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I.D n°77 : Retour sur les Polder
date: 2007-12-05 08:50:33
Couvertures signées de Miroslava Lédo (Polder 135) et d’Isabelle Neveux (Polder 136)
Venez, je vous emmène (comme disait...) sur les Polder ouvrir nos poumons au vent de la brise marine... (ah ! foutu romantisme...)
Polder ? Hésitants et novices se reporteront à l’I.D n° 3 ou cliqueront sur l’onglet ainsi nommé présentant notre collection grâce à laquelle aspirants poètes ou méconnus méritants trouvent leur place, c’est du moins notre ambition, à la table commune. Derniers convives, en cette fin d’année 2007 : Claire Bartoli avec Les hommes ne sont pas comme des maisons, en l’opus 135 recommandé par Chantal Dupuy-Denier ; et Ariane Gravier et son énigmatique Bri soutenu par Claire Ceira, en notre 136ème livraison. Mais laissons pour l’heure ces opuscules vivre leur vie et inquiétons-nous plutôt de savoir ce que deviennent les anciens nouveaux-nés.
Le n° 13 de Saltimbanques ! : tout entier consacré à la découverte d’une auteur jusque là inconnue : Ana Igluka, poétesse, illustratrice, chanteuse. Mise en avant peut-être prématurée d’une œuvre qui, à mon avis, demande surtout et d’abord qu’on lui laisse le temps de mûrir. Patience !
La chronique critique y est chasse gardée de Philippe Gicquel, et nos polders y sont à la fête : Serge Delaive, brume de mots et musique d’âme ; Romain Fustier, qui se tient au carrefour de cuisine et du souvenir des Aztèques rendant hommage à l’empereur (commentaire déroutant, qui m’a fait rouvrir ce Volume de nos existences dans la crainte d’avoir raté quelque chose) ; Amandine Marembert, dans sa maison tirée à quatre épingles ; Philippe Blondeau et son écriture tranquille ; les torrents de Patrice Mataverne enfin.
Mais on y note surtout une inclination particulière du revuiste pour l’écriture de Fabrice Marzuolo, dont le nom surnage d’abord d’entre les voix multiples de Verso 129. Puis, à propos de la Diligence ne passe pas avec les aboiements (Polder 133) : " tout ce qui est ramollo, idiot, fleur bleue, gélatino-sentimental, etc... : hop ! shooté tout droit au fond du lavabo ! Et en plus parfois on rigole.."
Comme un terrier dans l’igloo : ressuscite une fois de plus en un n° 92 gonflé à bloc, quadruple, à faire péter les agrafes centrales. Le poézine propose l’anthologie d’une hypothétique Ecole Infraréaliste de Lompret, bal de masques où Guy Ferdinande et Dan tiennent leur partie à visage découvert.
Au final, la Bouquinerie moderne fait la part belle aux revues avant, à son tour, de saluer Romain Fustier, Amandine Marembert dont les pinces à linge auront décidément été très remarquées, et les deux Fabrice : Marzuolo et Maltaverne. Mais c’est le talent de Philippe Blondeau (Dehors -Polder 132), qui ici retient l’attention. Et le bouquineur Ferdinande de conclure : « Ce petit recueil est d’une parfaite originalité, très beau vraiment ! Je ne saurais trop vous le recommander ». Qu’ajouter à cela... !
mots clés : Gicquel Bartoli Dupuy Gravier Ceira Fustier Delaive Marembert Blondeau Maltaverne Marzuolo Ferdinande
I.D n° 78 : Prospectus (avec un poème)
date: 2007-12-11 11:05:20
A cet instant, le net sentiment que l’actualité est ailleurs, du côté de la revue qui, telle une feuille d’automne détachée de l’arbre, après quelques gracieuses circonvolutions aériennes, vient de se poser dans votre boîte aux lettres ; dès lors, que tout discours que je pourrais ici tenir s’en trouve à coup sûr éclipser. Continuons cependant de peser sur les longerons de notre charrue virtuelle et de tracer notre sillon. (Putain, la poésie... !) En fait, cet I.D est à lire plutôt comme un complément du précédent, - à quoi bon se référer à des revues dont on ne donne pas l’adresse ? - non sans qu’au préalable soit rectifié en sus une information plus ancienne: le prix d’un numéro du Chasse-Patate, celui par exemple saluant le poète et pilier Pierre Présumey (I.D n° 68), est de 5€, sachez-le ; et cette publication se commande aux éditions du Pré # Carré, 52 rue Perrière 38 000 Grenoble.
