I.D n° 1101 : Cassandre verte

publié le 5 mai 2024, par Claude Vercey

Avec le long poème d’Anne Barbusse proposé comme Tombé du camion dans la page précédente (du 3 avril ) des Repérages, le ton est donné. D’autant, comme il est également rappelé, que des extraits de ce même ouvrage : Ma douleur planétaire, ont été accueillis dans Décharge 197. On attendait avec curiosité et impatience, voire avec une certaine gourmandise, le livre annoncé, qui paraît aujourd’hui aux éditions Tarmac : la poésie militante de qualité n’est pas si fréquente.
Mettons cependant (…)


I.D n° 1100 : Pourquoi ne puis-je rien pour toi quand tu en as besoin ?

publié le 27 avril 2024, par Claude Vercey

I.D n° 1100 : Pourquoi ne puis-je rien pour toi quand tu en as besoin ?

Deux publications, toutes deux sous l’égide des éditions Lanskine, font l’actualité de Laurent Grisel, et semblent apporter la finition à une démarche dont, de manière générale, on mesure mal la singularité, ce qui me paraît fort dommageable pour qui souhaite saisir une vue d’ensemble de la poésie actuelle dans tous ses états.
De cet auteur, la revue Sarrazine, d’une part, accueille en son numéro 23 le poème : Aux oiseaux déshydratés tombés du ciel par terre, dûment annoncé dans le n° 198 (…)


L’enfance retrouvée (II)

I.D n° 1099 : il y a dans l’air un amour de tristesse

publié le 21 avril 2024, par Claude Vercey

I.D n° 1099 : il y a dans l'air un amour de tristesse

Poèmes pour enfants seuls : attention, titre trompeur ! Vous vous êtes égaré en achetant ce livre pour un de vos rejetons. Gardez-le pour votre plaisir personnel : à dire vrai, c’est à vous qu’il est destiné ; l’enfant, c’est vous et vous seul, celui que vous n’avez jamais cessé d’être, (ou que vous auriez dû), comme le suggérait Orianne Papin dans C’était pour du beurre (I.D n° 1098) : Pour l’enfance, suggérait-elle, c’est maintenant / et pour toujours. Pareillement, me semble-t-il, pour (…)


L’enfance retrouvée (I)

I.D n° 1098 : Les innocentines d’Orianne Papin

publié le 17 avril 2024, par Claude Vercey

I.D n° 1098 : Les innocentines d'Orianne Papin

Son adolescence, premiers pas dans l’amour et premiers baisers, elle a envoyé tout ça en Poste restante, polder 185, sous pli recommandé par Sylvestre Clancier. C’était il y a quatre ans. Aujourd’hui, c’est vers le monde d’encore avant qu’Orianne Papin nous entraîne, en ce livre que publient les éditions Bruno Doucey (on oubliera le ridicule de l’appellation de la collection : Jeunes plumes ! ) : C’était pour du beurre, en amont du livre précédent, vers l’enfance retrouvée, - où se trouve (…)


A ceux qui nous manquent (II)

I.D n° 1097 : Quand les parents se taisent

publié le 11 avril 2024, par Claude Vercey

C’est pas moi qui ai commencé !, comme se défendent les enfants pour se dédouaner de quelque fourvoiement. Pas moi, non, qui le premier me suis risqué à jouer avec les mots, à les désosser, les désarticuler, pour leur faire avouer plus qu’ils ne veulent dire : de longue date, Chantal Dupuy-Dunier est coutumière du fait, à propos de son propre nom en particulier, en de précédentes publications. Aussi est-ce sans trop de scrupules, avec la vague certitude que la poète l’a pensé avant moi, que (…)


I.D n° 1 096 : A ceux qui nous manquent (I)

publié le 9 avril 2024, par Claude Vercey

I.D n° 1 096 : A ceux qui nous manquent (I)

Deux amies miennes, pour ces deux chroniques qui se succèderont : je ne crois pas qu’elles se soient croisées, qu’elles se connaissent, sinon par leur écriture, car l’une et l’autre sont d’ardentes lectrices. Les rapprochent en la circonstance leur dernier livre et la triste expérience qu’elles y évoquent, expérience du deuil et du manque : Luce Guilbaud dans La perte que j’habite ( Cahiers du Loup bleu, des éditions Lieux-Dits), Chantal Dupuy-Dunier avec Parenthèses (Écrits du Nord, des (…)


