articles trouvé(s) dans la catégorie : "Les I.D. de Claude Vercey"
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... et même gratuitement méchant, voire mesquin, autre qualificatif dont récemment m’accabla le tempétueux animateur de "Pages insulaires", avant de me prier, en guise de représailles, de le rayer de la liste de diffusion bi-hebdomadaire des I.D ? Droit qui lui fut aussitôt accordé, comme il se doit. Mais je continue de m’étonner de la réaction, qu’on me permettra de trouver sinon puérile au moins malavisée, de qui entend promouvoir un bimestriel / perméable aux idées (c’est le sous-titre !), quand il est incapable d’entendre une objection, et des plus légères puisque je me contentais, dans un effort de litote mal récompensé, de juger peu convaincants les premiers pas de sa publication, renvoyant toutefois le lecteur à la chronique « revue du mois » (d’août) sur notre site qui la présentait sous un meilleur éclairage.
Je ne rejette point l’hypothèse, émise dans le même temps à mon égard, que « mon esprit n’était pas à la hauteur des textes » ; c’est pourquoi, manière de contre-épreuve, j’accueillis favorablement l’occasion de prendre connaissance d’une revue que j’ignorais jusqu’alors, à l’évidence perméable elle aussi aux idées, puisque sous-titrée : Littérature, idées, philosophie, critique et débats : Le Grognard dont le n°7 vient de paraître (septembre 2008). Vu d’un peu loin, on dira que l’orientation des publications est la même, dans leur développement de points de vue contestataires, quoique plus anticonformiste au Grognard que relevant d’une anarchie à tout crin. Mais la différence essentielle est que le Grognard cherche à penser : sa démarche pourrait être résumée en une citation, extraite de la chronique de Chamfleury intitulée : De la fausse science et de la prétendue ignorance, et qui stigmatise ces messieurs « qui parlent beaucoup, ne disent rien et négligent l’étude du Fait pour se complaire dans l’idéologie (...)»
L’étude des faits : au-delà d’une critique de circonstance voilà un mot d’ordre dont beaucoup de revues, de poésie en particulier, devrait s’emparer. En tout cas, au Grognard, revue au demeurant modeste (34 pages), - dans sa présentation, par le ton mesuré de ses intervenants et ses objectifs, la distance qu’il entretient avec l’actualité immédiate, à la manière de Plein-Chant, ou qui le rapproche des feuillets que naguère nous adressait Joel Cornuault, - on s’en tient à cette consigne et l’on a soin en premier lieu de fournir au lecteur des documents de référence, de Chamfleury (1821 – 1889) ou, sur la révolte étudiante des années 1960-68 aux USA : « les Etudiants sont des nègres » de Jerry Farber, que l’on mêle à des proses poétiques (Aglaé Vadet et Thomas Vinau) des vers, des réflexions et des aphorismes. Le responsable de la publication, Stéphane Beau, donne l’exemple, bien que s’en tenant, dans ce numéro du moins, au compte-rendu des livres : avant tout commentaire, un ouvrage est présenté posément, son propos est resitué et la pensée qu’il inspire, si elle ne refuse pas de s’élever vers certaines généralités, n’est pas globalisante, n’enferme pas la pulsion première, généreuse, d’une révolte dans une phraséologie d’emblée répulsive.
Un dernier aphorisme en guise de pousse-rapière ? De Stéphane Beau : « Le plus simple, pour juger de la valeur réelle d’une personne, reste encore de la mettre en colère.»
Référence : Le Grognard - Trimestriel 7 € le n°. http://perso.orange.fr/legrognard
Pages insulaires - Bimestriel - 12 € pour 4 numéros en 2008 – 3 Impasse du Poirier 39700 – Rochefort sur Nenon.
Joël Cornuault : Souviens-toi de vivre (Plein Chant éd.)