articles trouvé(s) dans la catégorie : "Les I.D. de Claude Vercey"
Juin 2008 : Ariane Dreyfus (à gauche) et Luce Guilbaud sur le Marché de la poésie de Paris
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Les semaines qui s’ouvrent seront peu propices aux mouvements des I.D. Vous-mêmes, à n’en pas douter, - ne niez pas, c’est quoi ce sac dans votre dos ? Et ce canard gonflable autour de votre ventre ? - serez requis par d’autres Itinéraires de Délestage, plus prosaïques. Les plus accrocs en profiteront, c’est vrai, pour se réunir sous le Cheyne du Chambon sur Lignon, ou mener leur cure de poésie au soleil de Lodève : bonne route à tous, et de belles rencontres à chacun! En conséquence de quoi, ces présentes chroniques, pour un temps d’ailleurs non encore déterminé, sont suspendues. Mais qui sait si, d’ici fin août, la rentrée comme on garde l’habitude de dire, de loin en loin, paresseusement, par plaisir (ou par nécessité? Ne jurons de rien ?) une bulle, un I .D, ne remontera pas à la surface... !
Il me plaît de fermer cette deuxième saison (une légère solennité dans le discours, à cet instant, ne messied point) sur l’image de deux de nos collaboratrices : l’une et l’autre ont œuvré à Décharge 138, dernier en date à ce jour (cette rupture d’été, je ne sais pas pourquoi, entraîne à s’exprimer avec prudence), qui fut reçu avec une faveur qui n’a guère de précédents dans l’histoire de la revue. L’occasion, du coup, de battre en brèche cette idée, qui eut son heure de vérité, mais qui aujourd’hui a vécu : celle d’une publication tenue à bout de bras par un seul. Non que je veuille amoindrir les exploits haltérophiliques du poète sportif en Puisaye, notre Jacques tenant à bout de bras sa décharge, mais parce que son mérite aujourd’hui est autre que celui qu’on reconnaîtrait à un Bernard Palissy de la poésie : il est d’avoir su réunir une équipe, de la dynamiser tout en canalisant ses énergies, d’en tirer le meilleur. La création, on trouvera dans peu d’autres occasions de le rappeler, est collective.
Pourquoi tu t’énerves ? Tout ça, parce qu’avant de sortir, tu tiens à donner ce coup de chapeau aux collaborateurs occasionnels, grâce auxquels la revue se fait ? Et plutôt que de faire la gaffe d’oublier Machin si je commençais à les énumérer, je préfère les saluer tous à travers deux figures représentatives. Ariane Dreyfus, dans Décharge 136, répondant à Bruno Berchoud, - autre contributeur émérite, ses dossiers sont appréciés - se référait aux travaux, que je méconnaissais, de deux poètes amis. Désormais l’ignorance n’est plus permise, puisque dans le récent Décharge, Ariane nous entraîne dans l’œuvre singulière de Stéphane Bouquet, auquel succèdera, dans notre prochaine parution, Eric Sautou.
Luce Guilbaud nous accompagne de plus longue date. Dans le numéro précédent, elle revenait, à l’occasion des œuvres complètes réunies chez Denoël, sur Georges Henein, admirable poète, à la postérité duquel elle oeuvra, même si elle ne s’attarde pas à le rappeler. Et dans le 133, elle avait salué le Grand Pirate, Jean Marcourel, qui venait de baisser pavillon. Par ailleurs, elle a établi la liaison entre la poète et traductrice Cristina de Melo et l’Association « la Voix des Mots » : trois poètes portugais ont été à la suite présentés à Dijon, en mars 2007. Décharge 138 a bénéficié grâce à Luce des retombées de cette rencontre ; mieux, aux trois invités : Maria Andresen, Nuno Judice et Fernando Pinto do Amaral, s’est ajoutée Maria Grabriela Llansol, récemment décédée, dont les poèmes ont déclenché l’enthousiasme de quelques-uns, dont Florence Trocmé sur Poezibao ( 7 Juillet 2008)
Allez ! (...) Et, je vous attends, promis, de l’autre côté de ce pont suspendu.
Isabelle Pinçon a choisi cette photographie
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pour illustrer le projet décrit ci-dessous et pour lequel elle appelle à contribution.
Volontiers je qualifierais Isabelle Pinçon de « poète complet » au sens où on parle d'athlète complet sur les stades : elle brille dans toutes les disciplines, mais il suffit de la découvrir dans une seule pour l'apprécier. On est ainsi en droit de s'en tenir à ses livres (chez Cheyne, au Bruit des Autres ou au Dé bleu), de les découvrir dans une lecture personnelle, sans qu'on ait besoin de penser, comme trop fréquemment il arrive, que ces textes prendraient toute leur ampleur et tout leur sens en lecture publique. Mais elle les interprète aussi avec sobriété, clarté, efficacité. Ajoutons que son travail d'écriture trouve de plus en plus souvent un prolongement dans ce qu'on désigne couramment comme performance, mais sans celle-ci n'interfère sur le poème lui-même, ni que la méconnaissance de celle-ci n'ampute la compréhension de celui-là.
A Dijon en novembre dernier, Isabelle Pinçon présentait, en conclusion de sa lecture, les inédits de : Te dire que je ne me marie plus ( indiscrétion : de larges extraits seront publiés dans un prochain numéro de Décharge – ah! heureux abonnés!) ; et elle décrivait alors une action conjointe en préparation, l'installation poétique du Voile de la mariée. La démarche arrivera à son terme le 9 Mars prochain, à la Maison de la poésie de St Quentin-en-Yvelines, où seront présentés successivement le Voile de la mariée et le spectacle tiré de Te dire que je ne me marie plus où Isabelle Pinçon sera épaulée par la chanteuse Christine Bertocchi.
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Projetons-nous vers l'avenir : l'occasion nous en est donnée avec l'appel à contribution, lancé par l'artiste (je recopie avec son assentiment les termes de sa proposition) :
« L’arbre me fascine par sa verticalité, son hospitalité et son ancrage terrien, aussi par la place qu’il accorde au mouvement des feuilles et à l’ampleur des couleurs. Pour honorer cette « grande plante ligneuse vivace », je propose à chaque personne désireuse de participer au projet OECO (OEuvre COllective) de dire ce qu’est l’arbre pour elle, comment elle le désigne dans la nature, comment elle le regarde, le traverse et lui donne vie, en quoi l’arbre est-il associé à notre humanité. Question « brûlamment » contemporaine qui remonte à la nuit des temps.
Concrètement, il s’agit de m’envoyer par courrier postal de mars 2010 à mars 2011 à OECO, BP 28, 44640 Le Pellerin une matière réelle qui vous paraît nécessaire pour “exprimer” un arbre, accompagnée d’un texte qui parle de votre choix.
Depuis cette écriture rassemblée de mots et matériaux, j’introduirai dans l’écorce transparente des arbres inventés les petites histoires de chacun, les secrets qui passent par les chemins traversés, les gouttes de pluie, les rayons chauds, l’envol des oiseaux. Je vous inviterai un jour prochain à entrer dans cette forêt recomposée et à venir palabrer sous ses ailes déployées. »
On peut communiquer autour de ce projet avec Isabelle Pinçon à l'adresse : oeco@laposte.net
Repères : Sur Isabelle Pinçon : Dossier : dialogue et anthologie, par Bruno Berchoud in Décharge 131 ( Septembre 2006) ; et I.D n° 159 bis et 203.
Sur le thème de l'arbre : I.D n° 191