Décharge ]

ID : les Itinéraires de Délestage
de Claude Vercey

I.D n° 519 : Le fil et la reprise

Françoise Cuxac : Incarnations, ( fragment)
(Texte : Jean-Louis Clarac)
Livre d'artiste, exemplaire unique (août 2014)


« Bientôt la reprise ! » (le chœur).


Faut-il entendre que la vie que nous menions ces dernières semaines, était par trop décousue ?
Quel accroc, inaperçu jusqu'alors mais fort dommageable sans doute, va-t-il falloir recoudre ?
Est-ce le signal, en cette fin de mois d’août qu'à nouveau nous allons devoir en découdre ?


Bref, reprenons le fil, même si en réalité, hors quelques jours de vacances, le travail de revuiste a repris, qui ne m'a pas laissé le loisir d'alimenter ces I.D : hé ! c'est que, dans quelques jours, doit être remis à l'imprimeur la maquette de Décharge 163 ! Aurais-je pris à charge, inconsidérément, la responsabilité de trop de chroniques ? Je m'interroge. Et j'observe aussi avec quelle malignité chacune d'elles a tendance à s'accroître, à prendre ses aises, à exiger plus de place et de pages.


La chronique du Furet tenez, dernière en date, inaugurée dans le Décharge précédent par Florence Saint-Roch s'intéressant à La Pratique de la note chez Antoine Emaz, en particulier dans son dernier recueil : Flaques, aux éditions Centrifuges. L'originalité de la chronique est qu'elle n'a pas de titulaire et doit fonctionner selon la règle du jeu traditionnel enfantin où le furet passe et repasse de main en main ; elle aussi devra à chaque trimestre changer de main. Avec l'espoir de voir surgir des auteurs critiques nouveaux, des sujets de réflexion inattendus, inédits pourquoi pas.


Les poètes allaient-ils se saisir de cette opportunité ? Première indication, prometteuse : je me suis vu obligé de mettre le titre au pluriel pour prendre en compte les contributions fournies et celles qui sont déjà annoncées ; et le furet passe dans cette 163ème édition de Décharge, entre les mains d'Amandine Marembert, qui commente ses dernières lectures, puis de Denis Hamel lequel, après avoir préfacé, comme on le verra, le polder 163, à paraître, de Marie-Anne Bruch, nous fait parvenir à la suite un poème-tract en hommage à cette même poète. Je n'en dirai pas plus ici, et vous laisserai découvrir tout cela dans le prochain numéro.


Polders justement, l'allusion du paragraphe précédent nous y amène fort à propos : choix difficile encore une fois, serré, entre des manuscrits de qualité, d'où sont ressortis Écrits de Nuit, de Marie-Anne Bruch, et Newton et Milo, de Patrick Le Divenah, ces deux poètes ayant été repérés au préalable dans les Itinéraires de Délestage : I.D n° 507 pour l'une et n° 493 pour l'autre, que l'auteur d'Alix (Le Dé Bleu) et de Zoom avant (Passage d'encres) Christophe Stolowicki présentera.


Reprise toujours, sur Radio Jubien,- oh ! pardon : je voulais dire pour l'émission quinzomadaire de Christophe Jubien sur Radio Grand-Ciel à laquelle depuis un an les animateurs de Décharge prêtent leur voix : vu l'audience (si!), sa durée passe d'une demi-heure à une heure à partir du 1er septembre, et elle change de titre, devient La Route Inconnue, qu'elle emprunte à André Dhôtel ( et non à Georges Guétary). Deux nouveaux chroniqueurs y feront leur entrée : Jean Antonini, spécialiste bien connu du haïku, et Cécile Guivarch, qui de Terre à Ciel s'élève à Grand Ciel.


Repères : Bien sûr qu'on s'abonne à Décharge ( 28€ / 4 numéros) et à Polder (20€ / 4 livraisons) : 45€ l'abonnement groupé. Voir l'onglet Abonnement, sur le site.

Radio Grand-Ciel : http://radiograndciel.fr/02-Emissions/0-emissions.html .

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mots clés: Guivarch Antonini Jubien Stolowicki Bruch LeDivenah Hamel Marembert Saint-Roch Cuxac

I.D n° 518 : Composer le paysage

Avec Il y a ici le vent, Jean-Baptiste Pedini passe à son tour par La Porte, étape quasi obligée désormais, pour auteur en quête de reconnaissance. C'est tout à l’honneur d'Yves Perrine d'avoir su imposer, par la justesse de ces choix et la qualité de ses réalisations, une collection somme toute modeste, de plaquettes au format de carte de visite, dont au fond elles jouent plus ou moins le rôle - qui s'expédient facilement, à peu de frais, comme une lettre à la poste, pour reprendre la formule que François de Cornière s'était appropriée jadis pour La Corde Raide.


