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Les I.D.

de Claude Vercey

I.D n° 250 : Coucou, l'heure femme !

mercredi 24 mars 2010 [09:01:37]

couleursfemme

Qui aime le pot aime le poème
[et qui clique sur l'affiche la retrouve dans son intégralité]

Souvent les poètes m'agacent (ah bon, vous vous en étiez déjà rendu compte ?). Cette illusion par exemple, tellement partagée, qu'ils seraient les incomparables représentants d'une certaine liberté, mot d'ailleurs tombé en défaveur, auquel on préfère celui de résistance, - dont on devrait pourtant user avec parcimonie, ou à bon escient, si l'on mesure ce qu'il pesait d'efforts et de courage pour ceux qui le mirent actes durant la guerre mondiale, comme l'écrit Nicolas Roméas dans son éditorial de Cassandre/ Hors Champ  (Janvier 2010)

Avec quel esprit de sérieux s'emparent-ils de la thématique du Printemps des poètes, reçue comme une injonction quasi bureaucratique, sur laquelle associations, spectacles et revues avec empressement s'alignent, chacun comme saisi d'un sentiment de culpabilité, qu'il s'agit d'effacer au plus vite : un numéro entièrement composé de poètes femmes, n'est-ce pas une bonne idée ? Quel dommage que tant aient eu la même ! Revues et associations auraient-elle oublié de mener le travail de découverte, pour lequel le plus souvent elles se sont constituées, qu'il faille ainsi, d'un coup d'un seul, remord de printemps, réparer et rendre justice ? Ou le projet qui les guide serait-il si faible qu'ils aient besoin de telles incitations ?

Cette année, difficile de rigoler, semble-t-il, drapés dans les Couleurs femmes. L'humour (vous souvenez-vous : l'humour!), requis l'an passé et auquel vous œuvrâtes cependant avec votre habituel enthousiasme, semble n'avoir laissé que de faibles traces.

Ce qui ne présage rien de bon pour celles qu'avec tant de ferveur on célébra cette année. Qu'on me permette d'apporter à mon tour une modeste contribution, manière aussi de fêter le deux cent cinquantième Itinéraire sur ce site...

Coucou, l'heure femme !

Objectivement :
Peu de couleurs,
beaucoup de femmes,
pas de femmes de couleur
en ce printemps couleurs femme.

Lèvres : Rouge baiser est-il couleur femme?

Courtoisie : Laisse-moi porter tes couleurs, femme.

...suite du texte...

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mots clés : Vercey

I.D n°250 (la suite)

mercredi 24 mars 2010 [08:41:12]

 suite de Coucou l'heure femme

Petite araignée :
 … bisent au cou leur femme
(Et ils prendront du temps à trouver cette bête
     - qui voyage beaucoup )

Idyllique : Ils aiment beaucoup leur femme.

Chœur des célibataires : Coucou leur femme …!

Week-end :
Le samedi soir, lavent la voiture
et baisent un coup leur femme.

Sadien : ... coud leurs femmes …

Actualité : Combien rouent de coups leur femme ?

Admirative, un brin jalouse : « Cool leurs femmes... »

(bis) : « Eux emmènent à Bakou leur femme...! »
   (ça, on peut dire qu'elles sont à la coule, leurs femmes)

Compagnon de Jeanne : Je te suivrai jusqu'à Vaucouleurs, femme.

Piscine :
... ne vont pas jusqu'à les noyer
mais les coulent leurs femmes

Sénégal : Sois fière d'être Toucouleur, femme.

Ploucs :
De ces ploucs, les pires,
sont-ce les mecs ou leurs femmes ?

La bonne lessive :
Usez Printemps des poètes ,
la poudre qui n'abîme pas les mains
ravive votre blanc, rénove vos couleurs, femmes.

Proverbe : Printemps à tout coup leurre femme.

Fin : au douzième coup l'heure fane.

Claude Vercey : Les poèmes énervants (inédits)

Printemps à Décharge : Le numéro 145 vient de paraître. Et non, ce n'est pas un numéro spécial Femmes en poésie. Sa seule contribution à la thématique printanière est le rappel que Couleurs femme n'est pas une expression née pour la circonstance, mais le titre d'un recueil de Guénane, chez Rougerie. L'occasion de rendre justice à cette poète, en publiant de ses inédits.

Repères : Claude Vercey : Mes escaliers Les Carnets du Dessert de lune. Récemment, notes de lecture de Jacmo dans Décharge 145; d'Alain Wexler dans Verso 140, d'Alain Kewès dans Décharge 144.

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mots clés : Vercey Guénane

I.D n° 249 : En résidence

dimanche 21 mars 2010 [08:34:54]

Sylvie Durbec est familière des résidences d'auteur (voir I.D précédent) Son dernier recueil Prendre place renvoyait à un séjour en Brenne, initié par la F.O.L de l'Indre, et lors des années précédentes, elle a été accueillie en Finlande, Tunisie et Belgique. Depuis Saorge, où elle séjourne actuellement, lieu où nous reviendrons dans le prochain Décharge grâce à Chantal Dupuy-Dunier, auteur d'un Saorge, dans la cellule du poème, aux éditions Voix d'Encre, Sylvie Durbec nous adresse une lettre-poème «  pour dire à la fois ma reconnaissance et aussi l’état curieux que procure la confiance que l’on met en vous, un état de vide délicieux et angoissant qui permet – peut-être - de s’attaquer à sa montagne intérieure. »