Pour les revues de références de l’I.D n° 77 :
Saltimbanques ! n° 13 : Présentation et poèmes d’Ana Igluka . 4€. – chez Philippe Gicquel - 14 rue du Capitaine- Nemo - 44300 – Nantes.
Comme un terrier dans l’igloo... : n° 92 (quadruple – 136 pages) : Olla-podrida de l’Ecole Infraréaliste de Lompret. 10€ chez Dan et Guy Ferdinande – 67 rue de l’église – 59840 – Lompret.
Et prolongeons l’enthousiasme suscité chez Guy Ferdinande par la lecture du Polder 132 en mettant sous le projecteur l’écriture heureuse de Philippe Blondeau et son monde d’à-côté tellement proche, selon Pierre Garnier, son préfacier:
Passant
A vingt ans un homme est transparent
son squelette sous la peau
garde la forme de son enfance
Il y a du jeu encore
dans la mécanique de son corps
Il passe
enveloppé de gestes amoureux
et dans sa clarté – ce miroir –
on se voit
et loin derrière on voit le monde
irrigué d’un sang frais
et l’on pourra y disparaître.
(Extrait de Dehors - Polder 132)
Une revue nouvelle : "La Passe" n’est pas une revue sportive, son titre est de ceux qu’on aime : polysémique (voir I.D n° 57). "Revue mue de courants apparemment contraires, haut lieu de la houle identitaire et non miroir des reconnaissances", dit son prospectus alors que sort le numéro 5. On s’abonne pour 20 € à 3 numéros chez Philippe Blondeau, 38, rue Lucien Lecointe, 80000 Amiens
mots clés : Blondeau Gicquel Ferdinande Garnier Présumey
I.D n° 99 : Pavé de printemps
date: 2008-03-08 11:33:49
Inattendu. Réjouissant. Judicieux. Justifié... !
Pas question de mégoter sur l’adjectif aux fins de saluer autant qu’elle le mérite l’initiative de la collection Poésie chez Flammarion, qui nous offre – manière d’évènement en ce Printemps – la réédition sous forme d’un pavé de plus de 400 pages du Jardin Ouvrier, la revue d’Ivar Ch’Vavar - et de ses camarades, est-il précisé en couverture, camarades parmi lesquels, entre quelques beaux masques, Christophe Manon (voir I.D n° 96), Maltaverne (Polder 134 & I.D n° 6 et 41) et Philippe Blondeau ( Polder n° 132 & I.D n° 78), en ayant garde d’oublier Lucien Suel, toujours œuvrant dans la plus grande proximité des objectifs et contraintes définis par l’animateur principal, ou Christophe Tarkos. Notons que la typographie pauvre, qui caractérise la revue, a été respectée dans cette réédition, comme contrainte esthétique.
Le camarade Ivar Ch’Vavar, - il est bon de le rappeler ici, dans ce qui est davantage expression immédiate d’un contentement que de ce qui pourrait ressembler à une note critique, - est un passant considérable, dont on a décidément de moins en moins d’excuses d’ignorer les œuvres, après que Hölderlin au mirador (l’un des livres majeurs de l’auteur, rappelle fort à propos Philippe Blondeau dans sa lumineuse préface) et Cadavre grand m’a raconté, cette extraordinaire anthologie de la poésie des fous et des crétins dans le Nord de la France, ont été mises à portée de tout lecteur de bonne volonté par les éditions du Corridor Bleu; après que les éditions Plein-Chant ont consacré à notre auteur un numéro double de leur revue ( 78 / 79 – hiver 2004- 05), et à présent que son œuvre revuistique, ( et on comprendra que nous importe qu’un poète soit considéré non seulement pour ses écrits personnels, mais aussi par ses apports à une démarche collective, à travers cette activité minuscule, dérisoire, déprimante et grandiose qui restera peut-être comme l’une des singularités de la poésie du XXème siècle, ce revuisme ) est recueillie en un volume dont on peut d’avance penser qu’il sera diffusé en librairies mieux qu’aucun des opus précédents.
Cette satisfaction aussi : Yves Di Manno, directeur de la collection Poésie, introduisait sa contribution au volume Ch’Vavar de Plein-Chant en appelant à reprendre un jour cette histoire, ou se résoudre à l’écrire soi-même puisque nul ne s’en est encore sérieusement chargé. J’entends celle de la poésie (française) de ces cinquante dernières années revisitées à l’aune des nouveaux critères – notamment prosodiques et intégrant enfin les courants minoritaires qui l’ont souterrainement traversée. Cette adresse m’avait à l’époque légèrement hérissé : que ne le faisait-il lui-même, songeai-je ! Qui mieux que lui était en position non seulement de passer à l’acte, mais surtout d’être entendu ? Je me réjouis donc aujourd’hui que ce responsable mette son action éditoriale en conformité avec ses proclamations publiques.