Pour ne pas remonter aux origines - exercice difficile, tant Yves Perrine paraît répugner à laisser des traces, ne publie par exemple aucun catalogue, pas même une liste récapitulative des auteurs retenus – on se rappellera avoir vu passer naguère des opuscules de Guénane et Michel Lamart, de Werner Lambersy et Chantal Dupuy-Dunier (Et l'orchestre joue sur le pont qui s'incline), si bien que pour les voix nouvelles mêlées à ces auteurs de référence la collection joue un rôle d'accélérateur de notoriété. Et j'ai eu le plaisir de constater que cet écrémage, au rythme de six titres par an, retenait volontiers les choix de notre propre collection Polder : Amandine Marembert et Romain Fustier en particulier, mais aussi Étienne Paulin en 2013 avec Mort d'un pétale, Jean-Baptiste Pedini enfin qui après Prendre part à la nuit (Polder n° 153) et Passant l'été (Cheyne éd.), y glisse son troisième opus.


En dépit de sa minceur (dix pages de poèmes), Il y a ici le vent mérite l'attention, en ce qu'il indique une sensible évolution de l'écriture vers une plus grande intériorisation. Jusqu'ici, les courtes proses, auxquelles Pedini est resté fidèle, équivalaient à des moments pris sur le vif, dans la banalité triste de la vie, pour citer Teklal Néguib, qui vient de rendre compte de Prendre part à la nuit dans la webrevue qu'elle dirige : L'art en Loire n°6.


Avec cet ici réitératif, posé dès le titre : il y a ici le vent semble voué, comme les ouvrages précédents, à un relevé d'instants et de lieux attachants ; mais on s'aperçoit assez vite que le paysage évoqué ne préexiste pas à sa description : il ne se constitue qu'au moment de l'écriture, dont il est peu ou prou la métaphore, et se compose d'éléments disparates, souvent fuyants : la rivière, les ombres, le vent, que le poète s'efforce d'organiser, de maîtriser. Et peut-être que c’est à soi qu'on se heurte le plus, est-il justement remarqué. De fait, plus qu'à la nature, c'est bien aux mots que le poète a à faire : on se sert des mots à la manière de cales, mais ce n'est qu'un rafistolage, du bricolage de fin de cycle qui ne tient pas.


Des travaux auxquels se livre le modeste hercule, le poème final donne un clair aperçu :


On joue toujours avec le même tas de brindilles. On mélange, on assemble, on entasse. On dissimule sous la mousse et rien n'est plus envahissant que l'ordre. C'est ça, il faut ranger la chambre et frotter fort l'écorce, regarder dans les trous du feuillage si le ciel tient bon. Malgré l'état de siège et les corps qui s'abîment la-haut. Les piétinements sont si nombreux quand personne n'est là pour en fermer les portes et les fenêtres. N'importe qui s'y glisse et on joue mal et faux, et les brindilles rompent alors qu'il reste un peu de temps. C'est ça, il y a ici le vent qui vient, la rivière qui se tait, la terre qui lentement durcit entre les mots.


Et de peu que le recueil ne se close sur ce qui était sa phrase initiale.


Repères : Jean-Baptiste Pedini : Il y a ici le ventLa porte éd. 3, 80€. (6 numéros /an : 21€, chez Yves Perrine, 215 rue Moïse Bodhuin, 02 000 – Laon.)


Rappel : du même auteur, Prendre part à la nuit polder n° 153 ( Préface de Jean-Christophe Belleveaux) : 6€ - Cliquer l'onglet Polder, sur notre site.

A propos de  cet ouvrage : Teklal Néguib in  L'art en Loire n°6. http://issuu.com/l.artenloire/docs/lartloire_6/90

 

Après coup : Lire en commentaire ci-dessous la contribution de Cedric Landri, auteur lui-même des Echanges de Libellules, dans la collection La Porte.


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mots clés: Néguib Perrine Paulin Pedini

I.D n° 517 : Jacques Bremond, poète

Bazoches, juillet 2014 : Jacques Bremond
en conversation avec Jacques Morin.
Au mur, Jean-Pierre Verheggen,
vu par Michel Durigneux
.


Au sommaire de Décharge 162, entre les noms de Mireille Fargier-Caruso et Régine Ha Minh Tu, celui de Jacques Bremond. Qui annonce, non la énième présentation d'un champion de l'édition indépendante et artisanale et marginale et néanmoins bibliophilique (ses papiers, ses couvertures, ses vertus typographiques : toutes choses bien établies, qui méritent à coup sûr d'être célébrées, oui ! ( ce dont Georges Cathalo s'est chargé naguère dans sa chronique Phares dans le nuit, de Décharge 132), mais la publication sous le titre de Bribes au couchant de vie, quinze pages de poèmes inédits qui rappellent combien l'appellation de poète-éditeur qu'on lui décerne, parfois sans trop savoir, par  paresse ou routine, est fondée bel et bien. 


