Douce rumeur
insectes qui parlent bas
dans les parfums qui montent
Aujourd'hui dimanche, Nuages (de Philippe Mathy) ; demain 1er février, ce sera Prière (d'Iwan Gilken). Cette année encore, au fil des jours, le Calendrier de la poésie francophone m'accompagne. On m'objectera qu'il est peut-être un peu tard pour parler de calendrier, vu que le premier mois se termine ; je répondrai que les calendriers qu'édite Shafiq Naz sous l'enseigne de l'Alhambra publishing (et avec le soutien du Printemps des Poètes) sont conçus pour être valablement feuilletés pendant trois ans. Je n'ai en conséquence aucun remord à en rendre compte en cette fin janvier.
L'idée en est simple (en fait, j'en ai déjà parlé dans l'I.D n° 83) : un poème par jour sur toute une année. La réalisation technique en est plus difficile, car il s'agit d'offrir un objet à la fois solide, élégant et maniable : le résultat en est fort satisfaisant, et le lecteur s'offre ainsi une année en 365 poèmes classiques et contemporains. Car le pari est de s'adresser à tous, au curieux comme au lecteur averti, sans perdre de vue le plus vif de la création actuelle.
L'année avait commencé un peu rudement, avec les litanies de Jean-Pierre Bobillot : Poésie c'est ; ouverture tempérée dès le 2 janvier avec Fonction du poète, de Victor Hugo, dont on notera qu'il est le poète le plus représenté dans l'anthologie (trois poèmes), alors que par ailleurs les mieux lotis des 300 poètes présentés en comptent deux.
Ainsi va-t-on en cette année 2010 de Jean-Pierre Bobillot à Voiture au jour de la St Sylvestre (Ordonnance pour un festin), ou, si l'on en tient à l'ordre alphabétique, d'Adam de la Halle à Evelyne Wilwerth (La Petite fille oblique). Et dans le plaisir des concordances entre les poèmes et les dates, on appréciera un fort opportun 16 Avril, de Pierre Maubé, à découvrir à la date promise par le titre du poème.
S'il fallait retenir un texte, parmi ceux que m'a offert ce mois de janvier déjà parcouru, j'avoue avoir un faible (qu'Henri Michaux, Laurent Grisel, Saint-John Perse et Olivier Bourdelier me pardonnent !) pour la Chanson du 26 janvier du fameux Anonyme, auteur qu'on a tendance à sous-estimer :
A Paris sur petit pont
Ton ti taté ton téton
Mon pèr' fait bâtir maison
et ton et ton et ton
T'ont-ils levé la collerette
Ton ti taté ton téton
T'ont-ils levé ton cotillon ?
Et ce n'est que le premier couplet, je vous laisse imaginer la suite.
Repères : Calendrier de la poésie francophone 2010 – Choix de Shafiq Naz . Alhambra publishing.
A noter qu'existe également un Calendrier de la poésie allemande, anglaise, italienne et espagnole.