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Les I.D.

de Claude Vercey

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I.D n°227 : Dix-sept, à gauche, dans l'igloo

mercredi 23 décembre 2009 [09:46:10]

Quelle France

Une formule originale de publication : trente exemplaires papier destinés aux auteurs ont été tirés; et toute personne désireuse de se procurer le numéro le recevra copie conforme sous forme de fichier pdf gratuit en s'adressant à l'adresse : guy.ferdinande@neuf.fr

Non, ce n'est pas une variation sur le thème du Rouge évoqué dans l'I.D 225, mais l'écho à une production du Rewidiage, de Dan et Guy Ferdinande, lequel a soumis ses correspondants à la question : Pour nous, au fond, c'est quoi être de gauche ? , question que je vous suggère de garder en réserve au cas où vous jugeriez un peu trop mornes vos prochains réveillons.

Dix-sept convives (le plan de table est sur la couverture. J'en suis : au fond naturellement, à gauche). Qui soliloquent, philosophent, exposent leurs convictions et leurs doutes, sous le titre de Quelle France, préféré au label habituel de L'Igloo sous la dune, en un écart significatif, comparable me semble-t-il, à celui récemment creusé par Yves Artufel entre Liqueur 44 et la nouvelle formule de Gros Texte, ou entre l'ancien Parterre Verbal de Jean-Michel Bongiraud et ses récentes Pages insulaires. (toute publication dûment recensée dans la revue du mois, chronique à laquelle je renvoie), bref un glissement remarquable du centre d'intérêt des revuistes, qui mériterait un examen plus approfondi, mais que provisoirement je baptiserai : Sortie des artistes, entrée des penseurs. J'ai l'impression que le texte de Charles Pennequin parle de cela.

Charles Pennequin compte parmi les contributeurs de Quelle France, avec un long texte rythmé à débit rapide, qui a dû après coup le laisser insatisfait, puisqu'il en rédigea une seconde mouture. Laquelle par la force des choses demeure inédite, (Guy Ferdinande la joint pour l'heure à ses envois internautiques). Avec l'autorisation de l'auteur, j'en reproduit ici la dernière partie.

Charles Pennequin :  (...) L'humain sera un jour le mauvais souvenir de l’univers. Son triste sire en quelque sorte. Le cogito ergo sum pourrait se mettre ça dans le crâne. Tenir enfin ce genre de discours. Mais il n’y a pas de discours qui vaille. Il n’y a pas de pensée non plus. Penser ne tient pas debout. Penser ne fait rien tenir. Et dès qu’on pense à l’humain on dit une connerie. Penser est bon pour la connerie. Car penser est un rêve de poète. C’est-à-dire de vilain canard boiteux. Penser est en vérité une rigolade. Et les philosophes se sont bien foutus de notre poire. Car penser n’existe pas du tout. Quand vous voyez un philosophe penser, vous entendez tout de suite des mots. Une enfilade de mots. Et cette enfilade ne va pas. Il nous faudra une autre enfilade, pour contredire la première enfilade. Penser c’est faire de l’enfilade. C’est suivre un fil. Mais le fil de l’enfilade est contredit par un autre fil d’enfilade. Et toutes les enfilades qui s’enfilent contredisent la longue file d’enfilade. Cette même longue file d’enfilade qui contredisait déjà tout ce qu’on avait pu s’enfiler d’avance. Penser est donc prendre une longueur d’avance. Une avance sur recette comme on dit, sur ce qui sera complètement anéanti. Donc, penser à l’avance ne sert à rien qu’à préparer le futur anéantissement de sa propre parole. Il n’y a pas d’autre projet que d’anéantir sa propre parole dans la longue file d’enfilade de mots. Tous les mots qu’on nous a donnés pour nous taire. Tous les mots qu’on a voulu parler pour une bonne fois se taire. Penser est finalement la meilleure manière de fermer sa gueule.

Charles Pennequin

Référence : Chez Dan et Guy Ferdinande – 67 rue de l'église – 59840 – Lompret - on peut se procurer les numéros passés de Comme un Terrier dans l'Igloo sous la dune.