Les quelques éléments biographiques qui circulent rapportent que Jacques Bremond fut ce jeune poète en quête d'éditeur, ne recevant pour son manuscrit que des propositions de publications à compte d'auteur : en réaction de quoi, par refus de cette onéreuse facilité, il se fit imprimeur à partir de 1965. Poète, il le fut de manière soutenue durant les années 80 et les premières années 90. Sans l'élégante mais mince plaquette de Ce visage, un Wigwam de 2005, il faudrait en effet remonter à 1995, - à Toro, aux éditions Cadex – pour trouver un livre portant son nom d'auteur.


Après une telle absence, la publication d'un ensemble poétique important signé Jacques Bremond devient une manière d’événement. Grâce soit rendue à Jacques Morin et cet instinct de revuiste qui le porte à faire ressurgir ce qu'on croyait appartenir au passé (dans le même esprit, on lui doit le retour à la publication de François de Cornière, que nos lecteurs ont tant apprécié). De ces pages publiées par Décharge, auxquelles les amoureux de poésie ne manqueront de se reporter, une bribe à savourer :


     Bribes au couchant


Au couchant d’or
au couchant d’été
des lambeaux de cendres


au-dessus de la terre épaisse noire
les flammes d’oranges peu à peu s’éteignent
la nuit vient. montent les lueurs noirées


le ciel a disparu. seule la masse sombre couvre les
     monts


les arbres les bêtes se taisent
le ciel se couche sur les hommes


le ciel se couche sur les mots
ceux des morts et les nôtres aussi

 

(in Décharge 162)


Repères : Décharge 162 – 8€ le numéro. 28€ pour l'année (4 numéros). Abonnement complet : (4 Décharge + 4 Polder) : 45€.


Sur le poète Jacques Bremond, la fiche d'auteur, des éditions Cadex, donne le plus de renseignements.
Toro, de Jacques Bremond – avec 17 encres de Jacques Brianti, 48 pages – aux éditions Cadex.
Du même auteur : Ce visage, wigwam n° 79 - 14 boulevard Oscar Leroux 35200 - Rennes.
Jacques Bremond éditeur : le clos de la Cournilhe, 30 210 - Remoulins sur Gardon.

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I.D n° 516 : Craindre le lyrisme

Phoenix entend prendre la suite des prestigieuses revues marseillaises Cahiers du Sud, puis Sud et Autre Sud, mais le fait est – mystère des voies de la notoriété, pour reprendre la problématique posée en éditorial par André Ughetto - que je découvre cette revue par son numéro 13. Et même si je n'accorde qu'une importance relative au prix littéraire, quel qu'il soit, il n'est pas indifférent, pour le néo-lecteur qu'en la circonstance je suis, que la publication se présente d'abord comme récompensée pour sa contribution à la critique et à l'histoire de l'art. Ce qui en jette, assurément.


Au vrai, une solide revue de 180 pages, dédiée à la poésie avec des ouvertures critiques vers les arts plastiques et le théâtre, classiquement charpentée avec un Partage des voix et des notes de lecture (parmi lesquelles le responsable de Polder ne s'abstiendra pas de noter celle d'Olivier Bastide dédiée à La Bonne humiliation, de Jean-Marc Proust), tandis que la première partie est construite autour de la figure notoire de Jeanine Baude, auteur que nous apprécions, poète nomade, coureuse de grands chemins ainsi que la désigna naguère Luce Guilbaud, dans le dossier qu'elle lui consacra fin 2005 dans Décharge 128. Il était opportun de prendre une nouvelle mesure de cette auteure toujours en évolution, qui outre Le Chant de Manhattan, alors annoncé (Seghers 2006), a depuis publié l'important Juste une pierre noire (Éditions Bruno Doucey .- voir I.D n° 276), et qu'on découvre engagée à son tour dans l'exploration du systématique et du répétitif, avec ces Neuvains dont Phoenix donne de larges extraits, et qui se poursuivent dans Soudain, un livre d'artistes joliment illustré de cinq reproductions de monotypes de Michel Joyard, aux éditions Tipaza :


Soudain des mots comme s'il en pleuvait
Soudain en échos des rivières de phrases
Soudain accélérant leurs cours les signes psalmodiés
Soudain s'accrochant au rêve dépliant leur lumière
Soudain revenant à leur trêve assourdis s'étirant
Soudain limpides comme une eau un mur une ravine
Soudain cailloux gangrenés dans leur gangue
Soudain marmites du diable orgiaques enferrées
Soudain mortels stylets puisant leur froid venin

