Edito : La revue est un genre incroyable ! Ca fait plus de vingt-cinq ans que je m'y frotte et l'on n'arrive jamais à épuiser ses ressources. Elle est capable de se renouveler sans cesse, de se métamorphoser par secteurs et de proche en proche entièrement. Elle repousse continuellement jusqu'à sa finition. Ou sa fin. Elle n'a jamais dit son dernier mot, et il faut se faire violence ou être déterminé pour l'arrêter définitivement. Ainsi l'a fait notre vieil aminche Guy Ferdinande, après seize années de lutte et de plaisir. Et un peu comme lui-même le faisait, offrant une partie de sa revue aux autres en partage, gigognement, nous saluons sa disparition comme une comète à la queue chatoyante avec un dossier préparé par Claude Vercey, auquel ont participé entre autres Dan Ferdinande et Armand Olivennes. Au-delà du phénomène Ferdinande, Claude Vercey lance une réflexion sur les revues surréalistes, surréalisantes, héritières ou dérivantes. On peut se demander aussi avec Alain Kewes, quel sera l'avenir de la revue ; est-ce que les sites internet ne vont pas manger ce qu'il reste de comestible dans les revues papier ? Quels doivent être les rapports entre une publication forcément périodique, forcément finie et un lieu virtuel autrement versatile et instantané… Enfin, Décharge, vieux roulier, qui tient bon malgré les tempêtes et les marées noires, est encore une fois en quête de son identité, elle a quitté ses oripeaux qui ont fait sa réputation, mais ne souhaite pas du tout entrer dans le cercle hautain des bon chic-bon-genre qui parfois musèle tout ce qui bouge sous le simple prétexte du mot culture. Il est de toute première urgence de ne pas se prendre au sérieux, de tenir à distance toute récupération d'où qu'elle vienne. La meilleure qualité de ma revue reste, je crois, son indépendance d'esprit ! Hein ?