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mots clés : Ferdinande Pennequin Artufel Bongiraud

I.D n° 264 : Une femme rêve

vendredi 28 mai 2010 [11:23:52]

tamboursamainsnues 002

De Gaëlle Josse, j'avais reçu il y a quelques mois, - par les soins de l'auteur, il importe ici de le noter et non en service de presse comme on pourrait l'imaginer - « Tambours frappés à mains nues », qui a décroché en 2009 le soi-disant prix de l'édition poétique de la Ville de Dijon. Depuis, le nom de Gaëlle Josse s'est sympathiquement immiscé dans la vie des revues, grâce à des chroniques publiées par Pages Insulaires, de Jean-Michel Bongiraud et par Traction-Brabant, de Patrice Maltaverne, marquant sa singularité en parlant aussi volontiers de littérature que de musique classique. A cause de cette activité critique, son talent naissant de poète pourrait risquer de passer au second plan ; à bon escient, les Nouveaux Délits de janvier 2010, tout couleur femme qu'ils se devaient d'arborer, l'ont mise en avant dans le n°35.

Ci-après un extrait de Tambours …, recueil où l'auteur fait feu de tout bois, s'essayant non sans adresse à diverses écritures, touchant juste assez souvent, sans que l'on puisse toutefois encore discerner quelle sera sa voix véritable.

I have a dream …

......................j'ai fait un rêve ma vie confiée à Photoshop c'est si simple quelques clics pour une peau parfaite des jambes sans fin et tout le reste Belle Hélène à jamais rien à vérifier le matin dans le rétroviseur ou sur la vitre de l'abribus retailler rééchantillonner ça ressemble au bonheur infini nirvana félicité suprême béatitude tu cherchais? ne cherche plus j'ai rêvé d'un Photoshop plus action garantie à l'intérieur du modèle augmenter la netteté supprimer les yeux rouges oublie que tu as pleuré le geste et son repentir éloge de la retouche réduire les défauts tous tes rêves devancés exaucés visualiser les effets contraste/luminosité docteur Faust tu peux garder ton âme ce n'est qu'une vieille arnaque qu'on te propose convertir renommer visualisation automatique les regrets les remords tout ce qui nous est tombé des mains tout est réparé cicatrices & coutures visibles rotation de l'image effacer les fichiers créer une nouvelle image vide vide pourquoi vide ?

Gaelle Josse : Tambours frappés à mains nues

A propos des prix et concours, - réflexions : Il est entendu que pour un débutant une des portes d'entrée les plus honorables vers l'édition est le concours de poésie, à condition que les frais d'inscription en soient nuls ou quasi, que le jury présente quelques garanties de compétence, que le manuscrit lauréat soit récompensé par une édition, c'est à dire non seulement un objet imprimé mais une possibilité pour celui-ci d'être diffusé et promu, entraînant un éventuel début de reconnaissance pour l'auteur. Autrement dit, le relai indispensable à une édition poétique (on a un peu honte d'user de cette lapalissade ) est un éditeur, qui inscrira le livre à son catalogue et le prendra en charge à la suite.

Nul éditeur pour le prix dit de la Ville de Dijon, malgré son appellation d'édition poétique : juste une auto-production, acceptable en tant que preuve d'une activité associative, mais à l'évidence point destinée à rivaliser en librairie avec tout autre livre. Et quoique officiellement tiré à 500 exemplaires, dont 150 remis à l'auteur, le reste disparaissant entre les Services culturels de la Ville, le Service de Presse (?) et la vente militante, selon le site, ce soi-disant prix d'édition poétique - avec cette insistance symptomatique à convaincre le gogo de la réalité du mirage - n'entretient avec l'édition véritable que le rapport lointain de l'alcool avec un Canada dry, son appellation devant être considérée comme abus de langage, pour le moins.

Repères : Pages insulaires, Traction-Brabant et Nouveaux Délits ont été tour à tour référencés dans l'onglet "La revue du mois" sur notre site. 

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mots clés : Josse Bongiraud Maltaverne

 
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