 

(in Phoenix n° 13)


Dans son entretien avec Joëlle Garde, où l'énergie déployée dans les réponses retient autant que le propos (« sans enthousiasme, nous sommes morts »), Jeanine Baude éclaire cette phase actuelle d'écriture, plus expérimentale qu'à l'ordinaire, qui peut certes surprendre chez une poète que l'on s'accorde à situer, non sans raison, dans la lignée du lyrisme français, dans la proximité de René Char et Guillevic (John Stout). Mais il convient aussi de souligner le dynamisme de son écriture, en perpétuelle évolution, d'une syntaxe minimaliste très sensible dans Ouessane, à la phrase plus ample du Chant de Manhattan, jusqu'à une phase d'équilibre, de réconciliation (Joëlle Garde), où se place Juste une pierre noire.


Expliquera-t-on le stade actuel des neuvains, en un apparent paradoxe, mais qui s'appuie sur les déclarations de l'auteur, par la crainte du lyrisme, quand bien même elle en serait l’héritière ? Jeanine Baude rappelle aussi l'intérêt qu'elle porte à Mallarmé comme celui suscité dans les années 70 par l'inscription structuraliste. Résurgence, peut-être bien, que ne saura refuser celle qui définit le métier du poète comme un métier de sourcier. Mais, nuance-t-elle, se démarquant ainsi d'un quelconque telquelisme : si le langage tient d'une forme (...), un sens venu du plus profond doit le traverser. Ce qui, somme toute, revient à poser un des enjeux majeurs auxquels se trouve confrontée une bonne partie de l'écriture poétique d'aujourd'hui.


Repères : Revue Phoenix : n° 13. Jeanine Baude. Mars 2014. n° 13. 12€ (9 rue Sylvabelle – 13006 – Marseille ) Prix Vitale et Arnold Blokh 2014 de la Fondation de France.

Jeanine Baude : Soudain. Livre d'artistes tiré à 239 ex. (+ tirage de tête) : 15€ - aux éditions Tipaza ( 82 av. du Petit Juas – 06400 – Cannes).

Dossier Jeanine Baude, constitué par Luce Guilbaud dans Décharge 128 (6€, 4 rue de la Boucherie – 89240 – Egleny). Jeanine Baude est également présente dans le dossier Marcher/Écrire , les Ruminations de Décharge 153. (Voir aussi l'I.D n° 318)


La note de lecture d'Olivier Bastide sur La Bonne humiliation de Jean-Marc Proust (polder n° 154) est repris partiellement sur l'onglet : les Petites coupures de notre site.

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I.D n° 515 : S'occupe des chaises


De l'atelier Vincent Rougier sortent depuis 1995 des produits qu'on s'autoriserait facilement à qualifier de bien ficelés afin de justifier leur appellation de Ficelle, si celle-ci n'était due en réalité au fait que ces opuscules sont cousus à la machine à coudre, domptée pour un usage d'artiste (Jean-François Clapeau). Livrets artisanaux et artistiques, pour chacun desquels s'associent un poète et un artiste plasticien (souvent Vincent Rougier lui-même), aux rares exceptions près où une seule et même personne se dédouble pour tenir les deux rôles. Ainsi Yves Barré, qui signe textes, dessins et gravures d'État de Chaise, la 118ème et récente Ficelle, - l'autre exception ayant naguère été Jacques Demarcq, selon les confidences de l'éditeur.


Yves Barré : c'est au peintre, dessinateur, bidouilleur graphique qu'on pense en premier lieu. A juste titre : le lecteur attentif à nos productions reconnaîtra en lui l'auteur de la couverture des Carottes fraîches de Laurent Deheppe (polder n° 158) comme des spirituels crobards qui rythment le tome 3 de l'anthologie Génération Polder. Et je ne saurais oublier le remarquable travail d'accompagnement qu'il offrit à mes proses d'Une affaire de chaperon rouge (La Renarde rouge éd.).


Le poète, plus rare, je le découvris avec S'occupe des filles où il démontrait déjà qu'il avait plusieurs cordes à son art. S'occupe des chaises cette fois, ou plutôt du mot chaise, qu'il fait passer par tous ses états, selon le principe des séries mises à l'honneur par les peintres et adoptées plus récemment en poésie. On ne mesure pas – ah là là ! - le mal que j'ai à ne pas m'embarquer à sa suite sur le chemin buissonnier du jeu d'esprit et de langage, du dérapage verbal. Avec le danger qui guette ce genre d'exercice : un calembour ne fait pas le poème, qu'on me pardonne de rappeler cette vérité élémentaire. Or si État de chaises est si plaisant à lire, c'est qu'Yves Barré ne s'en tient pas à l'humour, il ne néglige pas la forme sans laquelle il est vain de prétendre à la poésie. Forme tenue, ténue, légère : des bulles de plaisir, écrit en avant-propos Marc Kober, forme qui elle-même participe à l'espièglerie générale de cet État de chaise.