I.D n° 1095 : Donner voix aux fantômes

publié le 5 avril 2024, par Claude Vercey

I.D n° 1095 : Donner voix aux fantômes

Avec quel enthousiasme avons-nous fabriqué des faux, Jean-Louis Jacquier-Roux et moi ( et les complices ne manquèrent pas dans cette entreprise !), des falseveros, comme alors nous les nommions. J’ai déjà eu, il n’y a pas si longtemps, l’occasion d’évoquer cette aventure mémorable (au moins pour nous !), cette Anthologie des chefs-d’œuvre minuscules, en introduction à une initiative d’une tout autre ampleur, puisqu’il s’agissait de donner vie et crédit à une Poésie française de Singapour, (…)


Des Encres Vives revivifiées (II)

I.D n° 1094 : Sous l’emprise des chiens numériques (Claire Cursoux)

publié le 30 mars 2024, par Claude Vercey

« Nous attendons la suite » : sur ces mots, se refermait la préface que Muriel Camac donnait à Une mémoire de lait, de Claire Cursoux, 193ᵉ titre de la collection Polder. La suite ? La voici en cette plaquette : Un hologramme à la place du cœur qui illustre, aux côtés de Toute la misère, d’Alain Brissiaud, présenté dans la chronique précédente ( I.D n° 1093), la reprise d’activités des éditions Encres Vives.
Formellement, ce mince écrit de 36 pages est constitué de cinq séquences, deux (…)


I.D n° 1092 : Mal-nés et mal barrés, portraits

publié le 22 mars 2024, par Claude Vercey

I.D n° 1092 : Mal-nés et mal barrés, portraits

La crainte, avec les poètes qu’on apprécie, c’est qu’ayant trouvé la formule par laquelle ils nous ont séduits, ils continuent sur leur lancée, reconduisent cette même formule de livre en livre. Ainsi, de Milène Tournier, dont je disais encore récemment (pas plus tard, en dernier lieu que le 20 mars dernier, en Repérage) tout le bien que je pensais, mais dont le précédent recueil : Ce que m’a soufflé la ville, au Castor Astral, me semblait répéter avec moins de verve l’écriture de L’autre (…)


Célébration

I.D n° 1091 : A perte de vue André Breton

publié le 13 mars 2024, par Claude Vercey

I.D n° 1091 : A perte de vue André Breton

Les éditions Maurice Nadeau célèbrent à leur manière le centenaire du surréalisme naissant, en reprenant dans leur collection de poche le livre-témoignage de Charles Duits : André Breton a-t-il dit passe, qu’elles avaient publié pour la première fois en 1969, aux lendemains des journées de mai. Heureuse époque où, si on en croit l’auteur, à tous les coins de rue il rencontr[ait] des adolescents soucieux d’André Breton.
Sans doute, Charles Duits se reproche-t-il, dans les dernières pages, (…)


I.D n° 1090 : « À l’or obscur de la vie » (Lionel Ray)

publié le 5 mars 2024, par Claude Vercey

I.D n° 1090 : « À l'or obscur de la vie » (Lionel Ray)

L’ombre gagne : Je suis un guetteur de crépuscules, écrit le poète. Les amis et compagnons de route : Eugène Guillevic, Georges-Emmanuel Clancier, Luis Mizon, ont disparu : les premiers mots de Lionel Ray, dans ces Récits de l’ombre (et autres poèmes) - chez Gallimard, dans la Collection Blanche - sont pour eux. ( En cours de volume, s’ajoutera, dans tout l’éventail des souvenirs, celui de François Montmaneix). Bref, note-t-il, dans l’évidence de cette fin de parcours à laquelle il ne se (…)


I.D n° 1089 : Quand forêts de mains feront cathédrale

publié le 3 mars 2024, par Claude Vercey

Nous avions fait connaissance avec Jennifer Grousselas en 2020 : présentée comme Voix nouvelle, d’abord sur ce site (Repérage du 9 novembre), puis en décembre de cette même année, dans la 188ᵉ livraison de notre revue Décharge (on y célébrait à cette occasion 40 ans de publication), où des poèmes, extraits du manuscrit alors inédit : Outre-Terre, étaient révélés aux lecteurs-et-lectrices.
Dans une livraison précédente (au 28 février dernier), sur ce même Magazine Numérique, j’ai redonné (…)