et leurs revuistes, mais honnêtes. Et libres (Libres... !). Ou, traduit dans une langue de rapporteuse : « La fragilité de leurs finances, qui (...) les met bien souvent au bord de l’abîme, les exonère en même temps du soupçon de complaisance et leur donne une crédibilité qui peut se traduire dans le courage et la liberté de leurs choix littéraires, de leurs critiques ou de leurs idées. »(*) Patatras ! Cette belle liberté, le seul bien dont on pouvait semble-t-il légitimement se targuer, la voilà à la merci du premier abonné venu ! A terre la théorie, pourtant exaltante, où s’opposent la publication richement dotée, subventionnée jusqu’aux yeux et prête pour cela à toutes les bassesses pour protéger les sources du pactole, et celle à l’image des nôtres, sans moyens ni ressources, - hors ses abonnés qui la protègent, - mais fière et intraitable. Sortez vos mouchoirs ! (et gardez-les à portée de main car cette histoire est ... à suivre)
 
* - Citation explicitée dans les Ruminations in Décharge 133 p 65.

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mots clés : Degoutte Wexler Bernard Fustier Huglo

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