Assise
en italie
debout
nulle part


*


Les chaises


jouée pour les banquettes
la pièce
ne remplit pas la salle


*


Pas vu la chaise ?


Ah si !


Repères : Yves Barré : Etat de chaises. Avant-propos de Marc Kober. Ficelles n° 118. Chez Rougier V. édition (Les Forettes – 61380- Soligny la Trappe) : 9€.
Yves Barré tient au quotidien le fort recommandable blog : Ah oui.
Du même auteur : Atelier de Groupel, S'occupe des filles (Voir I.D n° 347).


On lui doit également la couverture de : Les Carottes fraîches de Laurent Deheppe (polder n° 158 - 6€ à l'adresse de Décharge) ; les illustrations dans Génération Polder, tome 3. 8€ (même adresse que ci-dessus) ; et d'Urticantes de Jean-Claude Touzeil (Ficelle n° 113.)


Claude Vercey : Une affaire de chaperon rouge – Gravures d'Yves Barré – aux éditions de la Renarde rouge (28, rue Germain Bedeau – 89510-Véron). 18€

Sur Vincent Rougier éd. : I.D n° 513 – Annexe 1.
Et aussi l'article bien documenté de Jean François Clapeau sur le site Art en Trun.

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I.D n° 514 : Treize reflets de la lettre

Les écrits de Philippe Jaffeux ont dès leur émergence suscité sympathie, admiration, ferveur. Qui en douterait, ou débarquerait tout béjaune sur la planète Poésie, en serait vite convaincu en se reportant au blog de l'auteur, qui est pour lui-même le meilleur archiviste qui soit. Pour ma part, ayant récemment fait le point pour les Cahiers de la Rue Ventura (l'article n'a même pas eu le temps de paraître !) après l'important dossier Philippe Jaffeux, une nouvelle ligne publié dans Décharge 157, je ne pensais pas devoir y revenir de sitôt. C'était sous-estimé la vitalité créatrice de l'auteur (ne m'adressait-il en mars dernier 1 820 nouveaux Courants !), et l'enthousiasme que l’œuvre suscite. Laquelle, il faut le reconnaître, a pris une toute autre dimension, impose une présence désormais indéniable, depuis que les éditions Passage d'encre l'ont prise en main, en vue, n'en doutons pas, d'une édition intégrale d'Alphabet (cf : I.D359 et 359 bis).


Que cet ensemble proliférant et multiforme de 26 pièces fasse l'objet d'un livre me paraissait, à dire vrai, hautement improbable, Alphabet par sa structure et son inspiration me semblant appeler davantage une publication sur le web ou en cédérom. J'ai eu le plaisir d'être démenti, par ce qui aurait dû constituer l'un des événements du récent Marché de la Poésie de Paris, si la poésie était capable encore de créer l'événement : à savoir, un pavé (bleu) d'un kilo sept cent cinquante grammes, posé sur le stand de Passage d'Encre,et dont les 396 pages constituent un premier tome, des lettres A à M.


On pourrait ici ouvrir une réflexion sur la concomitance entre le déclin annoncé du livre, les difficultés réelles de l'édition et de la librairie, et la propension des éditeurs à proposer des ouvrages de plus en plus épais, comme si seul l'exceptionnel, voire le déraisonnable, avait quelque chance de briser le mur d'indifférence qui entoure les choses de la poésie. Ces sortes de miracle étant rendus possibles par la grâce du Centre National du Livre, dont les aides permettent de mettre en circulation ces volumes à des prix qui ne soient pas tout à fait prohibitifs (30€ quand même).


Livre-monstre. Livre-monde que développe une rêverie active autour de la lettre, du mot, du texte, du cédérom. On soulignera les capacités d'invention et de renouvellement de Philippe Jaffeux, et cette manière de se jouer des contraintes qu'il s'impose. Chaque lettre suscite une forme nouvelle : D est un entretien, G est un journal, H un mode d'emploi qui préfigure les Courants à venir, I un théâtre animé par vingt-six acteurs dont le nom est une anagramme du mot Alphabet. On comprendra que vu la variété des modes d'écriture et leur originalité, toute citation (nécessaire cependant) relève de l'arbitraire, est à tout coup une amputation, et ne donnera qu'une idée réductrice du flux, du rythme, du soulèvement textuel qui emporte le lecteur, l'enivre ou le noie. Essayons cependant :


