ÿþJacmo INTRO Je voudrais rendre hommage ici à Jacques Karamanoukian, personnage très important concernant la partie plastique de la revue. J'ai appris son décès de façon inopinée par René Strubel, lors du dernier Marché de la poésie. Je savais par son dernier courrier qu'il était atteint d'un cancer et qu'il luttait avec courage contre ce mal obstiné... Jacques Karamanoukian était galeriste dans la région de Chicago et il m'a fait connaître et découvrir nombre d'artistes aussi bien français qu'américains, situés pour dire vite du côté de l'art brut. Roger Hayes, par exemple, a fait sa première apparition en France grâce à lui. Egalement Stani Nitkowski, John Elkerr pour citer ceux qui ont le plus collaboré à Décharge depuis une dizaine d'années. On peut rajouter Karl Schneider, Sam Mackey, récemment .laber. Lui-même collabora à la revue en 92. C'est dire qu'en perdant cet amateur d'art passionné, ce compagnon de route généreux, la revue perd beaucoup. Paix à ton âme, camarade. Une revue, ça a des hauts et des bas, parfois la matière semble se tarir, à d'autres moments, c'est l'inverse, tous les dossiers projetés arrivent en même temps. C'est un peu le cas pour cette livraison, on ne s'en plaindra pas. Luce Guilbaud peaufinait une partie consacrée à Claudine Bertrand, figure incontournable de la poésie québécoise, Annelyse Simao et Bruno Berchoud, nouveaux venus, m'avaient promis un dossier Lionel Bourg, enfin Claude Vercey travaillait sur Alain Helissen. Autant de directions, autant de pistes, autant d'incursions dans la poésie foisonnante actuelle. A noter pour clore le second Polder d'Alain Guillard dans cette formule intégrée au numéro, premier doublon du genre. Enfin, comme prévu Jacmo a déménagé. Prière de noter la nouvelle adresse. On reste Icaunais (à savoir dans l'Yonne). On quitte le village de Jean-Roch Coignet (grognard de Napoléon) pour celui de Pierre Larousse (je sème à tous vents).. ~ Les Palefreniers du Rêve Revue « Décharge » Jacques Morin 20, rue du Pâtis 89130 Toucy. lacmo INTRO Bientôt trente ans de revues, me disais-je, en ressortant des cartons frais déménagés pour une émission télé régionale tous mes numéros depuis Le Crayon noir n° 1 en mai 73. Un sacré paquet de livraisons qui retracent plus de la moitié de ma vie, consignée étape par étape. De la ronéo à manivelle à l'imprimerie professionnelle en passant par l'offset et ses caprices, du stencil rougi d° correcteur nauséabond à la composition informatique, une progression technologique épous- touflante qui a permis de gagner en vitesse et en qualité et de raviver l'aventure revuistique. Mais la passion demeure identique : il faut lire ici les manuscrits qui s'empilent et là les publications qu'on reçoit, afin d'être attentif à ce qui se fait aujourd'hui en ce début 2003, alors que le spectre de la guerre plane inéluctablement comme un désastre annoncé. Alors je me pose toujours la question, la même : À quoi ça sert cet acharnement ? L'aventure une fois engagée se révèle-t-elle mécaniquement sans arrêt possible ? Vivre en poésie, c'est se placer 'définitivement du côté de la beauté, un grand luxe dans notre monde pragmatique. Tenir revues si longtemps une façon de prendre date, de se mesurer au temps, avec la certitude de perdre au bout, mais de lutter malgré tout d'un numéro à l'autre. Décharge est une machine merveilleuse qui s'engendre pratiquement toute seule, elle catalyse les espoirs de nouveaux auteurs, elle rappelle les oeuvres des poètes disparus, ces hommages augmentant de fait avec la longévité de la publication. En gros, Décharge ne sert strictement à rien, c'est à peine un stalactite de la partie émergée de l'iceberg littéraire, pour faire dans l'imagerie légère. C'est pour ça qu'on continue, joyeux ludion... Je déclare ici ouverte la vingt-troisième série de la revue. On repart pour un an. On remettra tout en cause l'année prochaine, hein, avant de prolonger encore une fois, si on a gardé la santé, l'envie d'escalader des montagnes de marras', si la droite triomphante ne censure pas la parole hors norme et si le Président américain ne fait pas exploser la planète pour voir. . En attendant, on peut s'abonner ou se réabonner pour 2003 : 4 numéros : 22 Euros. (Soutien : 30 Euros). Chèque libellé à ?"association : Les Palefreniers du rêve, à l'adresse de la revue : 20, rue du Pâtis - 89130 "Coucy.