A lire : Ivar Ch’Vavar & camarades : Le Jardin ouvrier (1995 – 2003) chez Flammarion. 25€
Je renvoie aussi à Décharge 133 (6 €), au dossier Ch’Vavar où, outre les poèmes qu’il nous a confiés, le poète s’exprime et s’explique en un long entretien avec François Huglo.
mots clés : Tarkos Suel Blondeau Manon Maltaverne Huglo DiManno Ch'Vavar
I.D n° 112: Juste et magnifique
date: 2008-05-06 09:39:35
Fin Avril 2008 : Amandine Marembert à la Bibliothèque de Châtenoy-le Royal
La manifestation des Quatre Saisons de la Poésie (voir I.D n° 107) a récemment invité le couple Amandine Marembert / Romain Fustier, femme et mari dans la vie comme peut-être on sait, animateurs de Contre-Allées (revue et édition), et qu’un hasard (par paresse, je m’en tiendrai à ce mot) les a fait se succéder dans l’ordre des publications Polder (n° 131 & 130). D’où l’idée de les inviter conjointement. Une fausse bonne idée ? Cette initiative n’avait eu, apprenions-nous, qu’un précédent. Et les moments de lecture en confirmèrent la pertinence : les deux poètes traitent souvent, parfois en miroir, les mêmes sujets, voire la même intime actualité. Il apparut également que chacun élisait l’autre comme son premier lecteur critique, Romain Fustier allant, selon ses dires, jusqu’à prélever certaines trouvailles chez sa compagne. On se réjouira que dans ces conditions de liberté surveillée chacun sache préserver l’originalité de son écriture.
J’ai déjà marqué ici combien nous importe l’accueil critique fait aux titres de notre collection Polder. Quel crédit conserverait notre revue si nos parti-pris étaient en pratique démentis, si les paris que constitue chaque opuscule, ne rencontraient qu’indifférence ? C’est pourquoi je fus heureux, au lendemain de la rencontre évoquée ci-dessus, de découvrir, à l’endroit de nos deux auteurs, des notes de lecture fort louangeuses signées de Sarah Kéryna, (nom de nous inconnu. Pseudonyme?), dans le volumineux (près de 300 pages) cahier critique n°14, (achevé d’imprimer au 19 octobre 2007), qu’édite le lointain (il ne s’agit pas ici de géographie) Centre International de poésie de Marseille. "Juste et magnifique", est-il ainsi conclu du recueil d’Amandine Marembert. Voici sans plus de commentaires ces appréciations, dont j’élimine cependant les citations (lisez les poèmes !), et qui sont précédées d’une brève mais précise présentation de nos livrets.
A propos de Romain Fustier : « Voilà un texte sans ponctuation, que l’on aurait envie de dire à voix haute. La litanie du quotidien, contingences, objets, répétitions, se déploie à l’intérieur d’une langue inventive, singulière, pleine de trouvailles, d’humour et d’associations, qui confèrent une forme d’apesanteur aux Volumes de nos existences.»
A propos d’Amandine Marembert : « Ecoulement des saisons, lumières, odeurs, couleurs, échos, attente (de l’éclosion des fleurs, de la venue d’un enfant) souvenirs, petits riens, tableaux, gestes intimes composent Il pleut dans ma chambre cette nuit. Une écriture à la première personne, musicale, ajourée. « Un lien entre notre planète et l’univers » dit Vénus Khoury-Ghata. dans son introduction. (...) Les vers, qui « tombent » peu à peu dans le bas de la page, ne préfigurent pas la disparition, mais, au contraire, annoncent un envol. Juste et magnifique."
En rade, de Serge Delaive (Polder 129) et Dehors, de Philippe Blondeau (Polder 132) sont à la suite signalés, comme « deux autres très bons livres ».
Commentaires : Sans atteindre à l’exhaustivité annoncée à son lancement, la couverture critique de l’activité éditoriale, par le Cahier du Centre International de poésie de Marseille est impressionnante. Un dossier dédié à un auteur ouvre en outre chaque numéro : dans le n° 14, Jean Daive. (15 €). www.cipmarseille.com
mots clés : Fustier Marembert Khoury-Ghata Delaive Blondeau Daive