Es-tu un voyeur ? Ce mot témoigne de ce que tu es si je me reflète sur l'écran d'un ordinateur
Un entretien exact se cache derrière un titre troublant afin de révéler la parole d'un abécédaire
Es-tu vulgaire ? J'éparpille tes vociférations sur des mots classés par un dictionnaire primitif
Je mélange l'alphabet avec un geste brutal pour exprimer la numérisation d'un hasard savant
Es-tu vulnérable ? La levée de mon quatrième bouclier exprime la chute de ton écriture docile
Je consolide la six cent soixante douzième leçon d'un abcd qui désobéit à ta question fragile
Es-tu un wyandotte ? J'ignore la signification de ce vocable pondu par un monomane ridicule

Je crée un vide circulaire car j’espère que tes trois dernières questions seront plus profonde
Es-tu xénophile ? Des octets planétaires naturalisent vingt-six lettres étrangères à ton écriture
Un alphabet universel héberge l'avenir de mon cinquième voyage sur une limite dépaysante
Es-tu un yogi ? L'adepte d'une énergie maîtrise un ordinateur avec le corps d'un nombre vital

Je trouve l'unité d'une l'être afin de jouer avec la respiration de cet avant-dernier mot absolu

es-tu ou êtes-vous zen ? Un abcd singulier ou pluriel médite sur la forme d'un abcd apaisant
une ponctuation détachée de ta voix s'apprête à répondre au téléphone avec une seule lettre …


(Extrait de D). Laquelle lettre D est comme toutes les autres suivie d'un commentaire où l'on mesure, on ne s'en était guère avisé jusque là, la dimension d'ironie, d'autodérision, de l'auteur : ainsi, pour dédouaner le typographe, souligne-t-il la disparition des majuscules sur les deux dernières lignes de la page …


Repères : Philippe Jaffeux : Alphabet. De A à M. Passage d'encre éd. Collection : Traces. 30€ [Moulin de Quilio – 56310 – Guern).

De N et de joie, article de Claude Vercey à paraître dans les Cahiers de la Rue Ventura (n° 26 septembre 2014) : 9 rue Lino Ventura – 72300 – Sablé-sur Sarthe.

Dossier Philippe Jaffeux, une nouvelle ligne – in Décharge 157 – 6€ (4 rue de la Boucherie – 89240 – Egleny. ( et aussi dans ce n° 157 : Pierre Autin-Grenier, Thomas Vinau, François de Cornière etc...)

Au fil des Itinéraires de Délestage : I.D 359 et 359 bis : Au pied de la lettre ; I.D425 : Au péril des Courants : I.D497 : Des lignes à haute tension.

 

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mots clés: Jaffeux

I.D n° 513 – annexe 3 : Droit de suite

Aux côtés de Mathide Vischer,
Samuel Dudouit
sur le stand des éditions P.i sage intérieur


Droit de suite, devenu rubrique régulière de Décharge le montre : nous restons attentifs au devenir des auteurs publiés dans la collection Polder, où le plus souvent ils ont fait leurs premières armes, et nous réjouissons quand un éditeur prend le relais et poursuit l'aventure.


La jeune maison d'édition P.i sage intérieur est de celles qui avec les éditions Henry (voir l'I.D n° 513) confortent nos choix : après Anna Jouy et ses Agrès acrobates (2013), elle publie en 2014 Planches de Samuel Dudouit, accueilli en 2013 parmi les polders avec Acoustique blanche mêlée de terre (n° 160).


Dans le même esprit de suite, on notera ici (sur tous ces livres nous reviendrons) de Guillaume Decourt : Diplomates aux éditions Passage d'Encres* ; et de Jean-Baptiste Pedini : Il y a ici le vent, aux éditions La Porte**.


* 5 € auprès des éditions Passage d'Encres, Moulin de Quilio – 56310 - Guern.
**  3 €, à Yves Perrine, La Porte - 215 rue Moïse Bodhuin, 02000 - Laon.


Repères : Mathilde Vischer (Lisières) et Samuel Dudouit (Planches) sont les deux livres publiés par la collection 3,14g de poésie aux éditions P.i.sage intérieur : 8€ le volume de 80 p. ( 11 rue Molière – 21 000 – Dijon).


Polder :  on peut encore se procurer (6€ le volume) Guillaume Decourt : La Termitière (polder n° 151) ; Jean-Baptiste Pedini : Prendre part à la nuit (polder n° 153). Le mieux est de s'abonner à la collection contre 20€. 
Ces deux poètes figurent également dans l'anthologie : Génération Polder, 3ème tome. 8€ (à l'adresse de Décharge, 4 rue de la Boucherie - 89240 - Egleny.)

