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Décharge n°100 |
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décembre 1998 |
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édito
Qui m'aurait dit il y a 18 ans d'ici, que dans 18 ans de là, je bouclerai le numéro 100 de cette
revue appelée bizarrement Décharge ? - Pas grand monde, pour ne pas dire personne, puisque à l'époque, je repartais tout seul, brave toto, dans le brouillard complet, avec mon matos de
loquedu.
J'avais l'expérience des revues précédentes, surtout le crayon noir, à se battre contre des
fantômes d'encre, des moulins à parole, des dragons en papier mâché. On
vociférait dans le
désert. On progressait la poitrine bombée, généreux contre les requins de l'édition, les
cuistres
de la presse. On dérangeait un tout petit peu. A peine.
Je repartais à zéro. Avec une énergie intacte. Depuis 1981, les encouragements ne vinrent que
de quelques fidèles. J'avais le genre d'acharnement à ne pas relâcher les mâchoires, une fois le
morceau mordu.
Je persistais, malgré les défaillances, les coups du sort et les ratés. J'étais comme un forcené,
j'avais ça dans le sang. Je remettais le mot revuiste à la mode. J'étais tellement aveugle
et passionné que je donnais envie à d'autres dérangés du cerveau de se lancer dans ce genre
d'aventure où l'on sacrifie toujours quelque chose.
Peu avare d'avatars, la revue évoluait, de ronéo en offset, de frappe machine en traitement de
textes. Jusqu'à ce numéro 100 qui marque un autre changement, une nouvelle étape dans son
cheminement. D'une part, adieu photocopie et agrafage foireux, vive l'imprimerie et son
efficacité professionnelle, d'autre part Décharge devient une revue des éditions « le Dé Bleu »,
dirigées par Louis Dubost ; pouvait-on trouver éditeur plus propice, lui qui y fit office de
chroniqueur pendant cinq ans (chronique intitulée « petite courtoisie de la mémoire »)
De ce même fait la revue double son tirage puisque son apparence éditorialement
correcte lui
permettra la diffusion en librairies impossible jusqu'à maintenant.
Ce centième numéro permettra de faire un petit retour sur cent numéros. 18 ans, l'histoire de
la revue. Avec plein de gens, plein d'images, de poèmes, de critiques, de polémiques,
de chroniqueurs, de poèmes, de coquilles, de kraft, de mots, de tampons, de recueils, de poèmes,
de taches, de tours autour de la table, de couleurs, de pliage, de satisfaction, d'enveloppes,
de revues, de poèmes, de courrier, d'engueulades, de bulletins d'abonnement, d'amitié, d'encre sur
les mains, d'agrafeuses et d'agrafes, de poèmes, de déceptions, de manuscrits, d'encre sur la
blouse, de Polders, de papiers, de poèmes, de revues en stock, de rencontres, de lectures
devant trois pelés, de stands devant deux galeux, de lassitude, de feuilletons, de surprises, de
dessins, de poèmes…
On continue ?
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