articles trouvé(s) dans la catégorie : "Les I.D. de Claude Vercey"
d’autres lieux d’autres luttes les
entrailles en friche et sur le chef
la couronne d’épines les échardes
de jouir mais le Haut ne peux
le nommer ni les burnes insonda
bles du temps et tes ancêtres l’
hilarité des morts n’en connais
plus la saveur leurs gestes farcis
seul de l’autre côté de la tombe
loin du rivage d’Aquitaine et ses
talwegs contemplant l’haleine
verte du soir l’amour oui ta
seule chance fieffé soleil
(extrait de Décharge n° 98 – Juin 98)
Jusqu’à ce que je le rencontre, en bonne compagnie – Michel Besnier, James Sacré, Jean Pierre Otte, entre autres auteurs invités ce jour-là, - début février à Dijon, à l’occasion de ce festival Temps de Paroles dont j’aurai décidément beaucoup parlé, Christophe Manon n’était guère plus qu’un nom : après avoir publié trois fois à un rythme accéléré dans notre revue (n°92, 98, 101), où il était passé du Choix de Décharge au statut d’auteur à part entière, il s’en était éloigné dans le même temps où il commençait à publier livres et plaquettes, aussitôt accompagnés d’une rumeur flatteuse. Il avait alors rompu le contact, - histoire classique somme toute, dont on reste en droit cependant de s’étonner.
Il ne m’avait pas échappé qu’un de ces livres, à l’Atelier de l’Agneau, s’intitulait Ruminations, terme qui n’est certes pas une marque déposée, mais qui tient assez de place dans Décharge (on en célèbrera bientôt la 100ème !) pour que nul lecteur de la revue puisse en user en toute innocence. Un clin d’œil de complicité aurait suffi. Et j’avoue (oui, j’avoue. On ne peut pas toujours être glorieux) que j’en avais ressenti un certain dépit.
Passons sur tout cela : Christophe Manon est un jeune homme charmant ; à l’entendre, il a conservé une forte reconnaissance envers la revue qui l’accueillit à ces débuts. Je l’invitai alors à renouer avec Décharge pour nous offrir quelque ensemble inédit d’une poésie mûrie, plus âpre désormais que celle que nous publiions naguère. Promesse fut faite, je m’en réjouis.
Repères : Christophe Manon codirige actuellement les éditions Ikko et la revue Mur. A collaboré à de nombreuses revues, de "Java" ou du "Jardin Ouvrier" à "Action poétique". Ces livres les plus importants à l’Atelier de l’Agneau, dont "la Mamort", en collaboration avec Michel Valprémy (2004). Le plus récent : "l’Idieu", aux éd. Ikko (2007).