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mots clés: Pedini Decourt Jouy Dudouit Vischère

I.D n° 513 – annexe 2 : Jean Joubert

Jean Joubert
Marché de la poésie de Paris 2014.


L'I.D n° 508 a rendu compte de L'Alphabet de l'ombre de Jean Joubert, lequel en ce samedi 14 Juin, signait son livre sur le stand des Éditions Bruno Doucey.


Repères : Jean Joubert :L'Alphabet de l'ombre. Editions Bruno Doucey. 15€.

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mots clés: Joubert Doucey

I.D n° 513 – Annexe 1 : Ficelles

 

Vincent Rougier (assis)
et Florence Saint-Roch


Saluons prioritairement Vincent Rougier pour nous avoir accueillis cette année encore sous le parapluie de Ficelles. On ne mesurera jamais assez l'importance d'un point de ralliement sur le Marché, - point de vente également dont le rendement est loin d'être négligeable. Encore advient-il que certains visiteurs passent en notre absence : eh oui, difficile de rester scotcher tout un après-midi sur notre stand quand il y a tant à découvrir dans les baraques des autres exposants !


Fruits d'une longue patience et d'un travail manuel soigné, écrivait en mars 2010 notre expert ès publications, à propos de l'atelier Rougier et de ses réalisations artisanales : choix du papier et de l'impression, qualité des accompagnements graphiques et surtout assemblage des recueils par couture à la machine, ce qui est la marque de fabrique de la maison (Georges Cathalo : Phares dans la nuit, in Décharge 145).


Et un choix d'auteurs éclairé, mêlant poètes confirmés et voix nouvelles et couvrant des champs poétiques variés : oui, on peut s'abonner en confiance à ces Ficelles. Récemment remarqués : Rimbaud design, de Patricia Castex Menier ; Mood Machine (performance) d’Élisabeth Rossé ; Courants 505 : Le vide, de Philippe Jaffeux ; État de chaises, d'Yves Barré – sur lequel nous reviendrons (nous asseoir).


Retour à la photo : de dos, Florence Saint-Roch, dont on est en droit d'être impressionné par l'énormité du sac (plein de livres, - si!). Elle fait doucement sa place dans notre revue : après qu'un extrait de Peste noire a figuré au sommaire de Décharge 160, elle inaugure dans le 162 la chronique nouvelle – dite du Furet - avec ses Réflexions sur la pratique de la note chez Antoine Emaz. Entretient-elle Vincent Rougier des activités qu'elle mène depuis le dernier Printemps en vue de faire de sa ville, Saint-Omer, un foyer d'insurrection poétique* en proposant lectures et affichages de poèmes, en lançant des résidences d'auteur et des cahiers de réflexion ? Ludovic Degroote avec Rouge Ravin, Ariane Dreyfus et Un soir d'été, ouvrent la collection La main qui écrit.


Repères : * Insurrection poétique : on aura reconnu la thématique du Printemps des poètes 2015.


Sur Florence Saint-Roch : I.D n° 443.
Sur l'association Saint-Omer en toute lettre et ses activités : cliquer ici.


Ficelles : exemplaire à 9€ ou (tirage de tête en coffret) : 60€. Chez Rougier V. édition – Les Forettes – route de la Trappe – 61380 – Soligny la Trappes.

Retrouver  au fil des Itinéraires de Délestage les Ficelles : d'Alexis Pelletier (I.D n° 220), de Jean-Claude Touzeil (I.D n° 452), Philippe Jaffeux (I.D n° 497).

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mots clés: Cathalo DeGroote Saint-Roch Dreyfus Rougier Emaz

I.D n° 513 : Mille et un poètes

 

Se pressait-il effectivement, comme j'ai envie de l'écrire, mille et un poètes sur la Place Saint-Sulpice à Paris, en ce samedi 14 juin où lecteurs, amis et animateurs de Décharge avaient rendez-vous sur le stand Ficelle, où l'on pouvait découvrir, avant même les abonnés, le 162ème opus de notre revue, sous une couverture pétante à souhait, de Patricia Fiammingo (Polder n° 42, et illustratrice très active durant la période kraft de Décharge. Une couverture couleur avec le n°103) ?


Public moins nombreux que les années précédentes cependant, conséquence obligée de la grève SNCF, de la difficulté à rallier la capitale et plus encore de rentrer chez soi pour qui habite en quelque coin de province desservi par un TER. N'empêche, les rencontres furent nombreuses, retrouvailles et premières fois, si bien qu'au retour j'étais satisfait, vraiment, d'un après-midi qui avait tenu ses promesses autant que je l'avais espéré, et dûment exprimé dans ma chronique radiophonique de début juin (on en trouvera les données ci-dessous).