(L'intégralité de ce texte sera reproduit dans le dossier Sylvie Durbec, en préparation pour un prochain Décharge. )

Le temps, la résidente et le vide
(extrait)

Le temps ne manque pas en résidence.
Il déborde.
Non pas autour de soi comme une corde qui enserrerait jusqu’au cou vos chevilles et l’esprit. Non.
Lorsque je suis ainsi invitée à entrer dans un autre paysage que le mien,
dans une autre maison que la mienne, j’expérimente des sommeils nouveaux, des appétits et des mouvements qui ne me sont pas habituels. Et un verbe se met à clignoter devant mes yeux comme un os pour le chien : partir.
J’en suis reconnaissante. Oui.
Car partir ouvre la porte de la maison mieux qu’une clé d’or.
Ouvre aussi la langue en soi à une nouvelle manière.
Peut-être (ridiculement ?) convaincue aussi de ne pas être tout à fait la bonne personne, le bon auteur, de ne pas être digne de la résidence proposée.
Ridicule certainement. Impossible de ne pas rire devant tant de crédulité. La mienne.
J'aspire souvent à être délivrée. Du temps. De l’espace. Du poids de mon corps.
Être loin.
Mais loin, de quoi ? De moi, de mon ordinaire manière d’enfiler une nuit à un jour, ou plutôt de coudre avec maladresse l’une à l’un ou l’autre à l’une ?
Surtout loin de ma langue habituelle, des mots usités chaque jour.
Je ne crois pas que mon temps soit si précieux que je ne puisse lui laisser la bride sur le cou. Ici je reste souvent de longs moments inactive. Et puis je fais ce qu’on me demande.
Souriant parfois en imaginant Robert Walser en résidence de commis.
Commis à écrire. A commettre ce crime d’écrire qui nous est instamment demandé.

Sylvie Durbec

Actualités : Émoi : le Monastère de Saorge serait menacé dans sa fonction de résidences d'écrivain ! Une étude doit être réalisée à la demande du Centre des Monuments nationaux et du Ministère de la Culture en vue de le transformer en hôtellerie privée. Une pétition tourne. A s'informer davantage, il apparaît que la recherche de rentabilité, le but de l'étude en question, toucherait, dans un premier temps, une vingtaine de monuments parmi lesquels est cité, pour la Bourgogne, le château de Bussy-Rabutin. Qui couchera dans le lit de la Cousine ? Affaire à suivre. (Source : sites les voix du basilic ; libertés conquises)

Après coup : un message du Maire de Saorge (mail du 22 Mars 2010) :

« Oui, nous sommes aujourd'hui dans l'incertitude la plus totale sur le devenir de cette résidence d'écrivains. Cela dit, nous ne sommes pas inertes et quelques politiques de tous bords (on peut même trouver plusieurs bords dans le 06) ont été sollicités et sont intervenus auprès du ministre. »
Paul SILICI, maire de Saorge.

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mots clés : Durbec Dupuy

I.D n° 248 : D'un rouge qui va au Blanc

jeudi 18 mars 2010 [08:50:10]

Decharge 145 6

Couverture signée Fanny Batt pour Décharge 145
"Les peintures sont superbes"
Cathy Garcia -mail du 15 Mars 2010
[Cliquer sur l'image pour en obtenir l'intégralité]

Depuis Marseille, éclats et quartiers, paru aux éditions Jacques Bremond, et dont les dia de Jacmo ont rendu compte dans Décharge 144, nous sommes particulièrement attentifs à l'œuvre de Sylvie Durbec. Comme un jardin (BLEU) aux éditions Potentille, et Prendre place, une écriture de Brenne, aux éditions Collodion, sont venus coup sur coup confortés la première impression. Et ce n'est pas trahir un grand secret que d'annoncer qu'un dossier concernant ce poète est en préparation à la revue.

Le dernier recueil cité, comme l'indique son sous-titre, a été écrit en résidence : c'est retrouver le sujet de mes investigations dans Décharge 145. Terreferme de Jean-Pascal Dubost  (L'Idée bleue éd.) avait été l'occasion d'effectuer ici-même un galop de reconnaissance (I.D n° 208); amplifié et complété, cet article lance mes Ruminations de mars, que nourrissent à la suite les contributions de Colette Nys-Mazure et Joël Bastard : le développement des résidences a-t-elle des conséquences sur l'écriture poétique ? Ou, pour introduire un grain d'insolence : le poème-en-résidence est-il un genre poétique? La suite de ces interrogations dans le numéro de juin, avec les témoignages de Philippe Longchamp, Yves-Jacques Bouin et Chantal Dupuy-Dunier.

Plaisir supplémentaire que de verser ce rouge, d'un marcheur en route pour Le Blanc, dans l'anthologie que le hasard des lectures constitue autour de cette couleur (I.D n° 244). Poème léger, qui tranche dans un recueil dont l'atmosphère générale est plutôt funèbre : il n'est pas fortuit que le marcheur croise un enterrement.

Tournon Saint-Martin

Sur le route un homme rouge marche.
Il va d'un point de sa mémoire à un autre,
le long de la Creuse.
Il va ses deux poings dressés
tenant au-dessus de sa tête
une cape de pluie.
Rouge.

Qu'as-tu vu à Tournon Saint Martin?

(lire la suite du poème
dans la colonne suivante )

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mots clés : Durbec Nys-Mazure Bastard Londchamp Bouin Dupuy

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