Au long des allées, et pardon pour ceux que j'oublie : Gaël Pietquin et son premier livre Rouge palpé - à l'Atelier de l'Agneau, où il semble suivre les traces de Philippe Jaffeux, lequel atteint un degré de visibilité incontestable avec la publication du premier tome d'Alphabet (de A à M – 400 pages grand format, à Passage d'Encres) ; Étienne Paulin, puis son éditeur actuel : le poète Jean Le Boël, et Lydia Padellec qui également publie aux éditions Henry (Entre l'Herbe et son ombre, Prix des trouvères 2014. Présente dans le Choix de Décharge 162) ; Andréa Taos, devenue Delphine Guy (on en apprendra davantage dans Décharge 163 ) ; Nicolas Gonzales, notre plus récent polder (n° 162 : Voleur de sable) ;  Daniel Abel, publié jadis en polder (en 1990 !), retrouvé grâce à Romain Mathieux qui prépare à son sujet un dossier ; Eric Godichaud (Choix de Décharge 162) ; Cedric Landri (Les échanges de libellules - éd. La Porte) ; Christian Vogels, successeur de Paul Badin à la tête de N 47 et qui s'est fait le porte-parole d'Antoine Emaz pour ruiner les rumeurs catastrophistes, infondées, sur la santé de celui-ci ; , Laurent Albarracin, poète et critique avisé, avec lequel je partage pas mal d'admirations (vu sur son stand du Cadran Ligné) ; Claudine Bohi et Claudine Bertrand ; sans compter ceux que j'aurai l'occasion de citer dans les annexes qui vont suivre, en commentaires des documents photographiques glanés au cours de cet après-midi ensoleillé (et fort ombreux à l'intérieur des baraques, comme on tend désormais à désigner ce qui était naguère des stands, d'où des conditions médiocres de lumière pour l'amateur de clichés que je suis).


Mais rendons à chacun ce qui lui revient, l'appellation de Mille et un poètes à la revue de Jean Foucault, que je découvre en son n° 5. Revue anthologique, autour du thème Nomades et sédentaires : Poèmes de Gary Klang, Chantal Couliou, Jean Le Boël, Constantin Kaïteris, Tristan Felix, Christophe Jubien, Thant-Van Tôn-That, ainsi que Françoise Coulmin, qui par ailleurs, sous les auspices du PEN-Club (Poètes – Essayistes – Nouvellistes, pour décrypter le sigle), publie une anthologie : Liberté de créer, liberté de crier.


Poètes en vrac et informations diverses, complètent le numéro des Mille et un poètes. Dont je retiens le concept, issu des Flandres néerlandaises et belges où il est mis en pratique, du poète communal, appelé à exercer sur une durée prévue par convention une présence poétique dans la commune. Une résidence de longue durée, au fond ; et peu de risque que cela tourne à la sinécure, puisque la période d'intervention est limitée. Dès lors, on divague : combien de communes en France ? Et combien à la recherche d'animations valables dans les écoles, dans le temps post-scolaire ?


Repères : Le Marché de la poésie est L’événement du mois que j'ai traité dans mon récent billet radiophonique, au cours de l'émission de Christophe Jubien : Poésie et musique, de la semaine du 3 au 8 Juin, que l'on peut écouter en podcast (Invité principal : Christophe Esnault, interviewé par Jubien pour son livre : Isabelle à m'en disloquer) : http://radiograndciel.fr/02-Emissions/PoesieEtMusique/S23/ecouter.html

Rappelons que la chronique de Décharge y est assurée en alternance tous les quinze jours par Jacques Morin et moi-même.


Revue Mille et un poète n° 5 : 8€. Abonnement : 30€ (chez Corps Puce, 27 rue d'Antibes, 80090 – Amiens).


Anthologie : Françoise Coulmin / PEN-Club : Liberté de créer, liberté de crier. 12€ Ed. Les Écrits du Nord / Éditions Henry – (Parc d'activités de Champigneulles, 62170 – Montreuil-sur-Mer.


Décharge 162 : Au sommaire : Pierre Autin-Grenier, Mireille Fargier-Caruso, Jacques Bremond, Régine Ha Minh Tu, Tomasz Rozycki. Et les Ruminations : Noms, masques, pseudo (Mise en bouche dans l'I.D n° 500 : Le nom de l'auteur). 8€.
On s'abonne:  voir l'onglet S'abonner  sur la page d'accueil de notre site
.

 

En complément à cet ID et à la suite :
annexe 1 : Editions
Ficelle
annexe 2 :
Jean Joubert
annnexe 3 :
Samuel Dudouit

 

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mots clés: Fiammingo Pietquin Jaffeux Foucault LeBoël Jubien Coumin

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